Aider les enfants avec leurs émotions

Ce n’est pas parce qu’ils sont petits que nos enfants ne ressentent pas de grosses émotions. Oh que non! On a toutes déjà fait face à de petites crises, des babines qui se retroussent, une «lippe», des gros sanglots, une fameuse crise du bacon, de la bouderie, des cris suraigus, du piochage, une surexcitation, etc. Les manifestations des émotions des enfants sont nombreuses et ne suivent aucun modèle. Plus ils sont petits, plus ils réagissent n’importe comment. Et c’est normal; ils ne comprennent pas ce qui leur arrivent. On a beau comprendre tout cela comme parents, il reste que souvent  nos nerfs en sont durement éprouvés!

Donc, gérer ses émotions, c’est un apprentissage pour les enfants. Ça ne se fait pas tout seul, on doit les aider.  Il faut leur apprendre à vivre leurs émotions – ne pas en avoir honte, ni les refouler ou les ignorer!  –  et ensuite à les exprimer et les canaliser sainement.  Voici quelques pistes pour amener mes enfants  à mieux vivre avec le lot d’émotions qui les traversent.

Nommer les émotions

Pour un enfant, ce n’est pas évident de comprendre ce qui se passe en lui et on doit lui apprendre tout un vocabulaire relié aux émotions : peine, déception, colère, jalousie, envie, etc. On lui apprend les différences entre chaque émotion. Pour l’aider, quand on regarde un film ou on lit un livre, on est attentif aux émotions vécues par les personnages.  Ainsi, il sera capable de mettre un mot sur ce qu’il ressent. On peut utiliser aussi une roue des émotions ou encore des pictogrammes pour aider les enfants à cibler l’émotion qu’ils ressentent.

Graduer l’intensité

Avec les enfants, bien souvent n’importe quelle petite difficulté peut prendre l’air d’un drame mondial. Les émotions sont toujours au maximum! Dans le tapis les cris et les pleurs! Il faut apprendre aux enfants à ne pas tout vivre comme une crise majeure et c’est à nous de modérer le tout.

Ralentir les excès

Ma fille quand elle est trop excitée, agitée, souvent influencée par d’autres enfants, entraînée dans un tourbillon d’émotions – plaisantes, mais éreintantes pour moi! – elle devient sur-excité. Une coche de trop! Pour pallier le tout,  on a mis au point une petite entente simple entre nous. Quand elle déborde trop, je lui dis de surveiller son indicateur de vitesse intérieur. Elle sait qu’elle en fait trop! Elle doit se calmer. On a fait un parallèle entre les excès de vitesse et les excès émotionnels. On peut faire de la vitesse sur l’autoroute, mais on doit vivre avec les conséquences si un policier nous arrête pour nous donner une contravention. Moi, je fais la policière gentille qui lui dit simplement «ralentit». Par contre, si elle continue, je sévis. Elle le sait. Mais cette méthode permet qu’en lui disant simplement «Miss, tu fais un peu de vitesse», elle comprend tout de suite et je ne la punis pas «publiquement». C’est un code entre nous. Ça me convient, ça lui convient. Le message est clair.

Faire des mises au point. Chaque soir, au souper ou avant le dodo, je demande aux enfants de petites questions comme «Qu’est-ce qui t’a rendu heureux aujourd’hui?», «Est-ce que quelque chose t’a fait de la peine?», etc. Je saute aussi sur toutes les occasions saisies à la volée pour leur demander de se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre (une situation qu’on voit au parc, une chicane entre amis, un truc à la télé, etc.) et me dire comment ils se sentiraient à la place de l’autre personne.

Nadine Descheneaux, rédactrice

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