L'heure des devoirs est un enfer? Voici quelques trucs...

Faire les devoirs est souvent très éprouvant autant pour le parent que pour l'enfant. Et plus les heures passent, plus la fatigue s'installe, plus le défi est grand. Il est bien possible que la tension monte et que cette période devienne un véritable enfer que vous redoutez chaque soir.

Tout d'abord, notez bien qu'un enfant est capable d'écouter environ dix minutes une explication et de faire une application, un devoir pendant vingt minutes. Au-delà de ce temps, l'efficacité diminue.

Pour faciliter la période de devoirs

Il existe quelques petits trucs bons à retenir. Toutefois, si votre enfant a un déficit d'attention, vous remarquerez que les trucs ne durent qu'un moment. Après, ils deviennent moins efficaces et il faut en changer.

Épurez l'environnement

Choisissez, de préférence, toujours le même lieu et faites en sorte qu'il y a ait le moins d'objets possible autour de l'enfant. Il ne doit pas avoir beaucoup d'éléments dans son champ visuel, ni trop d'objets qu'il peut toucher ou avec lesquels il peut jouer. Tout objet peut devenir prétexte à distraction. Vaut mieux donc le limiter à l'essentiel.

Même chose pour le bruit. Isolez-le pour qu'il entende le moins possible de bruits (télé, radio, musique). Si vous ne disposez pas de ce genre de conditions chez vous, il serait peut-être pertinent de lui faire faire un arrêt de 30 minutes à la bibliothèque chaque soir. Certains professeurs remettent les devoirs le vendredi pour que l'enfant puisse s'avancer le week-end. La bibliothèque est donc l'endroit idéal pour l'aider à se concentrer.

Expliquez-lui pourquoi on lui fait faire des devoirs

Après avoir étudié toute la journée, il peut se demander qu'est-ce que ça donne de revoir les mêmes notions, mais il faut lui expliquer que le travail à la maison aide à consolider les matières apprises à l'école. C'est le moment idéal pour lui de vérifier ce qu'il sait et ce qu'il a de la difficulté à assimiler.

Variez les tâches

Il est préférable que l'enfant commence par ce qu'il aime le moins, ce pour quoi il a le plus de difficulté à soutenir son attention. Malgré tout, il est fort probable que son attention soit brève. Il est donc conseillé de varier les tâches et la façon de les faire. Il peut passer d'une matière à l'autre en alternance, s'il préfère. D'autres trouveront que ça les éparpille. Tout dépend de l'enfant.

Coupez les tâches

Un long texte à lire ou à étudier peut facilement être décourageant. Cacher un bout du texte peut être une solution valable. Il verra le travail comme une petite colline et non comme une grande montagne infranchissable!

Faites le lire à haute voix

Lire un texte ou les consignes à haute voix aide à rester concentrer. Même si votre enfant est bien capable de lire dans sa tête, il trouvera peut-être plus facile de retenir les notions s'il les récite. C'est notamment le cas des enfants qui sont plus auditifs que visuels.

Assurez-vous qu'il a compris

Assurez-vous qu'il a bien compris les notions que vous venez de réviser : il se peut que parce que vous avez été trop sévère ou trop exigeant, il craint de vous dire qu'il n'a pas compris. Ça peut retarder le processus d'apprentissage. Demandez-lui s'il a bien compris ou répétez-lui la consigne.

Demandez conseil au professeur

L'éternel « mon professeur ne nous l'a pas appris comme ça » vient souvent suivi d'impatience et même de crises. Pourquoi ne pas communiquer avec le professeur de votre enfant en faisant part de vos intentions à ce dernier? Demandez-lui quelles sont ses techniques qu'il utilise en classe et mettez-vous au diapason. Il ne pourra qu'être ravi que vous vouliez lui donner un petit coup de pouce! La plupart des professeurs ont une adresse courriel maintenant, ce qui peut faciliter les échanges.

Apprentissage par le jeu

Après une journée de travail, on n'a pas toujours envie de s'adonner aux jeux, mais si vous le faites quelques fois, vous réaliserez que ça économise beaucoup de temps et d'énergie et que l'ambiance est souvent meilleure.

  • Vous pouvez jouer à l'école avec votre enfant. Si vous avez un tableau, vous pouvez être le professeur et lui demander de venir écrire ses mots de dictée au tableau, par exemple.
  • Si vous avez un ordinateur, il existe de nombreux sites sur lesquels vous pourrez lui faire pratiquer ses additions et ses multiplications. Ces sites minutent le temps de réponse et donnent les solutions aux problèmes.
  • Si votre enfant est étendu sur la table, la tête affalée et qu'il peine à tenir son crayon, vous pouvez lui suggérer qu'il écrive sa dictée sur l'ordinateur. Ce sera peut-être un peu plus long, mais aussi plus motivant pour lui.
  • Si votre enfant n'est pas anxieux, vous pouvez minuter son temps de devoirs et le féliciter s'il réussit, par exemple, à faire son exercice en x minutes. Il faut bien sûr être réaliste dans le temps d'exécution, mais cette méthode, qu'il verra comme un défi, peut le motiver à demeurer concentré.
  • Puis, il y a des règles qui se mémorisent bien en chantant! Pourquoi pas?

Les surligneurs

Ils peuvent être d'un grand secours pour les enfants avec troubles d'attention. Ça lui donne l'occasion de faire une action dans un processus à priori passif. L'étude sera plus facile pour lui.

Aide-mémoire

S'il oublie toujours la moitié de ses effectifs à l'école, proposez-lui (et parlez-en au professeur) d'écrire sur un papier qu'il déposera sur son sac, tous les éléments dont il a besoin pour ses devoirs. Un camarade de classe peut aussi l'aider à y arriver, dans la mesure où il ne se sent pas amoindri par cette collaboration.

Faites une pause

Vous pouvez lui permettre une pause entre chaque exercice difficile et lui demander, par exemple, de vous raconter sa journée. Par contre, certains enfants auront de la difficulté à raccrocher après. Il faut bien connaître son enfant et jauger ce qui est le mieux.

Encouragez

On peut l'encourager en lui créant, par exemple, un calendrier d'autocollants pour chaque soirée d'études bien réalisées. Chez les enfants plus petits, ça devient un bon motivateur. Évitez les menaces, qui ne font qu'exacerber les tensions et qui vont à contresens du bien-fondé de l'apprentissage.

Il faut aussi savoir abandonner

Il y a des soirs où votre enfant est carrément incapable de se concentrer. Vous le voyez, ses yeux sont cernés, il a envie de pleurer, il n'en peut tout simplement plus. S'acharner dans ce cas ne fait qu'empirer la situation. Fermez tout et allez le coucher, quitte à le lever plus tôt le matin pour qu'il termine ses devoirs. Par contre, ne le récompensez pas en lui permettant d'écouter la télévision ou de jouer à la place. S'il est si fatigué, le lit est le meilleur endroit où il doit se trouver.

Le « bip »

Si votre enfant est en âge de travailler seul (5e, 6e année), vous aurez bien sûr encore la tâche de valider son travail, mais vous n'aurez plus nécessairement à rester à côté de lui. Pour l'aider à soutenir son attention, vous pouvez enregistrer, sur un baladeur, un bip à intervalle régulière qui ramènera son attention à son travail. Ceci est recommandé pour les enfants avec déficit d'attention.

Laissez-lui être responsable de ses actes

Vous êtes là pour l'encadrer, mais vous ne pouvez pas toujours le forcer et vous retrouver en permanence dans un typhon de crises et d'opposition. S'il veut cesser ses devoirs ou carrément ne pas les faire, rappelez-lui la raison pour laquelle il doit les faire et les conséquences avec lesquelles il devra conjuguer s'il ne les complète pas. Ce sera à lui de négocier avec le professeur le lendemain matin. C'est sa responsabilité... et c'est souvent là que commence la difficile tâche de couper le cordon!

Déléguez

Si l'heure des devoirs est un enfer, vous pouvez très bien confier cette tâche à quelqu'un d'autre. Vous pouvez trouver une gardienne ou une voisine qui pourrait prendre votre enfant après l'école pour l'aider dans ses devoirs. Est-ce que ça vaut vraiment la peine d'envenimer le temps que vous avez avec votre enfant quand le résultat pourrait être beaucoup plus rentable avec quelqu'un d'autre? La majorité des enfants ne s'opposent pas autant avec un inconnu qu'avec son parent... Ne vous culpabilisez pas. Être un bon parent ne veut pas dire d'être là en tout temps, dans toutes les situations, mais de s'arranger pour que le temps passé avec son enfant soit de qualité. Quelques fois, ce genre de décisions s'imposent.

En bref, cette période est difficile pour beaucoup de parents, mais en se donnant la peine de suivre ces petits conseils avec patience, la situation pourrait peut-être bien s'améliorer...

Bonne chance!

Violaine Dompierre, éditrice Canal Vie

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