Un laissez-passer pour l'infidélité, est-ce possible?

Avez-vous déjà visionné le film « Le passe-droit » avec Owen Wilson? L'histoire se déroule autour de deux couples dont les femmes décident d'accorder à leur mari un « passe-droit ». Ils ont donc l'occasion de vivre une semaine hors mariage, et ce, sans conséquence sur leur relation. Un film complètement loufoque, mais qui m'a tout de même amenée à réfléchir. Est-ce que tous les couples devraient s'offrir un "passe-droit"? Serait-ce bénéfique ou nuisible pour le couple? Quelles seraient les conséquences d'une telle liberté? Le feriez-vous? Voici les résultats de mon sondage maison.

Les contres

Sans surprise, les gens qui ont répondu sont plutôt contre. En fait, c'est tout à fait légitime de ne pas accepter l'idée de laisser son conjoint agir en célibataire pendant toute une semaine. Les questionnements, la jalousie, le doute, bref, toute la confiance que nous avons construite est ébranlée.

« Je passerais mon temps à me demander ce qu'il fait et je me sentirais coupable de faire telle ou telle chose! »

La fidélité fait partie des valeurs primordiales de la majorité des couples d'aujourd'hui. Alors, même en période de « passe-droit », nous pourrions nous sentir trompés si l'autre dépasse la limite préétablie dans la relation. Cette personne amène un autre point intéressant : la culpabilité de nos propres actes. Et si on embrassait quelqu'un d'autre? Les conjoints ont été si longtemps conditionnés à ne pas aller voir ailleurs que même s'ils en ont le droit, la culpabilité n'est jamais bien loin. Et si j'avais du plaisir à en embrasser un autre...?

« J'aurais l'impression que quelqu'un entre dans mon couple! »

C'est l'impression que nous avons lorsque l'autre a été infidèle. Nous sommes un couple avec le spectre de quelqu'un d'autre qui plane continuellement au-dessus de nos têtes. Une autre personne a volé notre intimité et a pilé sur notre jardin secret. Et s'il voulait recommencer? Et si c'était meilleur avec l'autre?

« Si le choix du couple est d'être un couple ouvert, go for it, mais si le choix est l'exclusivité, je crois que ça ne coïnciderait pas et nuirait plus qu'autre chose. »

Il ne faut pas oublier qu'il existe effectivement des couples ouverts pour qui la valeur d'exclusivité n'a pas d'importance. En fait, ils avouent en toute sincérité que paradoxalement, cette ouverture les rapproche davantage. Par contre, cette réalité n'est pas faite pour tout le monde.

« Il faut que le couple soit très solide et mature pour que ça puisse être possible selon moi. »

Bon point. Un couple au bord du gouffre ne pourrait s'offrir une semaine de « passe-droit » sans subir les conséquences d'un profond questionnement sur l'avenir de la relation. Les conjoints d'une relation qui bat de l'aile seront davantage tentés par la magie qu'offrent les premiers moments d'une nouvelle relation et auront tendance à se décourager face aux efforts nécessaires pour reconstruire leur couple.

« S'il advenait des moments difficiles, il serait trop facile de rappeler à l'autre cette fameuse semaine. »

C'est pour cette raison qu'il est extrêmement important d'établir certaines règles avant la mise en branle d'une semaine de « liberté ». Malgré le sentiment que tout est permis, sachez que lorsque cette semaine est finie, c'est fini! Vous avez accepté de vous plier au jeu, ne lui remettez pas sur le nez à la minute où vous êtes à court d'arguments pendant un conflit. Ce qui s'est passé pendant cette semaine ne devrait d'ailleurs pas être raconté en détail. Assumez chacun vos actes et tournez la page en ne retirant que les bénéfices de cette expérience.

« Je pense que ça peut se faire, mais ça demande une grande maturité dans le couple. Une base extrêmement solide et un accord mutuel, c'est-à-dire qu'il ne faut pas le faire pour faire plaisir à l'autre. »

Tout à fait. Il faut que le couple soit assez mature pour comprendre que c'est temporaire et que cette liberté absolue est un peu illusoire. Il faut avoir la maturité de comprendre ce que cette opportunité peut apporter au couple et faire ressortir aussi les insatisfactions.

Les pour

Les personnes qui ont répondu en toute honnêteté être pour l'idée de s'offrir une semaine de « passe-droit » sont aussi très mitigées dans leur réponse. Ils aimeraient vivre une telle liberté, mais pas pour l'occasion d'avoir une relation avec quelqu'un d'autre, simplement pour n'avoir aucun compte à rendre à personne.

« Je prendrais plus cette passe pour une semaine de ''vacances''. Au fond, faire ce que je veux quand je veux avec qui je veux... Par exemple, aller prendre une bière avec un ami sans culpabiliser en pensant que ma blonde est à la maison avec les enfants. »

Son point est bon, mais n'est-il pas possible de le faire sans « passe-droit »? Tous les couples doivent tout de même se permettre une certaine liberté et se garder un jardin secret. Sortir avec des amis ou prendre simplement une soirée seule pour lire dans le bain ne peut qu'être  bénéfique pour le couple. Ensuite, le couple est content de se retrouver et la vie continue.

Toutefois, cette personne amène un point intéressant : celui de la culpabilité qu'éprouve un conjoint à l'idée de s'amuser pendant qu'il a l'impression que l'autre souffre dans cette situation. Quand vous avez ce sentiment, êtes-vous vraiment certain que c'est le cas? Votre conjoint(e) est-il vraiment malheureux(se) pendant vos sorties? À moins que vous ne sortiez tous les soirs, ça m'étonnerait beaucoup! Dites-vous que c'est peut-être son moment à lui (elle) aussi!

« Si l'occasion d'avoir du sexe avec une autre se présentait, probablement que j'en profiterais aussi,  mais ce ne serait pas mon but premier ».

Donc, si un couple est heureux et épanoui, il est probable qu'il ne ressente pas le besoin de profiter d'une semaine de liberté et d'aller voir ailleurs. Or, pour être en mesure de s'accorder un « passe-droit », il faut être solide et mature... Paradoxal? Probablement.

Et vous, le feriez-vous?

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