
Décider de passer ou non le Prénatest ou le Combitest demeure avant tout, une question de choix. Et ce, peu importe votre âge. Le test de dépistage des maladies chromosomiques n'est pas remboursé par l'assurance-maladie et vous pouvez décider que, peu importe le résultat, vous vivrez avec l'enfant que la nature vous a donné. Par conséquent vous pouvez choisir de ne pas passer le test. À l'opposé, si vous êtes convaincue que vous n'arriveriez pas à vivre avec un enfant différent, vous pouvez vous prévaloir de tests prénataux en clinique privée, moyennant des frais.
Une décision bien pesée
Mais avant de passer ce test que vous proposera le médecin, il faut que vous soyez bien conscients des conséquences de la décision que vous prendrez. Il faut tout d'abord savoir que le dépistage prénatal n'offre pas un diagnostic ferme. Comme son nom le dit, c'est un test de dépistage qui vous révèlera le niveau de risque que votre enfant soit atteint de différentes maladies. Selon ce niveau de risque, le médecin vous recommandera ou non de passer une amniocentèse. Mais entre le moment où on vous fera part de cette possibilité et celui où vous passerez l'amniocentèse et recevrez les résultats finaux, il se sera peut-être écoulé trois semaines. Êtes-vous prêt à attendre dans l'angoisse du résultat? Et quelle serait votre décision advenant un diagnostic de maladies chromosomiques?
Plusieurs parents, qui ont passé ce test et dont les résultats demandaient une amniocentèse, ont dit avoir coupé complètement contact avec leur bébé tout au long du processus. Quand, au final, le test leur a révelé que leur bébé n'était pas porteur des gênes, ils ont dit regretter ce temps d'angoisse.
Le test de dépistage prénatal combine test de sang et échographie. C'est la combinaison de ces deux résultats qui transmet le niveau de risque que votre enfant soit atteint de maladies chromosomiques.
LES TESTS DE BASE
L'échographie
Toutes les femmes enceintes ont droit, vers la 18e semaine de leur grossesse, à l'échographie. Ce test, réalisé grâce à une technique d'imagerie médicale, est sans danger, sans douleur, et permet de dépister une éventuelle anomalie.
L'amniocentèse
Réalisée vers la 15e semaine, l'amniocentèse est d'emblée proposée aux femmes de 35 ans et plus et permet de vérifier avec précision les anomalies chromosomiques. Toutefois, pour réaliser les prélèvements, le médecin doit introduire une aiguille à travers la paroi de l'utérus pour recueillir du liquide amniotique. 1 femme sur 200 serait victime d'une fausse-couche à la suite de cette intervention qui, toutefois, est couverte par l'assurance maladie.
La clarté nucale
Réalisé entre la 11e et 14e semaine, ce test demande un prélèvement de quelques gouttes de sang du doigt de la mère et permet d'analyser quatre hormones. Combinée à l'échographie, la clarté nucale permet de dépister, avec une fiabilité de 85 %, certaines anomalies comme la trisomie 21. Elle est sans danger, contrairement à l'amniocentèse, mais il faut débourser 350 $ pour s'en prévaloir puisqu'elle n'est pas couverte par l'assurance maladie du Québec. Les femmes de moins de 40 ans choisissent cette option, davantage que l'amniocentèse qui représente un risque de fausse-couche.
La biopsie de villosités choriales et la cordocenthèse
Ces deux tests sont offerts, dans des cas très précis, aux femmes dont le foetus présente un risque élevé d'anomalies (fibrose kystique, trisomie...). La biopsie consiste à prélever des échantillons de placenta alors qu'avec la cordocentèse, on étudie les chromosomes du bébé en analysant du sang provenant du cordon ombilical.
De nouveaux tests?
Des chercheurs américains viennent de mettre au point un nouveau test prénatal permettant de détecter la trisomie 21. À partir d'un échantillon de sang de la mère, les médecins sont en mesure d'analyser l'ADN du foetus et ainsi de détecter d'éventuels problèmes génétiques.
Un généticien québécois, Régen Drouin, travaille aussi sur un test sanguin qui permettrait de diagnostiquer les tests génétiques que seule l'amniocentèse peut détecter pour l'instant. En analysant le sang de la maman, Dr. Drouin espère être en mesure de vérifier l'état de son bagage génétique puisque, vers la 13e semaine, un maximum de cellules foetales seraient présentes dans le sang maternel. Réalisé deux semaines avant l'amniocentèse, sans risque et sans douleur, ce test permettrait à la femme enceinte de prendre une décision éclairée concernant la poursuite de sa maternité
Des tests gratuits
Robert Salois, le Commissaire à la santé et au bien-être du Québec, a déclaré, en janvier dernier, que tous les parents qui le désirent devraient avoir accès gratuitement à un test de dépistage prénatal. Toutefois, M. Salois précise que pour ce faire, on devrait au préalable donner tous les paramètres de réflexion aux parents afin qu'ils puissent prendre une décision éclairée concernant ce test. Les informer, entre autres, sur les responsabilités qui incombent aux parents d'enfants trisomiques, mais aussi sur tout ce que ces mêmes enfants peuvent apporter à la famille et à la société.
En effet, nombreux sont les parents d'enfants trisomiques qui assurent que leur enfant est le soleil, le bonheur de leur vie. Des révélations dont il faut se souvenir avant de prendre une décision...
Violaine Dompierre, édimestre Canal Vie
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