Les ITSS en hausse au Québec

Malgré les campagnes de prévention et les rappels de l’importance du port du condom, le Québec enregistre une augmentation des infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS). Et ce sont les jeunes de 15 à 24 ans qui sont les plus touchés.
Si le virus du papillome humain et l’herpès génital font toujours des ravages, la plupart des maladies à déclaration obligatoire sont en augmentation. Les professionnels de la santé dénotent non seulement une hausse de la chlamydia et de la gonorrhée, mais aussi de la syphilis et du VIH.

La chlamydia

Avec 20 150 cas au Québec en 2012, la chlamydia demeure l’infection la plus courante dans l’ensemble de la population. Les cas déclarés ont augmenté de 30 % entre 2008 et 2012, rien de moins!
Ce sont les femmes qui sont les plus touchées. Elles représentent plus de 6 cas sur dix, en hausse de 26 %.
Toutefois, de plus en plus d’hommes sont infectés. En quatre ans seulement, l’incidence a augmenté de 39 %.

La gonorrhée

La gonorrhée vient en deuxième position au sein de la population en ce qui a trait aux ITSS. En 2012, le nombre de cas déclaré a atteint 2230, soit 347 de plus que l’année précédente.
Ce sont les jeunes de 15 à 24 ans qui sont les plus touchés. Les hommes, dont une large proportion de 20 / 24 ans,  composent 64 % des cas recensés.
Les filles de 15 à 24 ans ne sont pas en reste avec un taux de 95,7 par tranche de 100 000 habitants. Ce taux est de 10 fois supérieur à celui des femmes des autres tranches d’âges.
Mais ce qui inquiète le plus les intervenants de la santé, c’est l’éclosion d’une infection gonococcique résistante aux antibiotiques, la Neisseria gonorrhoeae. Quelques souches ont déjà été observées. Au surplus, l’infection semble de plus en plus difficile à traiter avec les médicaments actuellement disponibles. Le pire est-il à venir?

La syphilis

Pratiquement disparue dans les années 90, la syphilis fait un retour en force depuis quelques années. En 2012, pas moins de 680 cas ont été observés. Et le phénomène est en hausse.

Ce sont les Québécois qui sont les plus atteints de syphilis. Ils composent 95 % de la cohorte de victimes, soit 68 % de plus qu’en 2008. On retrouve principalement des porteurs âgés de 18 à 24 ans, de même que des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes.
Mais les femmes ne sont pas épargnées par la maladie. En 2012, 28 étaient atteintes dont 27 âgées de 15 à 49 ans. Qui plus est, une femme syphilitique a donné naissance à un poupon atteint de la même infection. Le bébé est décédé.

La lymphogranulomatose vénérienne

Pratiquement absente au cours des dernières années (entre 2 et 9 cas diagnostiqués par année entre 2008 et 2011), la lymphogranulomatose vénérienne (1) connait une véritable explosion. En 2012, 9 cas ont été déclarés. Toutefois, entre juin et octobre 2013, 31 nouvelles victimes mâles ont été diagnostiquées.
Cette augmentation fulgurante inquiète les responsables de la santé publique.

Le VIH

Malgré toutes les campagnes et la gravité de l’infection, le VIH est en hausse. En 2012 seulement, 319 victimes se sont ajoutées à la liste des victimes de cette maladie incurable. Et les hommes représentent 83 % des nouveaux diagnostics.
Près de 19 000 personnes sont atteintes du VIH au Québec.

Les hépatites

Deux formes d’hépatites continuent de faire des victimes. Au total, 925 cas d’hépatite B et 1304 d’hépatite C ont été diagnostiqués. Cette dernière infection est particulièrement présente chez les usagers de drogues par injection.

Prévenir les ITSS

La prévention demeure le meilleur moyen de prévenir les ITSS. Pour les éviter :

  • établissez une relation monogame;

  • utilisez systématiquement le condom (masculin ou féminin) et vérifiez la date de péremption;

  • si vous portez un condom, utilisez également un lubrifiant à l’eau;

  • limitez le nombre de partenaires;

  • retirez-vous immédiatement à la fin de la relation;

  • passez des examens réguliers si vous avez plusieurs partenaires;

  • lors de relations orales, utilisez une digue dentaire (2);

  • évitez l’injection de drogues;

  • urinez après une relation sexuelle;

Quelle que soit votre activité sexuelle, soyez prudents. Évitez également d’entrer en contact avec les fluides corporels, les plaies ou les muqueuses infectées. Il y va de votre santé.

Henri Michaud, rédacteur Canal Vie

(1)  : La lymphogranulomatose vénérienne (LGV) est une infection causée par une bactérie de la famille du Chlamydia trachomatis. Elle se transmet lors d’une relation buccale ou par pénétration. Elle peut entraîner une inflammation aiguë des cellules épithéliales de l’œil, voire la cécité.

(2)  : Une digue dentaire est un carré de latex mince utilisé pour couvrir la vulve et l’anus afin de prévenir la propagation des infections transmissibles sexuellement (ITS) durant la pratique du sexe oral.

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