Les méthodes d’éducation à travers le monde

Avant même l’arrivée de notre premier enfant, nous sommes submergés de conseils de la part de notre entourage. Nous nous tournons de moins en moins vers nos parents, mais davantage vers nos amis, Internet et les nombreux guides offerts en librairie, en espérant trouver la bonne voie à suivre. Toutefois, en nous attardant aux méthodes éducatives à travers le monde, nous en remarquons la diversité. Il n’existe pas de mode d’emploi pour élever un enfant, mais des pratiques inspirantes.

La poussette et l’attachement physique

Pour faire découvrir le monde à notre nourrisson, et aussi pour faciliter notre existence, la poussette s’avère indispensable pour tous les parents nord-américains. Pourtant, les Thaïlandais, les Brésiliens, les Kenyans et bien d’autres se débrouillent différemment. Les routes impraticables sur les trois quarts du globe ainsi que l’aspect économique ont une influence certaine. Toutefois, au-delà de ces facteurs, plusieurs peuples croient que « le bébé doit être en contact permanent avec sa mère, physiquement attaché à elle jusqu’à ce qu’il sache marcher.1 » Ils ne peuvent imaginer le laisser seul dans une poussette. Voilà pourquoi de nombreux bébés à travers le monde sont portés de différentes manières, et accompagnent leurs parents dans leur quotidien.

Selon les Coréens, « l’attachement physique est essentiel au bon développement du bébé tout comme l’attention portée au moindre de ses besoins.2 » C’est, entre autres, pour cette raison qu’ils portent leurs enfants et dorment avec eux. Pourtant, ici, nous nous demandons si nous gâtons trop notre bébé en l’ayant dans nos bras, et nous culpabilisons lorsque nous le laissons dormir dans notre lit. À l’opposé de notre vision, « les Italiens et les Japonais jugent cruel de faire dormir un bébé seul dans une chambre.3 »

La routine

La routine ne revêt pas non plus la même importance selon l’endroit où nous vivons sur la planète. La majorité des parents nord-américains intègrent une routine pour l’heure des repas, des siestes et du coucher. Le rituel d’endormissement s’avère essentiel pour toutes familles modèles. À l’opposé, les Argentins, tout comme les Espagnols et les Italiens, préfèrent la vie sociale à un horaire fixe. Les parents trimballent les enfants partout, et il est normal de les voir courir dans les restaurants à une heure tardive. L’heure du coucher n’existe pas ou peu. Les petits s’endorment lorsqu’ils sont épuisés. « Pour les Argentins, sortir le soir fait tout simplement partie de l’équation du bonheur.4 » Ils ne subissent donc aucune pression de leur entourage pour conformer leur progéniture à un cadre prédéterminé.

L’alimentation

Notre petit trésor est âgé d’à peine quelques semaines que nous consultons des guides sur l’alimentation de bébé. Nous guettons les signes qui nous diront qu’il est prêt à ingurgiter des céréales et autres purées. Lorsque ce moment arrive, nous suivons un ordre préétabli pour ne pas brusquer sa digestion et éviter les allergies.

Pendant ce temps, en France, les enfants se transforment en gastronome. Ils goûtent à tout et mangent, dans la plupart des cas, de tout. Le rapport à la nourriture est différent, cette dernière étant « considérée comme l’un des grands plaisirs de l’existence dont doivent jouir les adultes tout autant que les enfants.5 » Pour cette raison, les jeunes Français mangent dans de belles assiettes comme les adultes plutôt que dans de la vaisselle en plastique, et consomment les mêmes aliments qu’eux.

À travers le monde, l’alimentation varie en fonction de la culture. En Italie, les enfants sont initiés très tôt à l’huile d’olive, alors que dans les pays producteurs de café, comme le Brésil, les enfants consomment de la caféine dès l’âge scolaire. En Russie, les petits Eskimos de Sibérie mangent de la viande crue et du sang de caribou dès l’apparition des premières dents. Notre palais se développe différemment selon l’endroit où nous grandissons.

La propreté

En Chine, les bébés se retrouvent sur le pot dès l’âge de six mois. Ils portent des pantalons fendus qui leur permettent de se soulager quand et où ils en ont envie. Pour des raisons économiques, les parents chinois ne peuvent mettre des couches à leurs enfants durant plusieurs mois. Toutefois, même dans les milieux aisés, la tradition fait en sorte qu’ils ne laissent pas leurs bébés porter une couche très longtemps. Toute la famille participe à l’apprentissage de la propreté du petit dernier, et vers l’âge d’un an, tous les enfants sont propres. Le secret serait « d’être relax par rapport à la nudité, aux fluides corporels et aux petits accidents.6 » Nous avons un tout autre rapport à la propreté de nos enfants. Nous préférons qu’ils portent une couche plus longtemps, plutôt que de passer des journées entières à nettoyer nos planchers.

La démocratie ou l’obéissance?

Les pays scandinaves misent sur une relation démocratique entre parents et enfants. Les enfants possèdent les mêmes droits que les parents dans le choix des émissions à regarder, de la voiture à acheter et des prochaines vacances. Au Québec, nous nous rapprochons de cette tendance. Il faut cependant demeurer alerte. En Suède, les droits des enfants prennent une telle proportion que certains experts croient que le pouvoir s’inverse dans certaines familles, et crée de petits tyrans.

Les Coréens, bien qu’ils soient l’un des peuples qui accordent la plus grande place aux besoins des tout-petits et au contact physique, préconisent cependant l’obéissance. Les enfants doivent en tout temps respecter les règles dictées par les adultes.

L’éducation de nos enfants peut être envisagée de bien des façons. Les différentes méthodes à travers le monde prouvent qu’il n’y a pas qu’un seul chemin à emprunter. Chaque culture possède ses propres réalités, ses propres croyances, et nous avons tous une petite voix intérieure pour nous éclairer. Il suffit de se faire confiance!

Cynthia Brunet, Rédactrice Canal Vie

1. Mei-LingHopgood, Comment les Eskimos gardent les bébés au chaud, Paris, JCLattès, 2013, p.81.
2. Ibid, p.86.
3. Ibid, p.36.
4. Ibid, p.25.
5. Ibid, p.50.
6. Ibid, p.117.

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