Choisir ses couches : lavables ou jetables?

Bébé en couche

À une certaine époque, la question ne se posait même pas : les couches jetables n'étaient tout simplement pas une option. En effet, pour M. et Mme Tout-le-monde, jusqu'à l'introduction des Pampers dans les années 60, les couches étaient toutes lavables! Après une prédominance des couches jetables pendant quelques décennies, les couches lavables, version améliorée, font pourtant un grand retour. Et ne cessent de reprendre en popularité, que ce soit pour des raisons économiques ou écologiques. Pourquoi choisir l'une ou l'autre? Faisons le point.

Une petite histoire des couches

Le concept de couche n'est pas si ancien qu'on pourrait le penser. Pendant des milliers d'années, les humains ont utilisé des protections sommaires, par exemple des feuilles ou des peaux d'animaux. Dans les climats tropicaux, les bébés étaient habituellement nus tandis que dans les climats plus froids, ils étaient souvent emmaillotés; ces tissus servaient autant à immobiliser et à réchauffer le bébé qu'à absorber ses excréments.

Les véritables couches sont apparues au début du 19e siècle; on utilisait des bande de coton ou de lin attachées avec des épingles. Il semblerait qu'au départ, les couches n'étaient pas souvent lavées, mais simplement séchées avant d'être réutilisées! Différentes améliorations ont été apportées aux couches lavables avec le temps : dans les années 1940, une culotte anti-fuites, initialement faite à partir d'un rideau de douche, a été breuvetée. Puis dans les années 50 sont apparues les bandes de tissu pré-pliées et cousues. Ces dernières étaient plus confortables et absorbantes que les rectangles traditionnels, puisqu'elles plaçaient plus de matière absorbante au milieu.

Les couches jetables sont apparues dans les années 40, en Suède. Comme matière absorbante, celles-ci utilisaient des épaisseurs de feuilles de cellulose, donc plus près du papier que du tissu. Pouquoi pas du tissu? Tout simplement parce que le coton, ainsi que plusieurs autres textiles, étaient requisitionnés pour l'effort de guerre.

Pourtant, jusqu'au lancement des Pampers, les couches jetables étaient très chères et rares, donc fort peu utilisées. L'arrivée sur le marché de masse de cette grande marque américaine toujours d'actualité a rapidement tout changé, par contre. Au lieu des feuilles de papier, les Pampers utilisaient de la pulpe de cellulose, ce qui les rendaient beaucoup plus absorbantes.

Leur adoption a par la suite été très rapide : en 1970 aux États-Unis par exemple, les couches jetables comptaient pour 0,4 % des déchets domestiques se retrouvant dans les sites d'enfouissement. En 2006, c'était plutôt 2,1 %, c'est-à-dire plus de 5 fois plus.

Les couches jetables

Leur plus grand avantage, c'est leur côté pratique. Puisqu'on les jette après usage, il n'y a aucune manipulation. Elles sont également en vente partout; aucun souci d'approvisionnement. Elles s'emportent et se rangent facilement.

De plus, elles sont plus minces que la plupart des couches lavables, ce qui rend parfois l'habillage et le déshabillage plus facile et donne une plus grande liberté de mouvement au bébé. Les couches jetables super-absorbantes permettent habituellement de garder bébé plus au sec plus longtemps.

Leurs désavantages? Leur empreinte environnementale, bien sûr. Une fois propre, chaque enfant aura généré 820 kilos de déchets, incluant de nombreux arbres et plusieurs kilos de pétrole brut. Le gros problème des couches jetables est qu'elles se décomposent très lentement; il faudra proablement 500 ans avant que les couches de bébé disparaissent de la surface de la planète.

Un autre désavantage tient à certains produits utilisés dans la fabrication des couches, par exemple le polyclate de sodium. Or, ce produit chimique est souvent à l'origine d'irritations et d'éruptions cutanées sur les fesses : un phénomène en croissance chez les tout-petits depuis l'apparition des couches jetables. Notez également que le polyclate de sodium est pointé du doigt dans l'apparition du choc toxique chez certaines utilisatrices de tampons hygiéniques. Rien de rassurant.

De plus, leur coût est plus élevé : il faut compter entre 2 000 $ et 2 500 $ pour vous procurer ces couches, de la naissance de bébé jusqu'au stade de propreté.

Les couches lavables

Faites de coton, de chanvre, de fibres de bambou ou de ratine de velours, elles laissent la peau de bébé respirer. Les couches lavables se sont énormément bonifiées depuis quelques années! Elles sont esthétiques, absorbantes et faciles d'utilisation.

L'érythème fessier est beaucoup moins fréquent avec ce type de couches. Et puisqu'elles sont plus inconfortables lorsque souillées, elles permettraient un apprentissage plus rapide de la propreté.

Notez que de plus en plus de municipalités ou M.R.C. québécoises versent une aide financière aux parents qui choisissent d'utiliser des couches lavables. Il vous suffit de vous informer auprès des autorités locales pour savoir s'il existe un programme dans votre coin. Dans certains cas, ces subventions permettent de couvrir jusqu'à la moitié de l'investissement de départ!

Mais les couches lavables ont aussi leurs désavantages. Dans un premier temps, il vous faudra consacrer du temps au lavage des couches. Il ne s'agit pas d'un investissement de temps majeur ni d'un système compliqué à gérer au quotidien, mais ça reste quand même d'un facteur dissuasif pour plusieurs personnes.

Certaines garderies les acceptent volontiers, mais ce n'est pas le cas de toutes. Il vaut évidemment mieux s'informer.

Un dernier point : même si elles ne prennent pas 500 ans à se désagréger, il est faux de croire que les couches lavables n'ont pas d'impact écologique. Même si les matériaux de base sont réutilisés contrairement aux couches jetables, l'utilisation d'une bonne quantité d'eau et d'électricité pour les laver ne les rendent pas pour autant carbo-neutres.

Leur coût est moins élevé : environ 500 $ sont nécessaires pour investir dans un kit de départ (ce peut être un peu moins et ce peut être un peu plus). Parfois, une même taille peut convenir durant toute la période des couches, tandis que d'autres devront être achetées en différentes tailles. Mais ce qui reste le plus intéressant pour ces couches : elles peuvent être utilisées pour plus d'un bébé! Les coûts, ainsi que l'empreinte écologique, peuvent donc être encore plus réduits à chaque enfant qui les porte.

Un compromis

Est-il nécessaire de choisir un camp et de s'y tenir à 100 %? Absolument pas! De nombreuses familles qui apprécient les couches lavables se servent quand même à l'occasion des couches jetables : lorsqu'elles partent en voyage, par exemple. Il est également possible, lorsque l'enfant commence la garderie, de lui laisser quand même porter des couches lavables à la maison.

Il existe même une autre option jetable, que ce soit à temps plein ou à temps partiel : quelques marques de couches biodégradables ont récemment fait leur apparition sur le marché québécois (Seventh Generation, Nature Babycare et Honest Company, entre autres). Fabriquées de pulpe de bois, de cellulose non blanchie et de polyacrylate (un polymère), elles ressemblent en tous points aux couches jetables. Elles sont également hypoallergéniques et particulièrement douces pour la peau de bébé. Elles sont évidemment plus dispendieuses que les couches traditionnelles (certaines plus que d'autres), mais les parents qui les utilisent ne jurent que par elles.

Il est évident que chaque méthode possède ses plus et ses moins... Donc, à vous de choisir! Mais autant pour les sous que pour l'environnement, l'option lavable est définitivement à considérer. Quitte à mélanger les deux systèmes!
 

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