Le Syndrome de la mort subite du nourrisson...

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Mères et cie

Lorsque notre petit ange vient au monde, on donnerait tout afin qu'il grandisse heureux et en santé. Le syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN) est un évènement effroyable que l'on craint et dont on évite trop souvent de parler. Comme si cela pouvait en éloigner le risque par magie! Bien que cette triste fin de vie prématurée survienne souvent de manière inexpliquée, il existe des facteurs de risque pouvant la favoriser. En voici un survol. Vous pourrez ainsi faire tout ce qui est en votre pouvoir pour favoriser un sommeil paisible et réparateur pour votre poupon... et pour vous par la même occasion!

Le SMSN???

Le syndrome de la mort subite du nourrisson est défini comme le décès soudain d'un jeune enfant, inattendu du point de vue de son histoire et demeurant inexpliqué malgré les examens réalisés après la mort. L'autopsie complète est indispensable au diagnostic, car elle permet de différencier les morts subites explicables et les morts subites inexpliquées (ni l'étude des antécédents, ni l'autopsie ne permettent de retrouver une cause évidente). La mort est toujours silencieuse : elle n'est précédée d'aucuns cris, d'aucuns pleurs.

Quelques statistiques

L'incidence de la MSN varie entre 1 et 3 % des naissances vivantes à un an de vie. Ce pourcentage est à la baisse depuis 1994, possiblement en lien avec l'établissement des facteurs de risques. Aujourd'hui, le nombre de morts subites est ainsi de moins de 1 pour 2 000 naissances. À l'âge de prédilection de la MSN, il se produit une multitude de changements concernant notamment les rythmes de veille et de sommeil, l'alimentation, les relations psychoaffectives avec l'environnement, les mécanismes de défense contre l'infection, etc.

Facteurs propres à l'enfant

Le risque est plus élevé entre l'âge de 2 et 4 mois, chez les garçons et chez les bébés de petit poids à la naissance (moins de 1800 g). Il est donc augmenté chez les prématurés, les naissances multiples et les cas d'hospitalisation néonatale.

Facteurs familiaux et risques de récurrence

Le risque de récurrence du phénomène est de 2 à 10 fois plus élevé selon les études, mais a été surestimé. Il est toutefois de 2 à 4 fois plus élevé chez le bébé jumeau d'un nourrisson décédé du SMSN, surtout chez les bébés pesant moins de 2000 g à la naissance. Le jumeau sera donc hospitalisé et mis sous surveillance quelques jours par prévention.

Facteurs socioéconomiques

Ceux-ci sont controversés. Le risque serait plus élevé chez les jeunes mères célibataires de classe sociale défavorisée et de fécondité élevée.

Circonstances favorisantes

Le SMSN apparaîtrait le plus souvent lorsque bébé est couché sur le ventre, l'hiver, les jours suivants une privation de sommeil, à la suite d'une modification du rythme de vie habituel, d'infections de voies respiratoires supérieures ou encore de la prise de certaines médications.

Causes propres à l'individu

  • Infectieuses : coqueluche, infections bactériennes
  • Digestives : Reflux gastro-oesophagien (RGO)
  • Respiratoires : malformations et obstructions
  • Cardiaques : malformations, infections et troubles du rythme cardiaque
  • Neurologiques : Méningites, crises épileptiques
  • Accidents/traumatismes
  • Métaboliques : Hypoglycémies, hypocalcémies, anomalies enzymatiques
  • Diverses : Hyperthermie majeure, déshydratation, choc anaphylactique (réaction allergique grave)

Causes environnementales

Les causes environnementales de la MSN sont diverses. Même s'il reste encore quelques zones d'ombres, on peut de mieux en mieux les identifier :

  • La suffocation : le visage pris dans un oreiller, une couverture, un tour de lit ou une peluche, l'enfant ne parvient plus à respirer. Aussi produite lors de reflux.
  • Le tabagisme : qu'il s'agisse du tabagisme de la future mère enceinte ou du tabagisme passif auquel est ensuite soumis l'enfant. Le risque de SMSN est multiplié par 2 lorsque l'un des parents fume.
  • L'hypothermie : La température du bébé chute en dessous des 35 °C.
  • L'hyperthermie : Une poussée accrue de fièvre, un enfant trop couvert et non libre de ses mouvements.
  • Une mauvaise position de sommeil : La position sur le ventre augmente le risque de suffocation.

La vaccination contre la coqueluche

La relation entre la vaccination contre la coqueluche et le SMSN a donné lieu à de nombreuses discussions. Bien entendu, il n'est pas question d'imputer aux vaccinations tous les cas de SMSN. Il existe toutefois un lien de cause à effet entre le temps d'injection du vaccin et la MSN, démontré par plusieurs études scientifiques indépendantes. Les vaccinations données à 2 et 4 mois seraient les plus à risques.

Conduite à tenir face au SMSN

Il est impératif pour tout jeune parent de connaître les manoeuvres de réanimation pour nourrisson. Ces techniques vous sont souvent enseignées lors de vos cours prénataux et lors de votre séjour à l'hôpital dans les heures qui suivront la naissance de l'enfant. Si tel n'est pas le cas, vous pouvez vous informer auprès du CLSC de votre région et vous inscrire à une petite formation. La première minute de réanimation est cruciale pour un nourrisson. C'est donc la première chose à faire lorsque l'on retrouve son petit ange en arrêt cardiorespiratoire. Il faut ensuite rapidement contacter les secours.

Les parents doivent avoir recours à une prise en charge médicale et psychologique pour se déculpabiliser. La mort subite du nourrisson est un drame, non seulement pour les parents, mais aussi pour les autres membres de la famille. Médecins, psychologues, entourage peuvent les aider à assumer leur deuil.

La prévention

En connaissant les facteurs de risques et les causes favorisant la MNS, il est plus facile de mettre toutes les chances de votre côté.

  • Veillez à ce que votre bébé dorme bien sur le dos ou le côté;
  • Veillez à ce que son visage soit bien dégagé quand il dort;
  • Enveloppez-le d'un surpyjama ou d'une gigoteuse de la bonne taille afin qu'il puisse réguler sa température tout en respirant librement et évitez les couvertures pesantes et en surnombre;
  • Évitez les cordes, rubans ou chaînes retenant les tétines;
  • Évitez de laisser un espace entre le bord du lit et le matelas;
  • Évitez les coussins, les oreillers, les contours de lit, les peluches et autres parures;
  • Faites-le dormir dans une chambre dont la température oscille en 18 °C et 20 °C;
  • Ne l'exposez pas à la fumée de cigarette.

Et le monitorage?

Depuis quelques années une nouvelle génération d'appareils de surveillance est sur le marché. Il s'agit d'une plaque que l'on met sous le matelas de l'enfant. Une sonnerie retentit si l'appareil ne capte pas les mouvements respiratoires de l'enfant après 20 secondes. Attention toutefois : même s'il est vrai que la sonnerie réveille souvent l'enfant, elle ne le réanime pas s'il y a SMSN. C'est le parent qui doit se déplacer rapidement sur les lieux et tenter les manoeuvres de réanimation. Il faut aussi être conscient que les enfants ont parfois un rythme respiratoire irrégulier sans être anormal. Cela peut donc déclencher la sonnerie de l'appareil, mais ne doit pas générer un stress supplémentaire.

Et le co-dodo?

Encore là, il ne s'agit pas d'une solution parfaite et il faut prendre en considération les deux côtés de la médaille avant de l'adopter...

Pour

  • Favorise l'allaitement naturel des poupons.
  • Renforce le lien avec le bébé et diminuerait ses angoisses. Le sommeil du bébé serait donc de meilleure qualité grâce à cette pratique.
  • Augmente la qualité du sommeil de maman puisqu'elle se lève moins souvent.

Contre

  • Risque d'étouffement de l'enfant par un des conjoints (notamment s'ils prennent des somnifères) ou par les éléments du lit (oreiller, couette...).
  • Danger de chute du lit des parents, d'emprisonnement entre les éléments du lit (entre matelas et sommier ou tête de lit...)
  • L'hyperthermie si bébé est trop couvert. À cela, peuvent s'ajouter les risques de tabagisme passif si les parents fument dans la chambre.

Que faire alors?

Si vous désirez adopter le co-dodo, je vous suggère d'opter pour l'achat d'un berceau spécial conçu à cet effet qui se met directement sur le lit des parents ou se fixe sur le côté. Vous pouvez également dormir avec bébé uniquement lorsque celui-ci est malade. Vous devez toutefois respecter les consignes de prévention mentionnées ci-dessus.

Emmanuelle Grondin
Maman chiropraticienne à Sherbrooke

 

Cet article est une gracieuseté de Mères et Cie

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