Les différents systèmes d’éducation scolaire dans le monde

Une grande partie de la planète participe à une véritable course à la performance et les écoles n’échappent pas à cette pression. À travers le monde, de nombreux modèles scolaires et philosophies d’enseignement existent. La compétition demeure prépondérante au sein de plusieurs établissements, mais d’autres, à contre-courant, gagnent en popularité.

Des modèles axés sur la performance

L’est de l’Asie

Les Asiatiques sont réputés pour leurs exigences académiques. « Le modèle chinois qui met l’accent sur le par cœur s’est répandu dans tout l’est de l’Asie, condamnant beaucoup d’enfants à de longues heures de classe, à un apprentissage qui s’apparente à une marche forcée et à une vie désormais connue sous le nom de l’enfer de l’examen1 ».

La Corée, pour sa part, est reconnue pour le travail acharné de ses étudiants qui livrent un combat quotidien contre le sommeil. Les jeunes doivent étudier un maximum d’heures par jour au détriment de toutes autres activités.

Au Japon, des écoles ouvrent leurs portes aux enfants dès l’âge de deux ans. Leurs parents souhaitent ainsi les aider à affronter le monde scolaire, et leur offrir les meilleures chances d’accéder aux plus grandes universités. Il s’avère donc impératif, selon eux, que les enfants apprennent dès que possible les lettres et les chiffres. 

Dans les sociétés qui valorisent à l’extrême le travail et la compétition, il est courant « d’envisager les résultats scolaires comme une question de vie ou de mort2 ». Les enfants n’ont pas d’autres choix que de se concentrer, à un âge très précoce, sur le rendement scolaire et sur les entrées à l’université.

L’Amérique du Nord

L’Amérique du Nord n’échappe pas non plus à cette tendance qui gagne tous les pays industrialisés. Dans un contexte de compétition mondiale, nous surchargeons les horaires des enfants, et ils doivent se surpasser afin d’accéder aux meilleures écoles, aux meilleures universités. Les désirs des parents et leur ego supplantent dans bien des situations les besoins véritables des enfants.

Les écoles à contre-courant

Les maternelles Reggio

Pourtant, alors que la notion de la performance gagne le monde entier, des écoles à contre-courant subsistent. Les maternelles Reggio, originaires d’un petit village du nord de l’Italie du même nom, permettent aux enfants de choisir leurs activités selon leurs propres champs d’intérêt. Aucun programme préétabli ne les encadre.

Les maternelles en plein air

D’autres maternelles offrent l’ensemble de leurs activités à l’extérieur. « Présentes en Scandinavie depuis les années 1950, les maternelles en plein air gagnent aujourd’hui du terrain en Europe et au-delà3 ». Selon ses partisans, c’est à l’extérieur des salles de classe que les enfants développent leur motricité et qu’ils apprennent à regarder, à jouer et à résoudre des problèmes. 

La philosophie Waldorf

La philosophie Waldorf, originaire d’Allemagne, possède également des adeptes à travers le monde, entre autres au Québec. Ces écoles « évitent de recourir aux tests, aux classements et aux disciplines trop académiques afin de libérer la curiosité naturelle des enfants et leur esprit ludique4 ». Elles misent sur des activités manuelles et artistiques pour favoriser l’apprentissage, et respectent l’évolution propre à chaque enfant.

Le modèle finlandais

La Finlande offre un beau paradoxe pour les chercheurs en éducation. Le modèle finlandais vient à l’encontre de tous les systèmes basés sur la performance et la compétition qui préconisent une scolarité précoce et les longues heures d’étude. Pourtant, les Finlandais obtiennent les meilleurs résultats lors d’épreuves internationales.

En Finlande, le jeu est roi durant la petite enfance. Les jeunes commencent l’école seulement à sept ans, et ils ne sont notés que vers l’âge de treize ans. Les journées de classe sont courtes, et les vacances sont nombreuses. Les enseignants préfèrent l’autoévaluation aux examens. Pour eux, il est plus important de transmettre aux jeunes la passion d’apprendre plutôt que de les obliger à se conformer à des études strictes qui ont pour seul objectif d’obtenir de bonnes notes.

Heureusement pour nos enfants, le modèle finlandais attire une telle attention des experts qu’il fait son chemin partout sur la planète. De plus en plus, le monde de l’éducation reconnait qu’il est préférable de former des jeunes qui sauront interagir entre eux et apporter des solutions créatives plutôt que de savoir réciter par cœur certaines notions. Les enseignants (et les parents!) doivent d’abord et avant tout insuffler une soif d’apprendre à leur enfant.

Cynthia Brunet, rédactrice Canal Vie

1. Carl Honoré, Manifeste pour une enfance heureuse, France Marabout, 2008, p.153.

2. Ibid, p.153.

3. Ibid, p.98.

4. Ibid, p.94.

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