Sommeil difficile chez un enfant de deux ans

Auteur
Geneviève Harbec

Le fils de Lisa est âgé de 2 ans, il se réveille 1 à 2 fois par nuit.  Le sommeil a toujours été difficile pour lui, alors les parents sont fatigués eux aussi.  Comment favoriser un bon sommeil chez notre enfant?

Un problème fréquent

On estime à 20 % les parents qui mentionnent des difficultés de sommeil chez leur enfant lors de la visite chez le pédiatre. J'ai moi-même reçu plusieurs questions portant sur la difficulté à s'endormir, les réveils multiples la nuit, le refus de faire la sieste et ce, pour des enfants de tous les âges.

Ne pas culpabiliser inutilement

Comme parent, on a souvent l'impression que seul notre enfant dort mal, et que si on était plus constant et rigoureux, la situation serait réglée. La culpabilité n'est jamais bien loin.

Dans ma quête pour aider mes enfants à mieux dormir j'ai tout de même lu quelques livres, assisté à des conférences, consulté collègues et amies ayant de jeunes enfants et aussi des enfants devenus adolescents. Tout cela avec un succès mitigé. J'ai tout de même appris à avoir de attentes réalistes, ignorer la pression sociale que l'on peut parfois ressentir et cesser de me culpabiliser. C'est donc avec humilité et beaucoup de compréhension que je vous offre quelques pistes....

Apprendre à s'endormir seul

L'objectif ultime pour le sommeil des bébés et des jeunes enfants est qu'ils apprennent à s'endormir seul. Il est normal pour tout le monde, comme c'est le cas de votre fils, de se réveiller quelques fois durant la nuit. Ce qui pose problème est lorsque l'enfant n'arrive pas à se rendormir seul. Par exemple, s'il est habitué de s'endormir dans vos bras ou en buvant du lait, il demande la même situation à chaque réveil.

Troquer l'eau pour du lait

Une des premières choses que je peux vous suggérer, est d'offrir de l'eau (dans un verre à bec, par exemple) plutôt que du lait comme le demande votre fils. À deux ans, il est certain qu'il ne comble pas un besoin nutritionnel.  Certains enfants cessent de demander, puisqu'ils ne reçoivent que de l'eau.

Angoisse de séparation

Le moment du sommeil est vu comme une séparation pour l'enfant, ce qui peut causer de l'anxiété chez plusieurs d'entre eux. C'est pour cette raison que les difficultés de sommeil augmentent à l'âge de 7 à 10 mois (moment où l'enfant vit beaucoup d'anxiété de séparation), entre 18 et 24 mois (phase d'opposition) et aussi lors de changements importants pour l'enfant comme l'entrée à la garderie par exemple.

Un objet rassurant

Les enfants qui vivent le mieux le moment du sommeil sont souvent ceux qui se sont attachés à un doudou ou toutou qui les rassure et les console en l'absence des parents. Certains enfants choisissent eux-mêmes cet objet. Si ce n'est pas le cas, vous pouvez en choisir un pour votre bébé et ce dès sa naissance. Il faut alors garder le doudou choisi près de l'enfant lors du dodo, mais aussi lors des boires et des périodes de jeux, pour favoriser le lien réconfortant. J'ai moi-même tenté cette expérience avec ma fille, mais avec peu de succès.

En lisant l'auteure Martello (2007) je me rends compte que je n'ai peut-être pas démontré assez d'insistance. Elle suggère ce truc même pour des enfants plus vieux, comme votre fils, les parents utilisent de doudou choisi pour aider leur enfant à se rendormir, en l'encourageant à se consoler avec.

Quelques trucs de base pour favoriser un bon sommeil...

  • Les experts du sommeil suggèrent qu'on prenne l'habitude de déposer le jeune bébé éveillé dans son lit pour qu'il s'endorme sans aide et ce pour la nuit comme pour les siestes.
  • Pour les bébés qui ont l'habitude de s'endormir avec le biberon ou au sein, donner le bain après le boire pour pouvoir les coucher encore éveillés.
  • Adopter une routine de coucher qui est stable, prévisible et répétitive (Martello, 2007).
  • Réduire les stimuli après le souper : activités calmes, fermer des lumières, éviter les écrans de toutes sortes (télé, jeux vidéo,  etc.).
  • Éviter d'attendre que bébé soit trop fatigué pour le coucher, il ne dormira pas mieux, mais risque d'être plus agité et plus irritable.
  • Les deux parents devraient participer à la routine du coucher pour que l'enfant soit confortable avec l'un ou l'autre.
  • Offrir à l'enfant l'oreiller du parent ou un vêtement (pyjamas)  à l'enfant.

Trouver la méthode qui vous convient

Quand notre enfant ne dort pas bien il existe plusieurs méthodes pour remédier à la situation, selon son âge. Malheureusement, je ne peux pas toutes les décrire en détails ici. Je vous suggère quelques titres un peu plus bas pour approfondir ces approches.

Peu importe l'ouvrage ou le professionnel que vous consulterez, vous verrez que certaines options vont vous sembler inadéquates pour votre famille. Ce qui peut convenir à certains est impensable pour d'autres. Laissez-vous le choix, respectez vos valeurs. Personnellement, je me méfie des méthodes qui affirment catégoriquement  que cela fonctionne en 3 jours absolument ou qu'aucun enfant ne pleure plus qu'un certain nombre de minutes. Il faut s'armer de patience...la situation ne se règlera pas en 2 ou 3 jours, et il y aura certainement des protestations de la part du petit.

Quelques méthodes en bref :

  • Le 5-10-15, on laisse bébé dans son lit même s'il pleure et on le visite pour le rassurer en espaçant notre courte présence toute les 5-10-15 minutes et ainsi de suite.
  • La chaise, pour les enfants un peu plus vieux  qui réclament notre présence, on s'assoie sur une chaise plutôt que de se coucher dans le lit et on éloigne la chaise du lit au fil des jours.
  • Certains parents choisissent de laisser l'enfant s'endormir dans le lit des adultes et le transfèrent dans son propre lit par la suite.
  • Les calendriers de motivation peuvent fonctionner, comme pour l'entrainement à la propreté, encore une fois vaut mieux donner de petites récompenses à la fois.
  • Médication et produits naturels favorisant le sommeil, certains professionnels, comme votre pédiatre, suggèrent le Bénadryl ou le Gravol, si vous vous sentez à l'aise avec cette option. Les produits naturels le plus souvent conseillés sont la valériane et la cataire. Attention certains extraits de plantes contiennent de l'alcool, ils sont donc à éviter pour les enfants. Je vous suggère de consulter un spécialiste, comme un naturopathe par exemple, si vous souhaitez vous tourner vers ces produits. Toutes ces options devraient être pour une courte durée seulement.

En terminant, aussi prometteuse que puisse vous sembler chaque méthode, il faut l'essayer avec constance pour voir si elle convient à votre enfant. La pharmacie près de chez moi offrait la consultation gratuite avec un naturopathe, qui m'avait conseillé d'essayer la cataire plutôt que la valériane, pour aider mon fils à s'endormir. Notre expérience a été très brève. On doit donner quelques gouttes d'extrait de plante dans une gorgée d'eau. Mon fils de 2 ans a tout de suite senti qu'il y avait « quelque chose » dans l'eau. Comme je ne crois pas au mensonge, je lui expliqué que c'était « de la plante qui aide à faire dodo » (bon, il avait 2 ans...). Il m'a regardée comme si j'essayais de l'empoisonner!!! Je ne l'ai pas forcé bien sûr, malgré mes essais plusieurs soirs en file, il n'en a jamais bu.

Voici quelques lectures  (ces ouvrages suggèrent aussi d'autres titres) :

  • Martello, E., (2007), « Enfin je dors...et mes parents aussi » Éditions du CHU Sainte-Justine, Montréal.
  • Pantley, E., (2005), « Un sommeil paisible et sans pleurs » Éditions AdA.

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