Les enfants et l'intimidation

Selon les statistiques, 10 % des enfants seraient victimes d'intimidation. Une étude réalisée à Toronto dévoile qu'un geste d'intimidation est posé toutes les 7 secondes, mais que les professeurs ne seraient au courant que de 4 % d'entre eux. L'intimidation serait par ailleurs responsable de 15 % de l'absentéisme scolaire.

Avant de hausser les épaules et de dire que les enfants doivent apprendre à former leur caractère, que c'est normal qu'ils soient cruels entre eux, dites-vous que, dans de nombreux cas, les mêmes gestes posés entre adultes seraient jugés criminels. Sachez aussi que les recherches confirment que l'intimidation nuit au développement de l'enfant, qu'elle cause des dommages psychologiques qui mènent au décrochage, à la dépression et dans certains cas, au suicide.

L'intimidation est à prendre au sérieux

Malheureusement, on ne peut s'attendre à ce que notre enfant vienne systématiquement se confier. 50 % des victimes gardent leur souffrance pour eux. Ils n'osent pas en parler à un adulte, par peur des représailles et aussi par crainte de se faire affubler d'une nouvelle tare, celle de « délateur ».

C'est grâce au silence des victimes et des témoins que l'intimidation peut perdurer et croître.

Les différentes formes d'intimidation

L'intimidation est répétée et non accidentelle. Elle peut être physique, verbale, sociale (on repend des rumeurs, on brise volontairement des amitiés), raciale et virtuelle (la cyber intimidation). On parle aussi d'intimidation dans les fréquentations amoureuses où le garçon humilie, ridiculise, brutalise sa copine (ou vice-versa).

Votre enfant est-il victime?

Soyez à l'affût des changements de comportement : désintérêt pour l'école, sautes d'humeur ou irritabilité, manque d'appétit. Votre enfant peut aussi se plaindre de maux de ventre ou de tête. Il a peu d'amis, il emprunte des chemins étranges pour se rendre à l'école. Il semble malheureux. Quoi faire? Lui parler et lui poser directement la question. S'il est effectivement victime d'intimidation, assurez-lui votre aide et votre soutien. Ne prenez surtout pas la situation à la légère. Rassurez-le : il n'est pas un délateur. Il affirme ses droits et dénonce un comportement nuisible et inacceptable. Établissez une stratégie avec lui. Ne l'encouragez pas à se battre. Allez ensuite parler de la situation au personnel de l'école pour établir un plan d'action avec lui.

Pourquoi mon enfant?

Il n'y a pas de profil type de la victime, mais elle est souvent plus petite ou chétive. Elle est différente (de par ses goûts, sa tenue vestimentaire, son accent). Un enfant qui manque d'habiletés sociales court aussi plus de risque d'être victime d'intimidation, car il tend à être impulsif. Ses rapports aux autres sont souvent tendus. Il arrive qu'il soit aussi intimidateur.

Votre enfant est-il un intimidateur?

Si c'est le cas, votre première réaction sera sans doute de nier que ce soit possible. Restez ouvert et écoutez les faits. Parlez à votre enfant et tentez de comprendre ce qui le pousse à agir ainsi. Les « brutes » sont souvent des enfants malheureux qui se vengent sur les autres. Ils attaquent avant d'être attaqués et voient ce type d'interaction comme une lutte de pouvoir normale (la loi du plus fort). Ils ont souvent été intimidés. Votre enfant doit comprendre clairement que son comportement est inacceptable, qu'il doit cesser immédiatement. Dites-lui clairement quelles seront les conséquences s'il continue l'intimidation. Établissez un plan d'action avec le personnel de l'école.

Le pouvoir des témoins

On peut tenter de préparer son enfant à la possibilité d'être victime d'intimidation ou l'éduquer pour faire en sorte qu'il ne devienne pas une brute, mais les chances sont que votre enfant ne sera ni victime, ni bourreau. La grande majorité des enfants est témoin de l'intimidation. Le rôle de cette majorité silencieuse est primordial. Si les témoins s'insurgent et réagissent, les brutes n'auront pas le sentiment de contrôle et de supériorité qu'elles recherchent. Il est donc important comme parent de parler à votre enfant du rôle qu'il a à jouer s'il est en présence d'intimidation. Il y a fort à parier qu'il est témoin de gestes de la sorte plusieurs fois par jour. Ce n'est qu'en brisant le silence que l'intimidation peut être vaincue.

Pour vous aider à briser le silence

Il existe plusieurs ressources pour les parents et les enfants :

  • Jeunesse j'écoute : 1 800 668-6868 - le site contient une excellente section sur l'intimidation pour des jeunes de différents groupes d'âge
  • La ligne parents : (514) 288-5555 ou au 1 800 361-5085
  • Tel-Jeunes (514) 288-2266 (Montréal) ou au 1 800 263-2266

Caroline Bouffard, rédactrice Canal Vie

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