Les écoles à vocations particulières : faire son choix

Au Québec, les écoles spécialisées, privées et publiques, sont légion. Sur l’ensemble du territoire, on compte plus de 425 établissements offrant des formations particulières. Petite incursion dans le monde de la diversité!

Dans un premier temps, il faut bien situer l’offre. Les écoles « spécialisées » ont été créées, dans le réseau public, pour contrer la popularité des établissements privés. Chaque année, les établissements du réseau de l’éducation voyaient ses cohortes d’étudiants diminuer alors que les écoles privées, nettement plus onéreuses pour les parents, devaient accommoder de plus en plus d’élèves. Le ministère responsable, en collaboration avec les instances régionales, a donc créé des écoles à vocation spécifique pour intéresser une clientèle à la recherche de nouveauté.

Évidemment, il sera difficile, ici, de dresser la liste de toutes les écoles offrant des programmes particuliers. Nous nous en tiendrons aux plus populaires, pour des raisons évidentes.

Les programmes sports-études

Plus de 300 programmes sont offerts dans près de cinquante établissements répartis dans plusieurs régions du Québec. Hockey, plongeon, patinage artistique, badminton les élèves et leurs parents ont donc le choix de la pratique sportive et de la région. Certaines écoles font partie du réseau privé d’éducation, mais de nombreux établissements relèvent du secteur public.

Dans un premier temps, l’élève qui souhaite participer à de tels programmes doit être reconnu par sa fédération sportive. Ils doivent exceller dans la discipline choisie, tant au niveau de l’entraînement qu’au chapitre des compétitions sportives.

Au surplus, les étudiants doivent obtenir des résultats académiques satisfaisants, et ce, malgré le temps consacré à l’entraînement et les absences répétées en marge des compétitions de haut niveau auxquelles ils participent.

Enfin, l’élève doit être autonome et discipliné afin de réussir ses études.

Les écoles Waldorf

Il en existe plus de 1000 dans le monde, dont quatre au Québec (Montréal, Chambly, Victoriaville et Waterville). La pédagogie y est fort différente pour chacune et parfois contestée. Son fondement demeure le même : « former des individus capables, en eux-mêmes et par eux-mêmes, de donner un sens à leur vie, des individus libres ».

La méthode s’appuie sur l’intégration sociale et l’ouverture sur le monde. Elle est fondée « sur l'idée de la liberté de l'homme, convaincue que l'amour, la confiance et l'enthousiasme, en lieu et place de l'ambition, la crainte et la compétition, dotent les enfants de la sérénité et des forces qui leur seront indispensables pour avancer dans un monde incertain, y réaliser leur projet d'existence, en contribuant au progrès de l'homme ».

Toutefois, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport surveille de près la formation dispensée dans ces écoles. Il semble que la priorité accordée à la pédagogie Waldorf  laisse en plan le contenu du programme ministériel et que les heures consacrées aux arts grugent le temps imparti aux matières obligatoires. Le ministère prévoit donc resserrer prochainement les normes touchant ces écoles.

Les écoles Montessori

Au Québec, les véritables écoles Montessori sont rares. Il en existe quatre dites « officielles » dont le programme s’établit autour des axes suivants :

  • un environnement attrayant et stimulant qui favorise les apprentissages;
  • la présence d’enfants d’âges divers dans chaque groupe, ce qui facilite le développement social;
  • un matériel didactique basé sur les techniques d’observation et la résolution de problèmes, le tout dans le respect du programme ministériel;

Des classes sont divisées en cinq aires spécifiques soit celles de la vie pratique (des objets de tous les jours), le langage (pour l’apprentissage des langues), l’aire mathématique, l’aire culturelle (qui englobe la géographie et l’histoire, entre autres) et l’aire sensorielle (textures, odeurs, saveurs).

Même si de nombreux établissements ne font pas partie du réseau officiel, ils utilisent cette méthode d’enseignement qui mise sur le développement de l’ensemble de la personnalité de l’élève, de la prématernelle à la fin du secondaire. Les enseignants peuvent l’adapter à leur gré. C’est pourquoi la Fondation recommande de bien vous informer avant d’inscrire votre enfant. Généralement, les élèves qui fréquentent la prématernelle ou qui ont des frères et sœurs déjà inscrits ont priorité sur la liste d’admission.

Les écoles internationales

Ce n’est pas le choix qui manque. Pas moins de 194 établissements offrent des programmes francophones qui peuvent se conjuguer avec les programmes scolaires nationaux
des divers pays où sont situés les établissements qui adoptent le même type de pédagogie.

Le programme vise essentiellement :

  • à former de véritables citoyens du monde ;
  • à rassembler les gens qui ont des intérêts communs ;
  • à faciliter la diversité culturelle.

Pour y être admis, les élèves doivent faire preuve de curiosité, être disposés à se poser des questions et à voir, parfois, leurs certitudes ébranlées. Ce faisant, ils acquièrent des méthodes efficaces pour accéder à la connaissance et à exercer leur jugement critique. Ils auront à réaliser de nombreux projets sous toutes leurs formes, souvent appelés modules, qui leur permettront de travailler sur un aspect particulier de la vie, en lien avec un pays ou une région du monde. Comme ils passeront beaucoup d’heures sur ces projets, ils devront faire preuve de rigueur afin de répondre, en même temps, aux exigences programme scolaire standard.

Si vous prévoyez travailler à l’étranger, ou guider vos enfants vers une carrière internationale, ces écoles constituent un choix judicieux.

Les écoles françaises

Au Québec, il existe trois écoles françaises reconnues, soit deux à Montréal et une à Québec.
Ces écoles offrent une formation intellectuelle exigeante et un suivi personnalisé.

L’enseignement qu’on y offre, assurée par des Français d’origine, respecte les normes françaises et est reconnu pour la qualité de son français parlé et écrit. L’élève peut apprendre dans un environnement international et, au besoin, trouver un enseignement similaire dans d’autres pays du monde, pour l’obtention du baccalauréat reconnu chez nos cousins européens. 

Le taux de réussite dans ces écoles dépasse largement les taux enregistrés au Québec. En 2011, il atteignait 98,8 %.

Les écoles Arts-Études

Si la culture a une importance dans toutes les écoles du Québec, certains établissements offrent des formations en musique, en danse, en arts plastiques et en art dramatique, entre autres.

À l’instar des programmes sports-études, les programmes arts-études
s’appuient sur une forme d’expression artistique précise, la musique par exemple, tout en exigeant de bons résultats scolaires aux participants.

Pour être admis, les élèves doivent présenter de bons résultats scolaires, démontrer leurs talents artistiques et passer une entrevue. Les élèves qui veulent être admis dans le volet « danse », « théâtre » ou « musique » doivent passer une audition, tandis que les élèves intéressés par le volet « arts plastiques » doivent soumettre un portfolio présentant des morceaux choisis de leurs œuvres.

Les écoles alternatives

Le réseau des écoles publiques alternatives compte pas moins de 33 établissements répartis sur le territoire. Elles ont pour mission « d’accompagner l’élève en respectant ses besoins et ses intérêts en utilisant toutes les ressources à sa disposition. Une équipe éducative composée d'élèves, de parents, du personnel enseignant et non enseignant, l'accompagne, pour un développement global, dans la définition de son identité par le choix de ses propres objectifs d'apprentissage afin de lui permettre de réussir sa vie et de contribuer à la collectivité ».

Si la mission est la même, l’approche pédagogique diffère d’une personne à l’autre. Les parents doivent également consacrer quelques heures par mois à l’école, en plus d’assurer le transport de leurs enfants. Ils doivent également vérifier si l’école correspond à leurs propres valeurs.

Sans faire partie des écoles à vocation dite spécialisée, l’école alternative propose généralement un environnement plus stimulant et des groupes multi-âges. Les enfants ayant des difficultés d’apprentissage y trouvent généralement une formation adaptée à leurs besoins.

Le Programme Santé globale

Implanté dans plusieurs écoles du réseau public, le Programme Santé globale  vise à contrer la sédentarité. Il vise notamment :

  • à favoriser le développement et l'acquisition de saines habitudes de vie au quotidien grâce aux interventions de l'équipe-école et à la collaboration des familles et de la communauté;
  • à développer la pratique régulière d'activités physiques axées principalement sur le plein air;
  • à contrer la sédentarité chez les jeunes;
  • à encourager le sens de l'effort et le dépassement personnel tout en développant l'estime de soi;
  • à favoriser la réussite scolaire.

Jusqu’ici, 19 écoles ont adhéré au programme axé sur l’activité physique et une saine alimentation, dans un objectif de santé globale.

Chaque école est particulière en soi. Vous trouverez des établissements qui correspondront aux besoins de votre enfant au sein même de la Commission scolaire qui dessert votre région. Toutefois, vous pouvez opter pour des écoles privées spécialisées, à condition d’y mettre le prix.

Henri Michaud, rédacteur Canal Vie

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