Le doute insidieux

Le 24 mars 2015 par Josée Bournival

Il est 22h15. Je viens tout juste de coucher Blanche. Ma poulette a combattu le sommeil pendant presque 3h. Mon amoureux et moi n’y comprenons rien. Il est parti pour le travail dans les dernières minutes, tout aussi perplexe que moi. Notre benjamine n’a jamais vraiment agi de la sorte.

Mal de dents?

Début de rhume?

Anxiété?

Besoin de maman?

Je ne sais pas et en ce moment, je ne cherche pas la réponse. Je souhaite juste me glisser sous les couvertures pour dormir à mon tour.

Quelques minutes plus tard, alors que je dors du sommeil du juste, j’entends Simone qui pleure. Avec un grand soupir d’exaspération, je m’extirpe du lit et file vers la chambre de ma cocotte.

À mon arrivée, Simone se contente de chigner sans être capable de prononcer quoi que ce soit d’intelligible. J’essaye de me calmer, car je déteste me lever sans raison ou pour une raison du genre « mon gros orteil pique ». Ce qui est le genre de Simone-j’ai-tellement-d’imagination-que-je-peux-trouver-mille-raisons-farfelues-pour-voir-maman-en-pleine-nuit.

Je m’approche de ma fille en posant la main à plat sur le matelas. Je réalise soudainement que la pauvre cocotte a vomi dans son lit. Je vous épargne les détails, mais Simone dort toujours avec quelques jouets et les cheveux détachés. (soupir)

S’enclenche alors l’opération nettoyage : rassurer ma fille, la câliner, la nettoyer, changer le lit, refaire le lit, coucher Simone, apporter un plat en plastique au cas où elle vomirait de nouveau, penser à attacher ses cheveux pour leur éviter un autre shampooing de vomi, partir une brassée immédiatement au sous-sol, car je ne veux pas que l’odeur s’imprègne dans les tissus, laver au passage la crinière d’une pouliche qui n’a plus rien de magique, se dire que la prochaine fois qu’on mangera des feuilles d’algue ça risque d’être difficile de ne pas repenser à cette nuit folle, etc.

Pratiquement une heure plus tard, je retourne me coucher. Je ne sais pas exactement combien de temps j’ai mis à m’endormir, mais j’ai eu l’impression de simplement cligner des paupières avant d’entendre un grand haut-le-cœur qui m’a fait accourir de nouveau au chevet de ma fille.

Reprise du grand nettoyage. (soupir)

Quand, à 4h du matin, Blanche a décidé que sa nuit était terminée, je vous jure que j’ai sérieusement songé à fondre en larme. J’étais épuisée.

Vous avez probablement toutes déjà vécu une nuit semblable. Si je prends la peine de vous raconter la mienne, c’est pour illustrer un phénomène qui me trouble chaque fois que je fais le choix d’avoir un nouveau bébé. Il y a toujours de ces évènements qui me font douter. Un moment d’angoisse où je me dis qu’un enfant de plus serait illusoire. Que je suis déjà chanceuse d’avoir les 3 filles que j’ai. Un évènement qui me fait douter sur ma capacité à survivre à l’agrandissement de ma famille.

En même temps, je trouve toujours sain de se remettre en question, de se questionner sur les choix qu’on fait, de se faire l’avocat du diable. On dirait que la vie m’envoie toujours de petites épreuves familiales pour me demander de valider si je souhaite vraiment être de nouveau enceinte.

Malgré les embûches, les cernes et les doutes, madame la vie, je vous réponds : oui, je suis prête!

Et vous? Avez-vous des doutes à l’occasion sur votre choix de retomber enceinte? Avez-vous peur de ne pas être à la hauteur? Qu’est-ce qui vous fait le plus peur?

neige - Le doute insidieux

Je suis tellement choyée d'avoir trois filles en santé. J'en remercie la vie, chaque jour.

Les blogues Famille

Derniers billets

St-Patrick et les trois patates

Le 14 mars 2017 par Mme Carrée

Bonne fête des Mères!

Le 06 mai 2015 par Marie-Michelle Garon

Mon dernier billet...

Le 04 mai 2015 par Saskia Thuot

Le mot de la fin

Le 28 avril 2015 par Josée Bournival

Chez Schwartz

Le 23 avril 2015 par Marie-Michelle Garon

Archives

Vous aimerez aussi