Les nouvelles tendances en éducation scolaire

Le monde de l'éducation a bien changé au Québec. En vingt ans, de nouvelles tendances ont remplacé celles qui avaient cours depuis quelques années alors que d'autres pourraient voir le jour dans les prochaines décennies. Mais quels sont ces changements qui ont secoué le système scolaire québécois?

La réforme

Contestée par les uns et encensée par les autres, la réforme scolaire imposée par Québec a suscité moult réactions, tant dans les médias que chez les parents et au sein même du système scolaire. Il convient de revoir les grandes lignes de ce vaste chantier dont l'objectif était d'améliorer les services d'éducation dispensés aux élèves et de compenser certaines faiblesses, dont le décrochage, plus important chez les garçons.

Les grandes lignes

  • Dans les écoles, les enseignants ont dû modifier leurs façons de faire et accorder plus d'importance à ce que l'élève apprend et, surtout, comment il le fait.
  • Les enseignants ont pour mission de mieux connaître les élèves en évaluant leurs façons d'apprendre.
  • Les enseignants des différentes disciplines se parlent davantage pour assurer un meilleur suivi au chapitre des compétences transversales (ex : le professeur d'histoire parle au prof de français pour savoir si l'élève a des difficultés dans cette matière).
  • Les manuels scolaires sont devenus des ressources dans la mise en place d'un programme de formation différent. En somme, au lieu d'apprendre par coeur les livres d'école, on les consulte pour trouver l'information désirée.
  • Les jeunes sont invités à s'engager dans l'école, à proposer des choses aux enseignants.
  • Les parents ont pour mission de s'intéresser davantage aux apprentissages de leur progéniture.
  • Les devoirs et les leçons sont maintenant transformés en davantage de recherches, d'enquête, de discussions.
  • En région, des réseaux d'écoles ont été créés afin d'assurer la formation des élèves issus de petits milieux.

Les compétences transversales

Au centre de la réforme scolaire, le principe des compétences transversales s'inscrit dans un ensemble de formation.

Les compétences acquises par l'élève doivent lui servir dans les autres matières. Ce dernier doit, par exemple, expliquer une expérience en chimie en écrivant correctement dans la langue demandée par l'enseignant.

L'étudiant doit, au premier plan, utiliser son jugement dans toutes les matières et même lors de travaux pratiques ou de recherches à l'ordinateur.

Selon le ministère de l'Éducation, les compétences transversales permettent d'apprendre, en toute logique, au lieu de mémoriser des pages de documentation.

Le bulletin

S'il y a un domaine où les parents ont été fort sensibles, c'est bien au chapitre des bulletins, si bien que la ministre a changé son fusil d'épaule pour se plier aux pressions populaires.

La réforme prévoyait l'abolition des notes. Elles ont été remplacées par des lettres (A, B, C...).

Mais, devant le tollé quasi général, la ministre de l'Éducation a choisi, en 2010, d'amender le bulletin en retirant l'évaluation des compétences transversales en les remplaçant par des commentaires d'enseignants.

Les parents ont également assisté au retour des notes dans la plupart des matières.

De plus, le bulletin devenait le même pour toutes les écoles.

Des changements en profondeur

Ces dernières années, de nombreux changements ont également secoué les fondements de l'école elle-même.

Enseignement religieux

La religion, au centre des apprentissages de nombreux parents, a fait place à de nouvelles matières tandis que les façons de faire ont changé à l'intérieur même des établissements.

Ainsi, l'école n'étant plus confessionnelle, les cours de religion ont fait place à un cours d'Éthique et de culture religieuse. Des parents se sont adressés aux tribunaux pour tenter d'invalider le changement, en vain.

Codes de vie

  • Les écoles du Québec ont adopté des codes de vie, voire une charte de l'esprit sportif, qui régissent les règles à observer dans l'école. Plus question d'y crier, d'y lancer des balles de neige.
  • Des règles de circulation ont même été définies dans l'école. Enfin, les « monsieur » et « madame » et le vouvoiement sont souvent obligatoires.
  • Plusieurs écoles ont adopté un code vestimentaire tandis que d'autres ont imposé le port de l'uniforme.
  • Les règles alimentaires ont également été revues. Les établissements ont dû faire face à l'augmentation des allergies alimentaires et la malbouffe a été bannie.
  • Des sommes importantes ont été octroyées pour lutter contre le décrochage.
  • Interpellé après le suicide d'une adolescente à Sainte-Anne-des-Monts, le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport a choisi de faire la lutte à l'intimidation en débloquant des budgets et en annonçant la création d'une chaire de recherche sur la sécurité et la violence en milieu éducatif.

Les tendances à venir

  • D'autres tendances devraient émerger au cours des prochaines années, notammentle parcours éducatif sans école : une démarche qui rejette les méthodes traditionnelles et qui s'oriente principalement sur l'élève et ses besoins. Au lieu d'aller à l'école traditionnelle, l'élève reçoit, à la maison, une formation adaptée à sa progression et ses apprentissages.
  • Le parcours éducatif bonifié, qui permet d'initier les étudiants à d'autres disciplines afin qu'ils obtiennent des compétences additionnelles;
  • La séparation des sexes : les gars dans une classe, les filles dans l'autre, pour des apprentissages mieux adaptés aux réalités des garçons et des filles, qui apprennent différemment;
  • Des primes de performances aux enseignants et des rabais dans certains magasins pour les meilleurs élèves.
  • Dans certaines écoles, la sixième année offre de l'anglais intensif pendant les six derniers mois aux élèves qui ont réussi le test de passage. Pendant les six premiers mois, les élèves apprennent la matière régulière de façon intensive. Résultat : la majorité des élèves qui réussissent leur sixième année avouent avoir une force avantageuse pour l'anglais seconde par rapport aux élèves de leur âge. 

Nous sommes donc dans un monde en constante évolution où l'apprentissage des élèves demeure l'objectif fondamental des systèmes d'éducation publics ou privés, quel que soit le pays.

Henri Michaud, rédacteur Canal Vie

Categories

Vous aimerez aussi

Commentaires