Dyslexie : un mot qui fait peur... surtout à ceux qui en sont atteints

La dyslexie touche entre 8 et 10 % des enfants de classe normale. Et si le vôtre en était atteint?

Qu'est-ce que la dyslexie?

Votre enfant n'aime pas lire? Il confond les B ou les P ou certains mots tels que chauffeur et faucheur? Il est peut-être dyslexique.

La dyslexie est un trouble de la lecture qui engendre, la plupart du temps, la dysorthographie (trouble de l'écriture). Dans la tête de celui qui en est atteint, les lettres, les syllabes, les mots se confondent et il a autant de difficulté à lire qu'à comprendre ce qu'il lit et à organiser ses pensées. Et pourtant, il est pourvu d'une intelligence normale, n'a pas de troubles de comportement, n'éprouve pas de carences affectives, il voit et entend bien, comme les autres, mais accuse un retard d'apprentissage de la lecture de 12 à 18 mois par rapport à son niveau scolaire.

Ce trouble serait génétique et héréditaire, et souvent une ou plusieurs personnes dans la famille en seraient affectées.

Quand s'inquiéter?

Vers deux ans, soit l'âge de l'apprentissage de la parole, un enfant bute sur certains mots ou se trompe en les prononçant, mais déjà à la maternelle, un orthophoniste ou un orthopédagogue peut avoir de bons indices d'une éventuelle dyslexie. C'est lors de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, en première année, que ces doutes se confirmeront.

Il est important de rester sensible à l'évolution de son langage afin d'éviter de le confronter à un échec dès le début de sa scolarité. Il existe des outils dont il peut se servir, et le plus tôt sera le mieux.

Un dyslexique se sent souvent idiot, les gens qui ne sont pas au courant de son problème le considèrent comme étant paresseux, immature, peu soigneux puisqu'outre son problème de lecture, il peut éprouver des difficultés à s'organiser dans le temps, dans l'espace (ranger ses choses...) ou au contraire être maniaque de l'ordre, peut s'exprimer difficilement, est facilement distrait par les bruits, est en général bon en mathématiques, mais non en résolution de problèmes... Bref, la vie quotidienne, pour un enfant dyslexique, n'est pas de tout repos.

Voyons, à titre d'exemple, une phrase tirée d'un texte lu par un dyslexique sévèrement atteint :

« Le son te.

Co din est pe tite comme un pu ce il cha te la pe dans une jaune petiteca dan pas lune que din ni..."

On devrait plutôt lire :

« Le Poucet.

Robin est petit comme un pouce. Il habite la forêt dans une jolie petite cabane pas plus grande qu'un nid... »

On ne s'étonnera pas que le dyslexique souffre d'un grand stress, ni qu'il cumule les échecs scolaires.

La solution? Une réelle gymnastique mentale

Le seul moyen pour un dyslexique de vaincre les difficultés scolaires, et plus tard professionnelles, est d'entreprendre une rééducation, parfois longue et laborieuse, qui permet de reconstruire sa façon de lire. Le cerveau de l'enfant continuera à inverser les lettres, les sons, à omettre des voyelles, à découper des mots, à faire des erreurs d'analyse, mais des exercices réguliers lui permettront de lire de façon plus fonctionnelle. Pour arriver à ce genre de gymnastique, les spécialistes utilisent toute sorte de méthodes. Chose certaine, ce n'est pas en lui enseignant la matière comme les autres enfants sur des périodes plus prolongées qu'on peut l'aider, mais en la lui enseignant de manière différente. Rien ne sert de s'acharner si on ne possède aucune méthode adaptée à son problème. Enfin, le plus important, c'est de ne pas laisser l'enfant seul face à son trouble et à ses échecs scolaires.

Quelques trucs pour parents

  • Demander au professeur qu'il le place en avant de la classe, au centre, pour capter toute son attention.
  • Le soutenir dans ses efforts lors des devoirs et tenter de garder son calme et de cultiver sa patience, même si c'est parfois difficile.
  • Conseiller à votre enfant de surligner ses notes, ses lectures pour l'aider à recueillir les informations pertinentes pour sa bonne compréhension.
  • Séparer ses tâches pour l'aider à les prendre une à la fois et éviter le découragement.
  • Lui relire les consignes en faisant des phrases courtes et simples pour l'aider à restructurer sa pensée.
  • Prendre des pauses lors des leçons et alterner les tâches faciles avec les tâches plus difficiles.
  • Le féliciter s'il connaît une amélioration de ses résultats, même s'il est encore en échec. Valoriser l'effort plutôt que le résultat.
  • Mettre l'emphase sur ses forces dans d'autres domaines, pour rehausser son estime de soi.

On s'en sort?

On ne guérit pas de dyslexie, mais à force d'entraînement et d'exercices, on peut apprendre à vivre avec. D'ailleurs, d'illustres dyslexiques s'en sont plutôt bien sortis : Agatha Christie, Edgar Allan Poe, Ernest Hemingway, Jules Verne, Léonard de Vinci, Mozart, Picasso, Vincent Van Gogh, Benjamin Franklin, John F. Kennedy, Winston Churchill, Albert Einstein, Alexandre Graham Bell et plus près de nous, Jack Nicholson, Robin Williams, Tom Cruise et Bill Gates, pour ne nommer qu'eux. Comme quoi, en travaillant, on arrive à tout!

Merci à Manon Riendeau, orthophoniste, pour sa collaboration à cet article.

Violaine Dompierre, éditrice Canal Vie

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