Les ados délinquants

Des parents qui s'arrachent les cheveux parce qu'ils ne reconnaissent plus leur enfant devenu adolescent. Des jeunes, issus pourtant de bonnes familles, qui commettent des méfaits. Leur attitude devient carrément insolente, ils défient les règles tant à la maison qu'à l'école où leurs résultats scolaires dégringolent.

Quelles peuvent être les causes?

Lorsque la situation dégénère, il y a lieu de s'interroger sur les motivations qui ont mené à de tels changements.

Tout comportement répond à un besoin

Un jeune qui adopte un comportement délinquant le fait pour répondre à un besoin. Agir ainsi lui apporte peut-être un certain prestige auprès des autres de son âge. Ou encore, cela lui accorde un pouvoir qu'il n'avait pas. Ça peut aussi lui permettre de s'approprier des objets qu'il ne pourrait se procurer.

Estime de soi fragile

Un jeune qui manque de confiance en lui et qui a un faible réseau social est plus à risque de développer de tels comportements. Parfois s'ajoute un changement d'environnement comme l'entrée au secondaire, une nouvelle école ou un nouveau groupe d'amis.

La famille, un facteur de risque?

Comme parents,  l'éducation que vous donnez à vos enfants est grandement influencée par vos valeurs et l'éducation que vous avez reçue. Vous aurez ainsi tendance à être plus ou moins sévères. Les spécialistes s'entendent pour dire qu'une éducation trop permissive comme une éducation trop stricte peuvent mener à des comportements délinquants.

Une trop grande permissivité ou un manque d'encadrement nuit à l'apprentissage du respect des règles et empêche d'apprendre à gérer les frustrations. Offrir beaucoup de latitude dans le but de développer l'autonomie peut être perçu comme une forme d'abandon et de désintérêt par un adolescent.

De même,  une éducation trop stricte ou trop protectrice brime l'affirmation de soi et  peut mener un jeune à la révolte.  Parfois inconsciemment, un parent transpose ses rêves, ses ambitions sur son enfant qui se retrouve avec un lourd fardeau sur les épaules. Il arrive aussi que les parents deviennent un modèle de réussite inatteignable pour un jeune ayant une piètre opinion de soi.

Pour grandir, un enfant a besoin d'ailes et de racines

Ce qu'un ado désire n'est pas nécessairement ce dont il a besoin. Certes, il a soif de liberté, mais il a besoin de repères. Car les limites, c'est rassurant, ça permet de s'épanouir et d'avoir une vie équilibrée. Malgré ses messages contradictoires, il a encore besoin d'un adulte solide qui va le guider tout en le respectant, d'une personne signifiante qui s'intéresse à lui,  qui est présente dans sa vie sans lui donner l'impression de le surveiller. D'un parent qui le soutient dans ses rêves et qui l'encourage à se dépasser.

Que faire lorsque notre jeune est sur la mauvaise voie?

Il faut garder espoir et ne pas baisser les bras. Rappelez-vous qu'il n'est jamais trop tard pour rectifier le tir. Il faut d'abord comprendre ce qui pousse votre adolescent à agir ainsi pour mieux cibler vos interventions. Par la suite, une mise au point s'impose pour revoir les règles de vie avec votre jeune. Si la communication est au point mort, vous pourriez envisager de faire appel à un médiateur, à une personne neutre sur le plan émotif : un oncle, un ami de la famille.

Se préparer à une rencontre avec votre ado

Pour implanter efficacement des règles disciplinaires, il faut d'abord qu'elles aient du sens pour vous. Prenez un peu de temps pour réfléchir à vos valeurs familiales. L'idée derrière cette réflexion est  de vous permettre de prioriser les règles que vous voulez mettre en place.

  • Qu'est-ce qui est important pour vous? Quels sont les sujets pour lesquels vous êtes prêts à négocier et ceux qui ne sont pas négociables pour vous?  Tenue vestimentaire, santé, alimentation, sécurité,  études, loisirs, travail rémunéré...
  • Quelle est votre position, quelles sont vos attentes par rapport aux heures de sortie, à la répartition des tâches ménagères, aux résultats scolaires?

Choisissez le bon moment, un moment où il n'y a de pas tension entre vous pour aborder le sujet. Annoncez qu'il doit y avoir du changement, que ça ne peut pas continuer ainsi, que la situation actuelle vous inquiète et que vous voulez en discuter.

Des règles claires

Chaque règle doit être précise. Assurez-vous que votre jeune comprend ce qui est attendu de lui (quoi et pourquoi). Une règle est claire lorsqu'elle fait le lien avec les valeurs que vous privilégiez. Par exemple, l'heure du coucher sera déterminée en tenant compte des raisons suivantes : le nombre d'heures de sommeil qui lui est nécessaire pour être en forme à l'école le lendemain, car pour vous, les études c'est prioritaire.

De la cohérence dans les conséquences

Une conséquence est efficace lorsqu'elle est adaptée à la situation, qu'elle n'est pas agréable et qu'elle permettra à votre jeune de faire un apprentissage. La conséquence sur le non-respect d'une règle portant sur l'heure de rentrée devrait être en lien avec celle-ci et d'une durée raisonnable. L'heure de retour pourrait être raccourcie pour les prochaines sorties et rallongée progressivement par la suite au fur et à mesure qu'il regagne votre confiance.

Lors de la rencontre

  • Adoptez une attitude calme et demeurez attentif au choix des mots et au ton de votre voix.
  • Établissez ensemble seulement 2 à 3 règles selon leur degré de priorité.
  • La recherche d'une solution commune  implique qu'on négocie de bonne foi, qu'on fait preuve d'ouverture et de créativité. L'idéal est d'arriver à un consensus où il n'y a pas de perdant.
  • Notez par écrit les règles et les conséquences que vous venez d'élaborer ensemble.

Cela devient une sorte de contrat écrit, rend votre arrangement plus officiel et peut servir d'aide-mémoire au besoin.  

Attitudes à adopter

Ayez des attentes réalistes, soyez patients et persévérants. Ne vous attendez pas à un changement instantané dès une première intervention.  Il faudra appliquer plusieurs fois la conséquence pour qu'un jeune modifie un comportement qui est présent depuis un moment.

N'hésitez pas à valoriser les bons comportements et à lui offrir des messages positifs d'encouragement. Faites la distinction entre votre jeune et son comportement.

Tentez de vous rapprocher de votre ado en lui proposant des activités familiales. Offrez-lui d'aller le reconduire pour vous donner l'occasion d'échanger avec lui et de mieux le connaître.

Allez chercher de l'aide

Maison - école : un partenariat gagnant

Assurez-vous du concours de l'école de votre enfant pour lui venir en aide. La direction peut mettre en place un plan d'intervention personnalisé avec la participation des enseignants, des intervenants et des parents. Une étroite collaboration permettra d'intervenir ensemble sur les comportements inadéquats qui sont présents à la fois à la maison et à l'école. Votre enfant recevra ainsi le même message et  les mêmes valeurs. En plus de vous soutenir,  la direction de l'école peut aussi vous diriger vers d'autres ressources communautaires offertes aux parents.

Se tourner vers une aide professionnelle

Selon la situation, il peut être nécessaire d'avoir recours à des professionnels pour vous soutenir dans vos interventions. Outre l'école, les ressources suivantes peuvent vous être utiles :

  • Ligne Parents :  Ligne téléphonique et capsules informatives sur le site Internet (514) 288-5555 ou 1-800-361-5085;               
  • Éducation-Coup-de-Fil : Service de consultation professionnelle anonyme d'aide à la famille (514) 525-2573 ou 1-866-329-4223;
  • Les CLSC et CSSS de votre région;
  • Des organismes comme Les Maisons de la famille offrent une formation sur la gestion des comportements des adolescents.

Danielle Rajotte, rédactrice Canal Vie

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