Ces enfants qui négocient

Chaque fois que vous demandez quelque chose à votre enfant, il discute, se plaint, négocie ou fait semblant de ne pas vous entendre? Votre petit est probablement à l’âge où il comprend comment utiliser ce qu’il entend afin d’argumenter avec vous. Ces situations fâcheuses risquent de provoquer une remise en question de vos compétences parentales, qu’il s’agisse de votre autorité ou de l’éducation que vous donnez à votre enfant. Que faire, donc, lorsque vos demandes deviennent laborieuses à tout coup?

Le rôle du parent éducateur

En tant que parent, le fait de décider pour votre petit vous incombe. Il faut répondre à ses besoins, bien sûr, mais pas à tous ses désirs. Même si un enfant qui négocie n’est pas nécessairement désobéissant, il est essentiel de conserver votre rôle d’éducateur tout en faisant attention de ne pas être trop autoritaire. Il importe alors de ne pas soumettre votre enfant à vos lois et vos désirs, car il a besoin de rivaliser avec vous afin d’affirmer ses différences. Cela fait partie intégrante de son évolution.

Il est important de savoir en tant que parent que le temps d’attente pendant lequel tout enfant vit une légère insatisfaction lui est essentiel pour progresser et devenir un individu à part entière.  Si vous anticipez ses désirs, il ne connaîtra jamais ce « manque » et, conséquemment, ne sera jamais frustré. Or, cette absence de frustration peut occasionner une angoisse profonde chez les enfants.

N’argumentez pas

Bien qu’il soit facile de tomber dans le piège, il est primordial de ne pas argumenter avec votre enfant lorsqu’il conteste vos propos. En plus de lui donner beaucoup trop de pouvoir, vous vous lancez dans des explications sans fin. Gardez à l’esprit que parents et enfants ne sont pas des alter ego; il n’y a donc aucune raison de négocier avec votre petit comme avec un égal. Vous aurez donc avantage à interrompre la plaidoirie rapidement : « Je suis ton parent, c’est moi qui décide. Non, c’est non, fin de la discussion. »

Il est cependant conseillé de reconnaître le désir qu’exprime votre enfant, tout en maintenant votre demande. Par exemple, si votre bambin ne veut pas ranger ses jouets avant de manger, on peut lui dire : « Je sais que tu ne veux pas ranger tes jouets, mais maintenant, c’est l’heure de manger.» Le défi est donc de trouver l’équilibre entre le « laisser faire » et l’excès d’exigence.

Faites des demandes claires

Bien entendu, il faut discuter des règles de la vie avec votre petit, mais il n’est pas conseillé de le faire dans le feu de l’action. Vous le ferez plus tard, lorsque la crise sera passée. Veillez alors à lui faire des demandes claires et précises formulées de façon affirmative : « Range tes livres » plutôt que « Arrête de laisser traîner tes choses... ». Les enfants coopèrent mieux lorsque les consignes sont clairement exprimées.

Offrez-lui des choix

Un bon moyen d’obtenir ce que vous désirez de votre petit, sans être en constante confrontation avec lui, est d’offrir le choix entre deux options que vous aurez vous-même choisies. Les enfants se font habituellement imposer presque tout : quoi manger, quand le faire, quand aller dormir, combien de temps regarder la télévision, etc. À la longue, cela peut devenir très frustrant pour eux. Ainsi, en offrant à votre enfant la possibilité de choisir certaines choses, vous lui donnerez l’impression d’avoir un certain pouvoir sur sa vie et il en sera heureux. Les choix « contrôlés » sont habituellement très efficaces : « Tu veux brosser tes dents avec papa ou avec maman ? », « Tu veux le faire avant ou après l’histoire? ». Puisque l’important est qu’il brosse ses dents, pourquoi ne pas lui laisser le loisir de choisir comment et quand il désire le faire?

Soyez constant et cohérent

Malgré le fait que vous fassiez des demandes claires et que vous offriez des choix à votre petit, il est important de demeurer constant et cohérent dans vos attentes et dans vos conséquences. Ainsi, il est donc suggéré de ne pas répéter plus de deux fois une demande, sans quoi une conséquence logique sera imposée. Par exemple, s’il ne veut pas ranger ses jouets avant de venir manger, il passera sous la table ou n’aura pas de dessert. Il est ardu, mais nécessaire de tenir sa parole. L’inverse occasionnera un manque de crédibilité de votre part et les comportements que vous tentez de faire disparaître persisteront.

Renforcez le lien affectif

Vivez des moments agréables avec votre enfant. Plus vous passerez du bon temps ensemble, moins de confrontations il y aura puisque votre petit aura envie de vous faire plaisir. Les activités les plus agréables sont souvent les plus simples : rire, jouer au ballon, se chatouiller, dessiner, jouer à son jeu préféré, etc. Devenez complices! Vous n’en tirerez que des avantages!


Catherine Darlington, rédactrice Canal Vie
 

Vous aimerez aussi

Commentaires