Mon conjoint aime (trop) la sodomie

Auteur
Véronique Larivière, sexologue

Bonjour Véronique,

« Je vous écris car je me sens complètement perdue et j’ai besoin de repères. Je suis en couple depuis 4 ans. Mon conjoint aime beaucoup la sodomie. Autant pour moi que pour lui.

Au début de notre relation, je trouvais cela très excitant et je me plaisais à le pénétrer de façon anale soit avec mes doigts, soit avec des jouets sexuels. Avec le temps, le plaisir anal de mon conjoint a beaucoup évolué et notre plaisir à deux a diminué. J'ai même l’impression, assez souvent, que mon conjoint préfère que je «joue avec ses fesses» plutôt que de me faire l’amour! La sodomie est devenue une partie intégrante de nos relations sexuelles. Lorsque je lui en ai parlé, il m’a dit ressentir une très grande jouissance, et qu’il en voulait encore et encore, mais qu’il aimait aussi me faire l’amour. Que ce n’était pas pareil.

Lorsque je lui ai posé la question face à son orientation sexuelle, il m’a dit s’être posé la question lorsqu’il était plus jeune et qu’il avait découvert la pénétration anale, mais il m’a dit qu’il savait qu’il n’était pas homosexuel et qu’il aimait mieux les femmes.

Je peux comprendre que le «point G» de l’homme se trouve à cet endroit et que mon conjoint en ressent une grande excitation, mais de là à toujours en vouloir chaque fois que nous faisons l’amour, que cela dure des heures et que même, maintenant, je sais qu’il va se satisfaire dans notre salle de bain lorsqu’il en veut encore et que je lui ai dit non.

Son besoin est-il normal? Est-ce le même besoin qui pousse certains hommes à se masturber plusieurs fois par jour?

Je me sens un peu perdue face à cette situation et j’ai besoin de me repérer un peu. Je ne juge pas mon conjoint, mais je suis aussi un peu tannée de servir d’objet de plaisir pour satisfaire «ses fesses», qu’il me néglige par le fait même et, de plus, je commence à être un peu mal face au grand besoin qu’il a de se combler.

Merci pour votre aide. »

 

Bonjour,

Plusieurs hommes, gais ou hétéros, aiment la stimulation anale, car cette région du corps contient beaucoup de terminaisons nerveuses, ce qui accentue le plaisir sexuel. De plus, la pénétration anale peut stimuler la prostate et engendrer une excitation encore plus grande chez l’homme. Le plaisir ressenti lors de cette pratique n’a rien à voir avec l’orientation sexuelle.

Il n’y a donc rien «d’anormal» au plaisir anal. Par contre, lorsque celui-ci est nécessaire à l’excitation, et ce, au détriment du plaisir sexuel du ou de la partenaire, il est normal de s’interroger. Vous mentionnez dans votre courriel que le plaisir à deux a diminué à la suite de son insistance sur la stimulation anale. Une relation sexuelle se doit d’être un moment d’échange où les partenaires donnent et reçoivent du plaisir. Il est tout à fait normal de vouloir donner du plaisir à l’autre, mais vous avez bien raison, il en devient lassant lorsque nous avons l’impression de ne rien recevoir en retour.

Vous me dites que vous avez discuté ensemble de son orientation sexuelle, mais lui avez-vous parlé de votre insatisfaction? Il faut lui dire que son égoïsme au lit fait diminuer graduellement votre désir sexuel et qu’il est nécessaire de revoir ensemble vos intérêts communs dans la sexualité. L’amour se fait à deux et sans délaisser complètement son plaisir anal, il est tout à fait possible d’intégrer votre plaisir à vous aussi dans vos ébats amoureux. Si votre conjoint se sent incapable de mettre moins d’accent sur son plaisir anal, je lui suggère de rencontrer un(e) sexologue.

Bonne chance!

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