Le "Terrible two"!

Avec l'adolescence, le fameux terrible two est sans doute la période qui suscite le plus de craintes chez les parents. Pourquoi? Qu'est-ce qu'un bambin de deux ans peut bien faire pour être qualifié de terrible? Petite exploration de cette étape de turbulences.

Une étape cruciale

Vers l'âge d'un an, votre enfant commence à faire l'acquisition de deux habiletés qui vont changer sa vie : la marche et la parole. Il prend tout à coup conscience de sa relative indépendance et d'un pouvoir tout neuf : celui de dire non.

Mais voilà, il a très peu de moyens pour faire son putsch. Il ne maîtrise pas la parole, est encore malhabile tant au point de vue de la marche que de la dextérité et ne sait pas encore comment reconnaître et gérer ses émotions. De là naît une grande frustration qui le pousse à faire des colères où les cris, les morsures et les coups se mêlent.

Différent pour chaque enfant

Comme chaque enfant est unique, cette période peut commencer vers 18 mois et se poursuivre jusqu'à l'âge de trois ans. Aux colères s'ajoute une propension à dire non à tout ou presque, à changer d'idée constamment et à transformer une activité simple (s'habiller) en épopée épuisante.

Le rôle des parents

Tout cela est naturel. Mais ce n'est pas parce qu'il normal que fiston nous fasse le coup de Jekyll et Hyde qu'il ne faut pas intervenir. Notre rôle est tout aussi important que l'étape qu'il traverse.

Un rôle d'accompangement

Le pire service qu'on puisse rendre à notre enfant est de le laisser donner libre cours à tous ses caprices et colères sans l'accompagner.

  • Il doit apprendre où se situe la frontière entre ses désirs et vos limites.
  • Il doit également acquérir les notions de base de la maîtrise de soi (et donc de la vie en société), c'est-à-dire comment gérer ses émotions (surtout ses colères) et se calmer par lui-même.

Cet apprentissage ne se fera pas sans une certaine dose de frustration, gracieuseté de papa-maman qui disent non, établissent des règles claires et sont constants. Composer avec la frustration, reconnaître qu'elle existe et gérer nos émotions face à elle est sans doute un des apprentissages les plus importants qu'on fera dans notre vie.

Clarté, constance, communication et ruse

Voilà vos alliées pour traverser cette période avec succès.

  • Premièrement, vous devez clairement communiquer vos limites à votre enfant. Sachez qu'il se fera un devoir de les tester.
  • Ensuite, vous devez demeurer ferme et tenir votre bout. Surtout, ne revenez pas sur votre décision. Cela ne fera qu'encourager votre enfant à persister, puisqu'il sait qu'il peut venir à bout de votre résolution.
  • Et même s'il est devenu un expert pour vous mettre en rogne, essayez de maintenir une communication saine. D'une part, montrez-lui que vous comprenez ce qu'il ressent en mettant la situation en mots : « Je sais que tu es fâché parce que maman ne veut pas te donner un biscuit avant le souper » Puis, une fois l'orage passé et qu'il a retrouvé son calme, ne revenez pas sur la colère en lui faisant des remontrances. On se fait un câlin et on reprend nos activités.
  • Vous pouvez finalement user d'une ruse qui a fait ses preuves : donnez-lui des choix. « Comme collation, veux-tu des craquelins ou une pomme? », « Quel pantalon veux-tu mettre : le bleu ou le rouge? ». Il n'y verra que du feu... pour un certain temps, du moins.

Le retrait

C'est à cet âge qu'on peut commencer à mettre notre enfant en retrait. Quand son comportement est inacceptable, on le place en retrait et on l'y laisse 2 minutes (la règle est d'une minute de retrait par année d'âge).

Le but du retrait est de lui signaler que son comportement n'est pas toléré dans la maisonnée, mais surtout de lui donner la chance de reprendre son calme. Une fois le temps écoulé, on va le voir, on lui explique la raison de sa mise en retrait, calmement, sans faire de reproches.

Terrible pour qui?

Oui, votre petit ange s'est transformé en un pro de la contrariété. Il fait des crises mémorables à l'épicerie et son comportement est souvent imprévisible. Ce n'est certes pas de tout repos, mais c'est temporaire.

On dit que grandir, c'est apprendre à quitter le nid familial et c'est dans cette optique qu'on doit voir cette étape. Et si vous passez vos journées les nerfs en boule, dites-vous que votre enfant vit aussi des grands bouleversements. Il est en train d'apprendre qu'il a le droit et la capacité de dire non, mais réalise en même temps que tous ses désirs ne sont pas des ordres. Il apprend à gérer ses émotions, à confronter la frustration.

Et pendant tout ce temps, il est torturé par cet autre désir, qui le suivra toute sa vie : celui de vous plaire et d'être aimé par vous. Avec ces élans contradictoires qui l'assaillent tout à coup, pas étonnant que votre bambin semble parfois épuisé, confus et qu'il fonde en larmes. Et sachant cela, on se dit qu'on peut peut-être se montrer un peu plus compréhensif.

C'est pas si terrible que ça, non?

Caroline Bouffard, rédactrice Canal Vie

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