Croire au père Noël, c'est permis!

Hyper-parents de ce monde, soyez rassurés! Il n'y aucun danger à « mentir » à votre enfant au sujet du père Noël. Et ce n'est pas la Fée des Étoiles qui le dit, mais des chercheurs des universités de Montréal et d'Ottawa.

Des recherches concluantes

Les professeurs Serge Larivée et Carole Sénéchal ont consulté plusieurs études sur les effets, positifs ou négatifs, de croire au père Noël. L'une d'entre elles datait de 1896 et a été reprise en 1979.

Le constat demeure le même : il n'y aucune contre-indication à encourager notre jeune enfant à croire au gros bonhomme rouge. Même si on les trouve bien plus dégourdis et allumés que nous l'étions à leur âge, nos enfants ont besoin d'imaginaire et de magie. Cela les aide à comprendre les grands concepts comme la justice, la bonté et la méchanceté. Ils ont une propension à voir du merveilleux partout. Et c'est tout naturellement qu'ils croient qu'un vieil homme barbu part en tournée une fois l'an pour distribuer des cadeaux aux enfants qu'il a surveillés toute l'année.

Le chat sort du sac!

Si vous êtes parent d'un jeune bambin et que vous angoissez à l'idée de devoir un jour lui dire la vérité, pas de panique. Dans la grande majorité des cas, c'est votre enfant qui, avec le développement de ses capacités à raisonner, découvrira le pot aux roses.

Naturellement, vers l'âge de 6 ou 7 ans, il devient capable de départager la réalité de l'imaginaire. C'est « l'âge de raison ». Il en viendra tout seul à conclure que le père Noël ne peut être partout le 25 décembre, que les rennes ne peuvent voler si vite, etc. Il vous annoncera un beau jour qu'il ne croit plus à ces histoires.

La question à 100 $

Il se peut également que l'enfant hésite à faire le saut tout seul. Il aura peut-être été confronté aux railleries des plus grands qui, eux, n'y croient plus. Il vous posera alors des questions. Attention à ne pas en dire trop.

Retournez plutôt la question : « Toi, qu'est-ce que tu penses? » Vous verrez alors où il en est rendu dans sa réflexion et vous pourrez juger s'il est prêt ou non à entendre la vérité. Certains enfants ont besoin de croire plus longtemps. Il est important de respecter leur rythme.

Respectez son évolution

Si vous faites partie de ces parents qui conservent un souvenir merveilleux de leurs Noëls d'enfance et qui aimeraient que leur enfant croie au père Noël le plus longtemps possible, attention! Il n'y a rien de mal à entretenir la magie, mais pas au détriment du développement de l'esprit critique de votre enfant. Vous devez valider ses observations et ses déductions s'il commence à douter et à vous poser des questions.

Déception ou désillusion?

Certains parents évoquent la peur de tromper leurs enfants pour expliquer leur réticence à nourrir la croyance au père Noël. Parmi les données étudiées par les professeurs Larivée et Sénéchal, une étude réalisée en 1999 démontre que seulement 1 % des enfants interrogés se sont sentis trompés. 13 % se sont simplement dits déçus.

Un rite de passage

La déception, s'il y en a, est souvent remplacée par une certaine fierté. L'enfant fait partie des « grands » et est maintenant le complice de ses parents. Il accepte volontiers les nouvelles règles du jeu et s'amusera même à nourrir les croyances des plus jeunes. Il est d'ailleurs important de lui faire comprendre que ce n'est pas à lui de dire la vérité aux autres enfants, que chacun fera la découverte à sa vitesse.

Alors, plus de raison de bouder notre plaisir. On peut perpétuer cette charmante tradition et faire une place de choix au père Noël dans notre maisonnée. Et ce, la conscience tranquille!

Caroline Bouffard, rédactrice Canal Vie

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