Bébé en crise : que faire?

Parfois, sans que vous sachiez pourquoi, il semblerait que les maux de l'humanité toute entière s'abattent sur votre petit bébé. Il pleure, crie, hurle et devient parfaitement inconsolable. Quels sont les gestes à poser pour tâcher de le calmer? Et surtout, comment réagir quand le niveau des décibels mine également notre patience et qu'on se sent soi-même découragé, paniqué, agressif ou encore proche de la crise d'hystérie? Quelques pistes de solution...

Pourquoi bébé pleure-t-il?

Les jeunes enfants pleurent tout simplement parce que c'est l'unique moyen de communication dont ils disposent. Si quelque chose, quoi que ce soit, les dérange, ils vous le feront savoir par leurs cris. Bien sûr, certains bébés pleurent plus que les autres. Cela peut être dû à un problème indétectable (des coliques, des gaz, par exemple). Les coliques se font généralement sentir entre les premières semaines de vie et les 3 ou 4 premiers mois, et plus souvent en soirée. Ou encore, ce peut-être une une question de caractère. Eh oui, un enfant peut être caractériel dès sa naissance... Il faudra vous en accommoder!

Parmi les raisons principales des pleurs de votre bébé, il y a la faim, la soif, la fatigue, le besoin d'être porté ou stimulé, des douleurs bénignes, une couche souillée, la peur, ou encore d'être laissé au calme. Si vous avez consciencieusement vérifié tout cela et que la situation ne s'arrange pas ou même qu'elle empire (ça arrive fréquemment), alors il faudra prendre votre mal en patience et attendre la fin de la crise.

Comment le calmer?

Bon, vous pensez avoir déjà tout essayé : la couche de bébé est changée, ainsi que ses vêtements, il ne veut pas boire, ne veut pas être porté et encore moins être posé. Il s'égosille donc tout seul, dans sa chambre ou dans vos bras alternativement, et vous commencez à sentir la moutarde qui vous monte au nez. C'est parfaitement normal! Avant de paniquer et commencer à pleurer en choeur avec votre enfant, voici quelques autres trucs à essayer :

  • Tâchez de lui donner un bain, peut-être que le changement radical fera des miracles.
  • Chantez... Ce n'est pas pour rien qu'il existe des dizaines de chansons douces pour les bébés. Si vous n'en connaissez aucune, inventez au fur et à mesure, votre enfant n'y verra que du feu.
  • Attachez bébé dans son siège-auto et allez conduire quelques kilomètres, parfois, il suffit de 5 minutes pour que votre enfant dorme à poings fermés.
  • Placez bébé dans sa poussette ou son porte-bébé et sortez faire le tour du bloc. Oui, oui, même s'il fait déjà nuit. Un peu d'air frais ne pourra que vous faire du bien à tous les deux.
  • Essayez les techniques de massage que vous avez apprises au cours postnatal. Ça fonctionne vraiment! Avant trois 3 mois on pourra essayer la technique des 5S

Comment SE calmer?

Si rien ne marche et que votre bébé continue à pleurer comme s'il cherchait à expulser ses poumons, il est fort possible que vous soyez vous-même sur le point d'exploser. Bien que très répandu, ce sentiment est souvent source de culpabilité chez les nouveaux parents. En effet, vous avez peut-être l'impression que vous êtes un mauvais parent, que vous ne comprenez pas votre enfant et ne savez pas comment le calmer et en prendre soin. Qui plus est, la fatigue accumulée, associée aux changements hormonaux et au stress peut souvent être à l'origine de détresse, de crises de nerfs et/ou de panique... Parfois, il est nécessaire de prendre un peu de recul, avant d'exploser.

Dans le cadre du programme de prévention du syndrome bébé secoué, certains hôpitaux abordent le sujet avec les nouveaux parents. Par exemple :

  • Comment reconnaître la colère qui monte;
  • Quels sont les pleurs « normaux » du nouveau-né;
  • Penser à 1 ou 2 personnes à qui on pourra demander de l'aide ou se confier.
  • Prévoir à l'avance 2 -3 stratégies pour se calmer lorsque la situation se produira.

En termes de stratégie on pourrait penser aux astuces suivantes par exemple :

  • Assurez-vous que bébé soit sécurité (dans son lit, par exemple) et sortez quelques minutes sur le balcon. Profitez-en pour pratiquer les techniques de respiration apprises dans votre cours de yoga (par exemple). L'idée est de faire le vide afin de recharger un peu vos batteries.
  • Demandez à quelqu'un de venir vous aider (conjoint, parent, etc.). Peut-être bébé ne s'arrêtera-t-il pas de pleurer, mais vous pourrez relaxer dans une autre pièce sans culpabiliser.
  • Mettez votre chanson préférée dans votre lecteur DVD et tâchez de chanter assez fort pour couvrir les cris de votre enfant... C'est absolument libérateur!
  • Si vous sentez venir la crise de larmes, ne la retenez surtout pas, vous vous sentirez mieux après et pourrez repartir du bon pied.
  • Ne CULPABILISEZ pas. C'est très important de comprendre qu'un bébé qui pleure beaucoup n'est pas le signe que vous êtes un mauvais parent. Certains jours sont meilleurs que les autres, et c'est vrai pour tout le monde, que l'on ait trois mois ou trente ans.

Et n'oubliez pas que même après la pire nuit imaginable, votre bébé finira bien par s'endormir (et vous aussi). Les premiers mois avec votre enfant sont souvent difficiles, mais ils ne durent pas. Tout finira par s'arranger et vous penserez un jour à ces moments avec un sourire et un brin de mélancolie dans les yeux. D'ailleurs, vous avez tous rencontré des parents qui affirment que leur enfant était difficile (on comprend « infernal ») et pourtant les nuits blanches et les crises de larmes sont aujourd'hui parfaitement oubliées! Ce n'est pas toujours évident, mais il faut faire preuve de patience. Tout finira par s'arranger...

Si vous êtes inquiète

Les jeunes bébés de moins de 3 mois peuvent pleurer de 2 à 3 heures par jour sans qu'il y ait de cause comme la douleur. Mais bien sûr, si les pleurs de votre bébé vous inquiètent particulièrement et que vous pensez qu'il y a une raison sous-jacente à ses crises répétées, n'hésitez pas à prendre rendez-vous avec votre pédiatre. Bien souvent, le médecin ne diagnostiquera rien d'alarmant, mais vous serez au moins soulagée sur ce point... Et c'est assez important!

De plus, si vous vous sentez particulièrement vulnérable et pensez être au bord de la crise de nerfs, il est possible que vous souffriez d'une dépression post-partum, ou plus simplement d'un épuisement passager. Cela n'a rien de honteux et vous n'êtes pas la seule dans ce cas. Ce n'est pas faire preuve de faiblesse que de chercher l'aide d'un professionnel. Vous ne devriez pas hésiter à communiquer avec votre CLSC ou votre médecin. Ils sauront vous orienter de la meilleure manière.

Patience... Dans quelques années, vous contemplerez les photos de bébé et ne remarquerez que ses beaux sourires sans penser aux terribles journées (et/ou nuits) que vous deviez supporter au même moment. Parole de maman!

Cécile Moreschi, rédactrice Canal Vie

Cet article a été révisé par Geneviève Harbec, cadre conseil pour le secteur de la pédiatrie au Chu Sainte-Justine.

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