Y a-t-il du travail pour nous ici?
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Lundi 26 janvier 2009 à 19h 30
Y a-t-il du travail pour nous ici?

Les trois familles, venues du Maroc et de l'Algérie s'installer au Québec, ont laissé derrière elles des situations enviables tant sur le plan professionnel que social. Une fois arrivés, ces gens découvrent avec effarement qu'ils devront tout recommencer!

Mustapha Brahimi entreprend des démarches auprès du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles du Québec afin de faire reconnaître ses diplômes. La procédure durera deux mois. Ensuite, il devra sans doute retourner à l'université puis se soumettre à des examens pour être admis à l'Ordre des ingénieurs.

Une fois ces étapes traversées, les obstacles à l'embauche demeurent énormes. Partout, la maîtrise de l'anglais et une expérience canadienne sont exigées. Des organisations communautaires et un réseau sous-financé en regard des besoins réels, aident Abdelhadi et Rafik à comprendre le fonctionnement du marché du travail au Québec.

Abdelhadi Najmaoui suit une formation au Collectif en techniques d'entrevue d'emploi. Rafik Hafsi suivra un stage en agronomie avec Carrefour BLE. Mais les préjugés des employeurs restent nombreux, comme en témoigne le cas d'un musulman qui se voit écarté d'un poste, alors qu'une candidature similaire, soumise sous un nom québécois fictif, est retenue.

Pierre Dumais, du Regroupement des gestionnaires en ressources humaines de Laval, le dit bien : «...certains patrons craignent les demandes d'accommodements raisonnables...». Pourtant, la majorité des Maghrébins ne demandent qu'à s'intégrer harmonieusement aux habitudes d'ici. À Montréal, des professionnels hautement qualifiés, parfois même diplômés en France, sont confinés à l'industrie du taxi.

D'autre part, les mères de nos familles voient aussi leur situation se détériorer. Amina Marhtere Hafsi, qui avait un travail au Maroc, avait toujours pu compter sur l'aide d'une domestique et sur le soutien de sa famille. Ici, elle est confinée à la maison et doit assumer seule tout le travail ménager. Nezha Chafik Najmaoui, voilée, craint d'être perçue comme une femme soumise, ce qui est loin d'être le cas. Auparavant secrétaire, elle décide de suivre une formation pour ouvrir une garderie en milieu familial.

Malgré leurs difficultés, nos familles résistent admirablement au découragement. Abdelhadi offre ses services bénévolement à l'Armée du Salut pour contribuer malgré tout à notre société...

À propos de l'émission
Entre les accommodements raisonnables qui font tant parler et les préjugés, à quoi ressemble la vie quotidienne des nouveaux arrivants qui s'établissent chez nous? C'est à cette question que le docu-réalité Islam Québec tente de répondre. Pour y arriver, l'équipe nous offre une incursion unique dans le quotidien de trois familles d'origine maghrébine, dès leur arrivée ici. Les Brahimi ont quitté l'Algérie avec leurs deux garçons, les Najmaoui et leurs deux enfants sont originaires du Maroc, tout comme les Hafsi. Au fil des semaines, on assistera à leur intégration progressive alors que des organismes les aident à trouver du travail, qu'ils tentent de faire reconnaître leurs diplômes, que leurs enfants découvrent un nouveau milieu scolaire, que mari et femme sont confrontés à une société aux valeurs différentes en ce qui concerne le rôle de chacun... La question religieuse est également abordée sous plusieurs angles, de l'alimentation à l'école en passant par les réticences des employeurs, inquiets de se faire demander des " accommodements ".
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