Activités parascolaires : oui, mais sans abus!

De nos jours, l'horaire de certains enfants semble plus chargé que celui du PDG d'une grosse firme multinationale. Leur vie est rythmée par la symphonie des activités parascolaires : dessin le lundi, natation le mardi, violon le jeudi et soccer tous les week-ends! Et ça, c'est compter sans l'école et les obligations qui s'y rattachent.

Pour certains parents, plus leur enfant pratique d'activités en dehors de l'école, mieux il sera formé pour la vie qui l'attend. Pour d'autres, il semble inhumain d'entraîner les bambins dans un tel tourbillon : après tout, l'enfance, c'est fait pour jouer, pas pour se stresser!

La vérité, c'est que les activités parascolaires comportent certainement leur lot d'avantages pourvu qu'elles se déroulent dans un contexte sain et qu'elles ne prennent pas toute la place dans la vie des jeunes.

Des bénéfices importants

Développement

Que les parents adeptes du parascolaire se réjouissent : la majorité des études sur le sujet ont démontré que ce genre de passe-temps comporte de nombreux bienfaits pour le développement personnel des jeunes. On peut en observer les effets positifs autant sur le plan académique que sur les plans psychologique ou social.

Valorisation

La participation à une activité parascolaire présente une occasion pour les jeunes de se valoriser à l'extérieur de la salle de classe. Ils sont encouragés à développer leurs talents et à faire preuve de persévérance pour s'améliorer. Ainsi, la pratique d'une activité parascolaire favorise une meilleure estime de soi et permet aux jeunes d'assimiler des valeurs et des compétences qui leur seront utiles dans les différentes sphères de leur vie.

Meilleurs résultats scolaires

Les recherches ont établi que les jeunes pratiquant une activité parascolaire étaient moins sujets que les autres au décrochage scolaire et moins à risque de souffrir de dépression au cours de l'enfance ou de l'adolescence. Ils ont également de meilleurs résultats scolaires. Pour les élèves en difficulté d'adaptation, le fait de participer à une activité parascolaire semble particulièrement bénéfique. Malheureusement, ils sont moins prompts à choisir une activité que les jeunes qui sont déjà très bien adaptés sur les plans académique et social.

Socialisation

Être inscrit à une activité ludique, sportive ou culturelle, en dehors du cadre scolaire donne également la chance aux jeunes de rencontrer de nouveaux amis qui partagent les mêmes intérêts qu'eux. Il peut s'agir d'une bonne occasion de socialiser, particulièrement pour les jeunes qui ont de la difficulté à se faire des amis dans leur milieu habituel.

Par ailleurs, pour les préadolescents et les adolescents, il s'agit d'une occasion de pratiquer une activité saine, dans un cadre sécuritaire et sous la supervision d'un adulte responsable. Un vrai soulagement pour les parents qui s'inquiètent à l'idée que leurs jeunes désoeuvrés posent des gestes répréhensibles ou passent toutes leurs journées devant le téléviseur ou l'ordinateur.

Attention aux abus!

Même si tous ces avantages sont bien réels, il ne faudrait pas croire que les activités parascolaires constituent un remède à tous les maux. Dans certains contextes, elles peuvent même avoir des effets pervers. Il arrive parfois que l'activité se déroule dans une atmosphère de compétition entre les participants qui finit par ne plus être très saine. On observe parfois ce genre de phénomène au sein d'équipes sportives, surtout celles d'un assez bon niveau.

Pression de performance

Dans le même ordre d'idée, les jeunes peuvent en arriver à se mettre une énorme pression de performance. Parfois, cette pression vient de l'attitude de l'entraîneur ou du professeur responsable de l'activité, parfois elle vient des parents qui veulent à tout prix que leur enfant soit le meilleur.

Dans d'autres cas, les jeunes se mettent eux-mêmes une bonne dose de pression, persuadés (à tort ou à raison) que s'ils ne donnent pas leur 200 % à chaque fois, les espoirs des parents et des coachs seront déçus. Ce genre de stress peut, à la longue, avoir des conséquences néfastes sur l'estime de soi du jeune, en plus de rendre la pratique de l'activité plutôt angoissante.

Rappelez-vous que ce n'est pas tout le monde qui a le caractère et la volonté pour progresser dans un environnement très compétitif.

Stress

Les enfants qui pratiquent un grand nombre d'activités parascolaires sont également à risque de vivre du stress en raison de leur horaire surchargé. Certains parents ont tendance à oublier que le but premier de ces activités est de permettre aux enfants de s'amuser et de s'épanouir dans un environnement sain. Elles ne doivent pas devenir une source de tension, ni être vécues comme une obligation désagréable et elles ne doivent en aucun cas empiéter sur ses études ou gruger tout son temps libre.

Depuis 20 ans, le temps libre des jeunes a chuté de 12 heures par semaine, ce qui est énorme!

Savoir lire entre les lignes

Les enfants ne sont pas toujours capables d'identifier leurs limites personnelles, c'est donc à vous de garder l'oeil ouvert. Plusieurs enfants ont l'impression qu'ils font tout cela pour faire plaisir à papa et maman. Ils hésiteront parfois à vous faire part de leur fatigue, par peur de vous décevoir.

Il est donc important d'être très francs avec eux, de bien expliquer vos attentes et vos objectifs avant d'inscrire votre enfant à une activité. Il sera alors probablement plus à l'aise de se confier à vous si l'activité ne lui convient plus.

Comment choisir la bonne activité pour son enfant?

Dès les premières années de vie d'un enfant, on peut observer des intérêts qui se pointent à l'horizon. À un an et demi, elle danse partout dès qu'il y a de la musique? Encore aux couches, Junior s'amuse constamment à frapper un ballon avec ses pieds? Tout cela peut sembler banal, mais on en apprend déjà sur ses goûts et intérêts futurs.

Le moment venu, il est important de discuter des possibilités avec l'enfant. Instinctivement, qu'est-ce qui l'intéresse le plus? S'il hésite, sachez que de plus en plus d'organismes ou d'écoles offrent des séances d'initiation de 2 ou 3 cours.

Les enfants ont-ils leur mot à dire?

Si votre enfant ne veut absolument pas pratiquer d'activité parascolaire, il n'y a rien de mal à lui forcer un peu la main, pour qu'il essaye avant de porter un jugement. Après tout, si l'activité choisie correspond à ses intérêts et lui permet de développer ses talents, il n'y a pas de raison pour qu'il ne s'y plaise pas une fois au coeur de l'action.

Découvrir de nouvelles choses ou s'ouvrir à différents intérêts est positif pour le développement de l'enfant. S'il n'aime pas du premier coup, tentez de le convaincre de donner une chance à ce nouveau passe-temps, de terminer la session en cours, ce qui lui apprendra aussi la persévérance. Toutefois, s'il ne change pas d'avis après un an ou deux, il y a très peu de chance que le tout se développe dans le futur, et ce, même s'il semble posséder un talent naturel!

Il existe toutes sortes d'activités différentes et il serait très étonnant qu'aucune d'entre elles ne convienne à votre jeune. Autant que possible, laissez-le choisir lui-même l'activité qu'il pratiquera. Si vous prenez la décision pour lui, il risque de se montrer plus réticent.

Droit de changer d'idée

Il est possible que l'activité se révèle, au bout du compte, décevante. Il est également envisageable que les intérêts de votre enfant évoluent d'une année à l'autre. Si l'activité qu'il pratique depuis quelques années ne lui plaît plus, encouragez-le à en choisir une autre à la session suivante.

Attention! Cela ne veut pas dire répondre aux moindres désirs de notre enfant! Ces activités coûtent parfois assez cher et vous pourriez vous trouver irrité de changer chaque saison.

Après tout, les activités parascolaires ne sont pas là pour transformer les jeunes en champions olympiques, ni pour satisfaire les ambitions de leurs parents ou de leurs entraîneurs. Leur vraie raison d'être est de donner une occasion aux enfants de s'amuser de façon constructive et ça, il ne faut jamais l'oublier.

Jeanne Dompierre, rédactrice Canal Vie
Blaise Guillotte, rédacteur Canal Vie

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