La sodomie, une pratique sexuelle encore tabou

Auteur
Véronique Larivière, sexologue

Il n'y a pas de demi-mesure avec la pénétration anale. On aime ou on préfère s'abstenir. Bien que les hommes aient plus tendance à apprécier la sodomie, de plus en plus de femmes se laissent tenter. Plusieurs la voient encore comme une pratique contre nature, d'autres en sont des adeptes inconditionnels. Quoi qu'il en soit, la sodomie ne laisse personne indifférent.

Un peu d'histoire...

Dans la Grèce et la Rome Antique, la sodomie était souvent pratiquée entre un maître et son esclave. Selon eux, c'était un signe de pouvoir et aussi une façon de transmettre leur savoir. Entre le XVIe et le XVIIe siècle, la pénétration anale était considérée comme un péché horrible. Ceux qui s'y adonnaient méritaient le fouet en public, le bûcher ou la prison à vie. Plus près de nous, c'est en 1969 que Pierre Elliot Trudeau a révoqué la loi anti-sodomie qui pénalisait ses adeptes d'une peine de cinq à 14 ans de prison. Comme elle n'avait aucun lien avec la fécondation, la pénétration anale était considérée comme un acte contre nature et avait la mention de grossière indécence dans le Code pénal. Aujourd'hui, elle est pratiquée entre des adultes consentants et aucune loi ne l'interdit.

Avant de se lancer

La pénétration anale détient ses propres règles et on doit s'y conformer pour un maximum de plaisir. Tout d'abord, il faut se détendre. Que ce soit la première ou la centième fois, la détente est une des règles de base. La sodomie ne se fait pas « par surprise », car elle risque d'être très mal accueillie. Il est important que les deux partenaires aient atteint un bon niveau d'excitation. Les préliminaires sont donc très importants et accentuent le climat de confiance qui doit régner pendant l'acte.

Ensuite, il faut préparer la pénétration. Un pénis n'entre pas aussi facilement dans l'anus que dans le vagin. D'abord parce que l'anus ne se lubrifie pas par lui-même comme le vagin, mais aussi parce qu'il contient beaucoup plus de muscles et de terminaisons nerveuses qui seraient susceptibles d'amplifier la sensation de douleur. Le lubrifiant a donc toute sa raison d'être dans cette pratique. Ce n'est pas le moment d'économiser notre petite bouteille, car plus l'anus sera lubrifié, plus la pénétration sera agréable. Le partenaire peut masser la région anale pour faciliter sa détente et y insérer doucement un doigt puis deux, pour préparer l'anus à recevoir le pénis.

Les positions à privilégier

Il est fortement recommandé de débuter par une pénétration vaginale avant la sodomie. Le plaisir et l'excitation atteindront leur apogée plus facilement et l'érection de monsieur sera plus ferme. Mais attention! Il ne faut surtout pas faire l'inverse!

Si vous désirez revenir à la pénétration vaginale après que votre partenaire vous ait pénétré dans la région anale, vous devez absolument changer de condom ou nettoyer la région pénienne afin d'éviter la transmission de bactéries. Si vous ne suivez pas cette mesure de prévention, vous risquez une infection vaginale et/ou urinaire.

Les adeptes de la sodomie s'entendent pour dire que la position à privilégier pendant la pénétration anale est la levrette où la femme est à quatre pattes et l'homme derrière elle. Pour une pénétration moins profonde, je suggère que la femme soit couchée sur le ventre et pour une position tout en douceur, « la cuillère » est conseillée. Ne négligez pas les caresses du clitoris pour un maximum de sensations et pour faciliter l'atteinte de l'orgasme.

Pourquoi ils aiment ça

La sodomie ne fait pas partie du fantasme de tous les hommes, mais la plupart s'entendent pour dire que c'est la perception de domination qui les attire dans cette pratique. Ils ont l'impression que si leur partenaire accepte la pénétration anale, c'est qu'elle s'abandonne complètement à eux. D'autres diront que ce sont les différentes sensations qui les attirent. L'anus étant plus étroit que le vagin, il offre donc un autre plaisir à monsieur. Certains aiment aussi le sentiment de transgresser psychologiquement un tabou moral.

Plusieurs femmes ressentent beaucoup de plaisir à connaître les nouvelles sensations que peut offrir la pénétration anale. Certaines peuvent même réussir à atteindre l'orgasme lorsque l'excitation atteint le sommet. Certaines mentionnent que la ligne est mince entre la douleur légère et le plaisir et que c'est ce qu'elle recherche dans la sodomie.

Une chose est sûre, personne ne peut pratiquer la sodomie seulement pour faire plaisir à l'autre. Il faut être en parfait accord pour que les deux en retirent du plaisir. La pénétration anale suggère un total abandon et une confiance absolue envers l'autre. Il ne faut pas hésiter à arrêter à tout moment si cette pratique devient désagréable. On mise donc sur la douceur, car une pénétration trop intense pourrait aussi engendrer de la douleur et des saignements.

En terminant, je me dois de rappeler que la transmission d'ITS peut aussi se faire par la pénétration anale. Il ne faut pas négliger le port du condom pour diminuer le risque de contracter des infections telles que la chlamydia et le VIH.

 

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