Dimanche 17 avril 2011
à 5h
S'il y a une médecine alternative qui s'intègre de plus en plus à la médecine moderne, c'est bien l'acupuncture! Elle a même franchi les portes de l'hôpital Lasalle à Montréal, où le département d'obstétrique permet aux acupuncteurs d'accompagner leurs patientes en salle d'accouchement.
Cette expérience est encore marginale dans les hôpitaux du Québec, mais elle commence tout doucement à faire ses preuves. Nous voyons de plus en plus de médecins qui n'hésitent pas à référer leurs patients à des acupuncteurs, notamment pour les problèmes de douleur.
Les jeunes étudiants en médecine seront probablement plus enclins à collaborer ainsi avec des acupuncteurs, car l'enseignement des médecines alternatives et complémentaires (MAC), a fait son entrée récemment dans les facultés de médecine de trois universités québécoises.
Que peut nous dire la science sur l'efficacité de l'acupuncture? Même si elle a été développée il y a plus de trois mille ans par des Chinois et qu'elle constitue le volet majeur de la médecine orientale, l'acupuncture a toujours été contestée par la science moderne, puisqu'elle est basée sur des principes énergétiques qui n'ont jamais été démontrés. Nous en parlons aujourd'hui à l'émission.
Docteur Sylvie Dodin, chercheuse et obstétricienne, est titulaire de la Chaire sur les médecines alternatives et complémentaires (MAC) de l'Université Laval. Bien connue pour ses travaux de recherche sur l'alimentation et la ménopause, Madame Dodin nous explique que la médecine moderne n'a plus le choix : elle doit connaître ces approches alternatives car environ 20 % de la population québécoise y a recours (dont 2,4 % en acupuncture). Selon elle, des études tendent à confirmer que l'acupuncture a des effets bénéfiques pour traiter certains problèmes de santé. Cette expérience est encore marginale dans les hôpitaux du Québec, mais elle commence tout doucement à faire ses preuves. Nous voyons de plus en plus de médecins qui n'hésitent pas à référer leurs patients à des acupuncteurs, notamment pour les problèmes de douleur.
Les jeunes étudiants en médecine seront probablement plus enclins à collaborer ainsi avec des acupuncteurs, car l'enseignement des médecines alternatives et complémentaires (MAC), a fait son entrée récemment dans les facultés de médecine de trois universités québécoises.
Que peut nous dire la science sur l'efficacité de l'acupuncture? Même si elle a été développée il y a plus de trois mille ans par des Chinois et qu'elle constitue le volet majeur de la médecine orientale, l'acupuncture a toujours été contestée par la science moderne, puisqu'elle est basée sur des principes énergétiques qui n'ont jamais été démontrés. Nous en parlons aujourd'hui à l'émission.
Il y a quelques années, avant même que le terme médecine intégrée soit inventé, le neurologue, Monsieur Michel Aubé, référait certains patients à des acupuncteurs, lorsqu'il avait épuisé l'arsenal des traitements conventionnels. Il nous explique pourquoi, encore aujourd'hui, il n'hésite pas à diriger ses patients vers des traitements alternatifs s'ils sont sans risque et sans effet secondaire.
L'une de ses patientes est Madame Marie-Josée Lévesque qui présentait des symptômes de la sclérose en plaques et de fibromyalgie. Tous les résultats étant négatifs, et devant le refus de Marie-Josée de prendre des antidépresseurs, le Dr Aubé l'a référée en acupuncture. Réticente au départ, Marie-Josée a vu une amélioration rapide de son état de santé. Elle a aujourd'hui régulièrement recours aux services de son acupuncteur, Sylvain Trudel, pour elle et sa fille Lili, âgée de quatre ans. Monsieur Trudel nous explique ce que l'acupuncture peut traiter efficacement.
Au Québec, nous comptons actuellement environ 600 acupuncteurs certifiés qui pratiquent, pour la plupart, en clinique privée. Mais comment fonctionne l'acupuncture et comment se déroule une consultation? Madame Catherine Bernier, acupunctrice depuis une vingtaine d'années, nous explique les grandes lignes de cette médecine traditionnelle chinoise qui est basée sur l'établissement d'un diagnostic « énergétique » et d'un traitement au moyen d'aiguilles plantées sur la peau afin de stimuler des zones déterminées du corps.
Les traitements d'acupuncture visent à des déblocages énergétiques du corps le long des méridiens. Or, les méridiens n'existent pas selon la médecine occidentale parce que personne n'a jamais été capable de les observer. Récemment, grâce à l'imagerie médicale, nous avons cependant pu voir les méridiens et les effets de l'acupuncture sur le cerveau. Est-ce que cela suffira à convaincre la médecine moderne?
Catherine Bernier rêve d'une intégration complète de ces deux médecines depuis un stage en Chine en 1996. En attendant d'y arriver, elle travaille régulièrement en collaboration avec la docteure Lise Ste-Marie qui lui réfère des patients qu'elle ne peut traiter en médecine occidentale. Elles nous parlent de leur façon de travailler, de leur approche et de la façon dont elles arrivent à se comprendre, malgré un vocabulaire médical totalement différent. Elles nous présentent aussi l'une de leur patiente, Madame Janique Deslauriers, qu'elles traitent conjointement pour des migraines ophtalmiques. Cette dernière nous parle des avantages d'être traitée ainsi par deux médecins.
Il n'est pas toujours facile pour les médecins de se prononcer en faveur des MAC. La loi interdit en effet aux médecins de proposer à leur patient tout traitement qui n'est pas reconnu par la médecine moderne, faute de quoi ils risquent amendes et perte de permis. Docteure Ste-Marie nous explique la situation inconfortable dans laquelle les médecins se trouvent et pourquoi elle n'hésite pas à prendre position ouvertement.
La situation est plus délicate pour le docteur Paul Lépine, co-fondateur de la seule clinique de médecine intégrée au Québec, la Maison de la santé à Québec. Cette clinique est le modèle de médecine intégrée. Médecin, homéopathe et ostéopathe, le Dr Lépine travaille en étroite collaboration avec un acupuncteur, Monsieur André Poulin et une dizaine d'autres thérapeutes regroupés au sein de sa clinique. Pas question cependant pour André Poulin et Paul Lépine de nous permettre de rencontrer un de leurs patients. « Ma pratique est déjà aux limites de la déontologie telle que perçue par le Collège des médecins. Si je vous réfère un patient qui parle des avantages de la médecine intégrée, je pourrais être accusé de faire de la publicité ».
Douloureuse et difficile, l'intégration? « Tout à fait » répond le Dr Lépine.
Les deux hommes nous ouvrent cependant leur clinique et nous permettent d'assister à leurs discussions communes autour du dossier d'un patient. Ils nous expliquent comment ils arrivent à se comprendre, comment ils s'entendent sur le diagnostic général et quels sont les avantages et les limites d'une telle collaboration pour eux et pour leurs patients.
D'autres types de collaboration existent entre l'acupuncture et la médecine moderne et la plus spectaculaire est sûrement celle qui existe dans certains départements d'obstétrique. À l'hôpital St-Luc et à l'hôpital de Lasalle à Montréal, un groupe d'acupuncteurs de garde peut aider les femmes à accoucher. Le Dr Engel, directeur du département d'obstétrique de l'Hôpital Lasalle nous explique que le médecin n'est pas remplacé par l'acupuncteur. Chacun garde son rôle spécifique. Celui des acupuncteurs, comme Madame Nancy Deschênes, qui pratique des accouchements, est d'accélérer le travail. L'une de ses patientes nous parle de son expérience et nous raconte que l'acupuncture ne soulage pas la douleur. L'épidurale est encore grandement appréciée!
Le Dr Engel réfère aussi en acupuncture ses patientes dont le bébé se présente par le siège. Madame Pascale Tremblay fait tourner les bébés avec deux seules aiguilles et un peu de chaleur. Sa patiente, Madame Isabelle Deslandes, a ainsi vu son bébé reprendre sa position normale pour l'accouchement. Du coup, nous évitons une césarienne, une hospitalisation, des coûts importants pour l'hôpital et des risques inutiles pour la mère et l'enfant, souligne le Dr. Angel.
Autre collaboration exceptionnelle en milieu institutionnel : la clinique de désintoxication du Centre Ubald-Villeneuve à Québec qui, depuis quelques années, fait appel aux services de l'acupunctrice Madame Charlotte Théberge. Tous les jours, elle plante ses aiguilles dans les oreilles de patients en désintoxication pour faciliter le sevrage. Elle est appuyée dans sa démarche par le Dr Archibald, toxicologue au centre et par Madame Caroline Jacques, travailleuse sociale. Ils nous expliquent tous comment cela fonctionne et quelles sont les bases scientifiques qui expliquent cette approche. Nous rencontrons aussi un patient du centre qui a bénéficié de ce traitement.
Les acupuncteurs ont travaillé fort au cours des dernières années pour obtenir une reconnaissance et une crédibilité. L'acupuncture est aujourd'hui reconnue comme une médecine à part entière, dont les praticiens sont membres d'un Ordre professionnel reconnu. Monsieur Raymond Bourret, président de l'Ordre des acupuncteurs du Québec, nous parle des efforts qui ont été accomplis et de ce qui reste à faire.
Un de ses objectifs est d'accéder à une formation universitaire pour les acupuncteurs, ce à quoi s'objecte le Collège des médecins. Actuellement, c'est le Collège Rosemont qui forme les acupuncteurs. Nous allons voir comment se déroule l'enseignement.
Malgré les efforts faits pour resserrer la crédibilité de la profession, existe-t-il des risques de dérapages? Voit-on apparaître des pratiques dérivées de l'acupuncture et dangereuses? Pas vraiment, estime le président de l'Ordre des acupuncteurs. L'incident des aiguilles contaminées en mars 2004 fut un cas isolé qui n'a pas fait de victimes. Raymond Bourret et nos autres invités nous mettent cependant en garde contre les autres professionnels de la santé qui plantent quelques aiguilles dans le genou et se disent acupuncteurs.
Il faut également surveiller les divers gadgets vendus à pris forts sur Internet : montre, stylo, bracelets et autres accessoires qui vous permettent de faire votre propre acupuncture à la maison, sans aiguille. Nos invités nous donnent leur avis de même que des conseils pour savoir dénicher un vrai acupuncteur.
À propos de l'émission
Avec cette nouvelle série documentaire, animée par Pascale Tremblay, Canal Vie se propose d'être l'un des premiers témoins de la naissance d'une nouvelle complémentarité entre deux éternels rivaux : la médecine traditionnelle et la médecine alternative. Le téléspectateur pourra ainsi explorer les cinq disciplines les plus connues en médecine alternative et être mieux outillé pour prendre des décisions face aux soins qu'il désire s'accorder.
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