Pour éviter la dépression postpartum

La dépression postpartum est un problème de santé mentale sérieux qu’il ne faut surtout pas sous-estimé. Il s’agit d’une dépression qui peut avoir de graves répercussions sur la vie de la mère et de l’enfant.
En Amérique du Nord, le taux de dépression postpartum est en augmentation considérable. Entre 1981 et 2011, le pourcentage de femmes diagnostiquées est passé de 13,6 à 19,6 %, soit presque une mère sur cinq. La situation est alarmante, mais existe-t-il des moyens de prévenir la dépression postpartum?

Qu’est-ce qu’un postpartum?

Contrairement à un baby blues, qui est un mal-être passager qui ne dure que de deux à sept jours et qui disparaît sans trop de difficulté, la dépression postpartum est une maladie qui peut durer plusieurs mois et avoir de graves conséquences si elle n’est pas prise en charge par un médecin. De plus, le baby blues n’affecte pas la relation mère-enfant à l’inverse de la dépression postpartum qui peut entraîner des troubles importants d’attachement. Au-delà des idées noires, voire violentes, que la mère peut ressentir envers son bébé, le postpartum rend celle qui en est affectée incapable de répondre aux besoins de l’enfant.

Le baby blues survient entre le troisième et le dixième jour après l’accouchement, la véritable dépression survient plutôt entre le deuxième et le dixième mois après la naissance. Le postpartum implique les mêmes symptômes qu’une grave dépression : une humeur triste, un sentiment de dévalorisation, de désespoir et des troubles importants du sommeil. Dans le cas d’une dépression postpartum, ces symptômes sont souvent accompagnés d’un sentiment de culpabilité et de honte de la part de la mère.

De plus, elle ressent parfois un manque total d’intérêt et de tendresse à l’égard de son bébé. Ces changements peuvent avoir des répercussions significatives sur le développement psychologique du bébé.

Comment prévenir la dépression postpartum?

Malheureusement, bien souvent la dépression postpartum est diagnostiquée trop tard alors que la mère est en grande détresse. Les nouvelles mamans, étant souvent seules avec leur enfant, ont honte de leurs sentiments à l’égard de leur bébé. Elles ne comprennent pas pourquoi elles sont si malheureuses dans une étape de leur vie qui devrait être associée au bonheur. Elles sont donc moins portées à se confier à leur entourage par peur d’être jugées.

De plus, puisque les nouvelles mères manquent de sommeil, elles sont pour la plupart très fatiguées. Bien souvent, les proches ne se doutent pas que quelque chose de plus grave se cache derrière l’épuisement de ces mères. Dans certains cas, il existe des façons de prévenir la dépression postpartum pendant la grossesse et après l’accouchement.

Pendant la grossesse

Antécédents dépressifs

Les mères qui ont déjà vécu une dépression avant ou pendant leur grossesse sont plus vulnérables que les autres et sont plus à risque de faire un postpartum. Il est donc important de surveiller une future maman pendant sa grossesse. Dès l’apparition de symptômes tels que l’insomnie, des crises d’angoisse ou des fluctuations dans l’humeur, il est essentiel de prendre psychologiquement en charge la mère. 

De plus, pendant la grossesse, les femmes vivent des fluctuations hormonales extraordinaires. Pour certaines d’entre elles, la grossesse représente un défi pour leur santé mentale : de 6 à 8 % des femmes dans la population sont plus sensibles à ces débalancements hormonaux et doivent être plus vigilantes. 

Consultations prénatales

Les consultations psychologiques pendant la grossesse sont une bonne manière de dépister une prédisposition à la dépression postpartum. À titre d’exemple, une dépression postpartum peut être déclenchée lorsqu’une grossesse n’a pas été désirée ou lorsque des problèmes sont survenus chez le bébé ou chez la mère pendant la grossesse.

Les consultations prénatales sont l’occasion d’aborder des questions sur la mère, les changements de son corps, de son environnement affectif, de sa vie professionnelle, etc. Elles permettent également de savoir si la future mère est bien entourée, si sa condition économique n’est pas précaire ou encore, si elle vit des événements stressants tels qu’un deuil ou une rupture. Une femme enceinte qui présente des symptômes d’une dépression ou de déprime pendant la grossesse a de grandes chances de développer une dépression postpartum si elle n’est pas prise en charge par un médecin.

Faire le plein d’Oméga-3

Selon une récente recherche menée par Dr Gabriel Shapiro et une équipe de chercheurs de l'Université de Montréal et du Centre de recherche du CHU Ste-Justine, les mères pourraient plus facilement éviter une dépression postpartum en faisant le plein d’Omega-3. Selon Dr Shapiro « le taux d’Omega-3 chute naturellement pendant la grossesse, car les réserves dont la future maman dispose sont transférées au bébé. Et ces réserves continuent d’être au plus bas pendant les six semaines qui suivent l’accouchement. » En consommant au moins 150g de poisson gras par semaine, les femmes enceintes pourraient gagner à augmenter leur apport en Oméga-3 et ainsi diminuer leur risque de développer une dépression postpartum.

Après l’accouchement

Briser l’isolement

Afin de prévenir une dépression postpartum, il est essentiel d’être bien entouré. En Amérique du Nord, contrairement à plusieurs pays d’Amérique du Sud, d’Europe et d’Asie, les femmes se retrouvent seules avec leur enfant suite à leur accouchement. Le réseau social et le soutien familial sont moins au rendez-vous qu’ailleurs dans le monde. Cette solitude représente un facteur considérable dans l’augmentation des dépressions postpartum en Amérique du Nord. Il est donc primordial pour une nouvelle mère d’être entourée et aidée après la naissance afin qu’elle puisse se reposer et être en mesure de bien s’occuper de son enfant.

Mieux dépister la dépression postpartum

Les intervenants de la santé et l’entourage des nouvelles mères ont malheureusement tendance à minimiser les souffrances de ces dernières et à banaliser leur fatigue. Bien souvent le diagnostic de dépression postpartum et l’aide médicale appropriée surviennent trop tard.

Dr Marie-Josée Poulin, psychiatre à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec, soutient que « la dépression post-partum fait partie des complications psychiatriques périnatales autour desquelles il existe encore beaucoup de méconnaissance et de confusion ». Elle est donc bien souvent mal diagnostiquée. Plus la dépression est détectée tôt, plus le traitement sera efficace.

Ressources utiles

Réseau des centres de ressources périnatales au Québec

Les Relevailles est un organisme communautaire de Québec qui vient en aide depuis 30 ans aux nouvelles familles et tout spécialement aux mères qui traversent une dépression postpartum.

Sabrina Hammoum, rédactrice Canal Vie
 

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