Auteur
Ann-Marie Gélinas
Julie St-Pierre

Les bonnes idées nous viennent souvent lorsque nous faisons face à un besoin inassouvi. Devant l’absence de réponses à nos questions ou de solutions à nos problèmes, nous entreprenons d’y répondre nous-mêmes en recourant à une ressource largement sous-exploitée : notre créativité. Et c’est précisément ainsi qu’est né Bébé, on part! Entrevue avec Julie St-Pierre, celle qui a donné vie à un concept qui promet de devenir rapidement le nouvel allié des parents voyageurs.

Comment vous est venue l’idée de Bébé, on part?

Je suis maman depuis trois ans et demi. Quand j’ai eu mon garçon, je me suis dit qu’il fallait maximiser les voyages durant les deux premières années de sa vie. D’une part, parce que j’étais en congé de maternité et d’autre part, parce que les vols étaient presque gratuits pour lui. J’ai donc fait faire son passeport à trois mois et lorsqu’il a atteint l’âge de six mois, j’ai commencé à planifier un voyage en Floride.

Je me suis alors posé beaucoup de questions — je suis une fille super organisée — auxquelles je n’arrivais pas à trouver les réponses. Et cette situation a créé un stress et fait naître un sentiment d’angoisse chez moi. À combien de bagages de cabine ai-je droit si je voyage avec mon bébé? Son sac à couches est-il considéré comme un bagage à main? Est-ce que je peux louer une poussette à l’aéroport? Combien la location coûte-t-elle? Dois-je apporter mon siège d’auto pour prendre le taxi une fois sur place? Mon bébé commence à manger des purées et il est habitué à certains produits : vais-je retrouver les mêmes aux États-Unis ou dois-je apporter les miennes? Enfin, vous voyez un peu le portrait…

Comme je ne suis pas une grande lectrice, je boudais les forums et cherchais plutôt des vidéos pour m’aider dans la préparation et l’organisation de mon voyage. C’est ainsi que m’est venue l’idée de créer de courtes capsules vidéo informatives destinées à ceux qui voyagent en voiture ou en avion avec un bébé ou de jeunes enfants.

Quelles sont pour vous les principales difficultés rencontrées lorsqu’on voyage avec de jeunes enfants?

Maintenant qu’il existe un moyen de trouver rapidement les réponses à nos questions, je crois en fait que le principal défi est lié aux parents : il faut accepter de déroger de la routine. Pour calmer mon stress et mon perfectionnisme, il faut que j’accepte d’être en vacances, même si j’ai peur de briser la routine que j’ai mis du temps à installer et que je crains de devoir tout recommencer de retour à la maison. Une fois que j’accepte cette réalité, je deviens réellement disponible pour mon enfant, et aussi plus patiente, et mon garçon le sent.

Julie St-Pierre à Calabre, en Italie, avec son garçon, alors âgé de 1 an

Julie St-Pierre à Calabre, en Italie, avec son garçon, alors âgé de 1 an.

Avez-vous un rituel avant de partir en voyage?

Avant de réserver mon séjour, je regarde beaucoup sur Internet. Je compare le prix des vols d’avion sur les différents sites et je m’assure aussi de choisir les forfaits qui offrent le meilleur rapport qualité/prix. Une fois la réservation faite, je m’informe au sujet des restaurants dans les environs de mon hôtel. Je cherche à obtenir des recommandations de restaurants commodes pour les parents de jeunes enfants.

Lorsque la date du voyage approche, je dresse une liste de tout ce que je dois emporter. Je suis très « liste », dans la vie! Mais je ne suis pas du tout du genre à voyager léger : j’aime être confortable en voyage. J’aime avoir avec moi tous ces objets pratiques ou qui apportent du réconfort.

Et puis, je fais mes bagages longtemps d’avance : mon copain est toujours sidéré! Je prends le temps de peser mes valises à l’aide d’un pèse-bagage et de bien organiser mon bagage de cabine; c’est essentiel pour s’y retrouver, une fois dans l’avion.

En repensant aux voyages que vous avez faits quand vous étiez petite, quels sont vos meilleurs souvenirs?

Tous les étés, nous partions en voiture, mes parents, mes deux frères et moi. Il faut dire que peu de gens voyageaient en avion à l’époque. Je me souviens encore de la Topaz turquoise de mon père… Même si notre destination était à deux jours de route — avec des arrêts pour dormir — les vacances commençaient dès que nous quittions la maison. Nous mettions de la musique et c’était la fête.

Je me souviens d’une fois, en route vers Ogunquit, dans l’état du Maine. Nous nous étions arrêtés dans un motel pour la nuit et en voulant repartir le lendemain, mon père a fermé le hayon de la voiture et la vitre arrière est tombée par terre. Selon le gérant du motel, des voyous s’étaient amusés avec des lance-pierres la nuit précédente… Mon frère et mon père ont déniché un gros morceau de plastique, qu’ils ont fixé à l’aide de ruban. Nous sommes ensuite rentrés à la maison, puisque mon père tenait à faire réparer la voiture. Nous pensions que les vacances étaient gâchées… Mais finalement, deux jours plus tard, nous avons repris la route, mais cette fois, pour Virginia Beach!

Nous sommes aussi allés à Disney World en voiture. C’est mon grand rêve d’y aller un jour avec mon fils; je suis certaine que mon cœur d’enfant sera encore émerveillé.

Si vous aviez des trucs et conseils à donner aux parents qui voyagent avec leurs enfants, quels seraient-ils?

L’or-ga-ni-sa-tion. C’est la clé d’un voyage réussi. Il faut être prévoyant en amont pour pouvoir ensuite se détendre et profiter de nos vacances. Il faut accorder du temps à la préparation du voyage avec bébé, prendre le temps de s’informer et de planifier pour être en mesure d’être plus spontané une fois sur place, par rapport à l’horaire de la journée et aux activités, par exemple. Mais ne vous laissez pas freiner par vos questionnements : foncez!

Julie St-Pierre et son petit bonhomme, à quelques heures du grand départ…

Julie St-Pierre et son petit bonhomme, à quelques heures du grand départ…

Pourquoi tenez-vous à voyager avec votre enfant?

Parce que je veux que mon fils ait une ouverture sur le monde. Je veux aussi qu’il puisse, comme moi, éprouver ce sentiment de liberté que l’on ne ressent qu’en voyage. Je tiens à ce qu’il participe aux préparatifs pour qu’il sente l’excitation monter, qu’il se projette dans le voyage, qu’il ait hâte. Toute la fébrilité avant un voyage, c’est magique. Et puis, déjà, mon fils est un bon voyageur : il est patient. J’aime croire que c’est parce que je l’ai habitué tôt. Et j’ai bien l’intention de continuer à entretenir ce beau talent!

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