La circoncision : les avantages et les inconvénients

Au Québec, la circoncision est de moins en moins en vogue. Seulement 3 % des Québécois seraient circoncis. La Société canadienne de pédiatrie ne recommande d'ailleurs pas sa pratique systématique sauf pour des raisons médicales. Cela dit, au moins 4 études récentes, réalisées en Afrique, en France et aux États-Unis, font ressortir certains avantages liés à la circoncision, en l'occurrence en ce qui a trait à la propagation de maladies vénériennes.

Avantages et inconvénients

Mais est-ce une raison suffisante pour faire circoncire votre fils? Voyons les avantages et les inconvénients d'une telle pratique.

Tout d'abord, il faut savoir que la majorité des gens qui choisissent la circoncision le font pour des raisons culturelles, religieuses et/ou hygiéniques ou parce que le père est circoncis (identification physique au père). Rares sont ceux qui prennent leur décision en fonction de la santé. Cette pratique ancestrale a ses défenseurs et ses détracteurs. D'ailleurs, même si la Société canadienne de pédiatrie ne fait aucune recommandation spécifique qui encourage ou justifie l'intervention, elle ne peut se permettre non plus de la condamner. Chacun des « camps » appuie ses convictions sur des études et des avis de professionnels.

Enfin, il est bon de noter que l'assurance maladie canadienne ne couvre pas les frais qui y sont liés, sauf si un urologue ou le médecin traitant le jugerait nécessaire.

Les avantages

Selon les études mentionnées plus haut, les principaux avantages médicaux de la circoncision seraient les suivants :

 

- Une étude américaine a prouvé que la circoncision diminuerait de presque 60 % la probabilité pour les hommes d'être infecté par le VPH et protégerait les hommes de l'herpès et du virus du papillome humain.

- Une étude africaine a fait la preuve que la circoncision réduirait les risques de contracter le sida. Les cellules du prépuce seraient en effet sensibles au VIH. Cette étude a été menée sur un large échantillon de population au Kenya, en Ouganda et en Afrique du Sud. Les résultats, concluants, ont d'ailleurs mené l'OMS à inclure la circoncision des hommes adultes dans un son programme de prévention de propagation du SIDA en Afrique subsaharienne. Attention toutefois, la circoncision n'est en aucun cas une protection valable contre le sida.

- La circoncision diminuerait d'environ 12 fois les risques d'infections urinaires chez le nourrisson. Or, 0.7 %  des bébés sont hospitalisés dans leur première année à cause d'une infection urinaire.

- La circoncision diminue légèrement le risque de cancer du pénis, une forme de cancer toutefois extrêmement rare.

- L'épaississement du revêtement cutané du gland à la suite de la circoncision réduirait les problèmes d'éjaculation précoce, même si ce trouble résulte davantage de causes psychologiques que physiologiques.

Les inconvénients

 

- 2 à 3 % des enfants circoncis vivent des complications chirurgicales (infections, nécrose, saignements abondants ou hémorragie, asymétrie du prépuce restant, adhérences, traumatisme chirurgical, extraction d'une trop grande surface de peau, mauvais résultats de la circoncision qui demandent une autre opération...).

- L'opération demeure une intervention relativement souffrante pour les bébés, même si un mythe persiste selon lequel les nouveaux nés seraient moins sensibles à la douleur. Il faut être conscient que votre enfant aura mal lors de l'intervention et dans les jours qui suivent.

- Comme le prépuce réduit le contact du gland avec les selles et l'urine, l'enfant circoncis ne dispose pas de cette protection et il peut donc être nécessaire de changer plus fréquemment les couches du bébé, du moins dans les jours qui suivent l'intervention. Après quelques jours, la peau qui recouvre le gland se durcit.

- Certains hommes se plaignent, à la suite d'une circoncision, d'une perte de plaisir lors de la masturbation, surtout lorsque le plaisir provient du frottement du prépuce sur le gland. Certains hommes circoncis affirment aussi que le prépuce étant très sensible, rempli de nervures, une fois retiré, ils ressentiraient moins de jouissance.

- À la suite de la circoncision, il peut s'ensuivre une diminution de lubrification du gland lors de la pénétration, ce qui est davantage un inconvénient pour la/le partenaire que pour l'homme lui-même.

Quand la circoncision est-elle nécessaire?

 

Il arrive que pour des raisons médicales, votre enfant ait besoin d'être circoncis. En général, le prépuce se rétracte chez la majorité des garçons avant l'âge de 8 ans. Si, vers 3-4 ans, vous remarquez que ce n'est pas le cas pour votre fils, vous devriez consulter un professionnel. Il est fréquent que le médecin lui prescrive une crème à base de cortisone pour aider à la dilatation. Il faut appliquer cette crème plusieurs fois par jour et après quelques mois, les résultats sont probants dans 90 % des cas. D'autres bambins peuvent cependant vivre quelques complications...

Pour qui?

 

- Certains garçons qui possèdent un anneau préputial particulièrement étroit qui empêche de découvrir le gland (les 10 % des enfants sur lesquels la crème n'aura pas fonctionné.)

- Il se peut aussi qu'en voulant dilater le prépuce de façon forcée et vigoureuse, l'enfant ou l'adulte responsable ait engendré ce qu'on appelle un phimosis cicatriciel qui empêche toute éventuelle dilation naturelle. Il ne faut jamais forcer les choses ou causer de la douleur à votre bébé en essayant de « baisser » le prépuce.

- Un enfant dont le sillon du prépuce est infecté.

- Un enfant qui vit des infections répétitives du gland.

- Un garçon qui possède un prépuce anormalement long.

- Un garçon ayant de la difficulté à uriner en raison d'un rétrécissement du prépuce.

En conclusion

Que vous optiez pour la circoncision ou non, si vous avez des questions, n'hésitez pas à en parler au pédiatre de votre enfant avant de prendre votre décision, pour être parfaitement au courant des risques et des soins à apporter à votre fils après l'intervention.

De plus, il faut être conscient que l'assurance maladie ne remboursera pas l'intervention, sauf si elle est recommandée pour une raison médicale.

Enfin, ceux qui choisissent de pratiquer la circoncision pour des raisons religieuses ou culturelles devraient aussi savoir que passé l'âge de 2 ans, il est très rare qu'un médecin accepte de circoncire un garçon sans anesthésie générale. Quant aux rabbins et autres responsables religieux qui pratiquent la circoncision, ils n'accepteront généralement de le faire que pour les membres de la communauté. Ainsi, si vous souhaitez faire circoncire votre fils pour des raisons personnelles autres que religieuses, vous devrez payer « le prix fort », qui varie entre 200 et 700 $, selon les hôpitaux et l'âge de l'enfant.

 

Cet article a été révisé par Geneviève Harbec, cadre conseil pour le secteur de la pédiatrie au Chu Sainte-Justine.

 

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