L'orientation sexuelle, génétique ou acquise?

Auteur
Véronique Larivière, sexologue

Le débat est lancé depuis un bon moment déjà. Des milliers de chercheurs se sont penchés sur la question et bien que plusieurs hypothèses sont émises, très peu de résultats concrets sont établis. Nous ne savons donc pas officiellement pourquoi des gens sont attirés vers les gens de sexe opposé tandis que d'autres sont d'orientation homosexuelle. Cette semaine, nous faisons un survol de ce qui ressort principalement du débat.

Les explications génétiques

D'abord, soyons clairs. Les chercheurs sont unanimes, il n'existe pas de gènes « homosexuel ». Les théories biologiques expliquent plutôt que l'homosexualité serait, entre autres, provoquée par une modification hormonale causée par un stress pendant la grossesse. Un choc subi par la future maman pourrait engendrer un léger déséquilibre hormonal chez l'embryon et ainsi modifier son orientation sexuelle. Le développement inhabituel de caractères masculins chez le foetus s'expliquerait par une trop grande variation d'androgène pendant la grossesse.

Des spécialistes mentionnent aussi quelques différences sur le bras chromosomique X transmis par les mères tandis que d'autres se penchent sur la disparité des différentes parties du cerveau touchées par l'orientation sexuelle.

Les explications environnementales

 

Au-delà des explications proposées par les biologistes, d'autres se penchent sur la façon dont la sexualité se construit. Selon les théoriciens sociaux, la sexualité est grandement influencée par l'environnement. Une expérience homosexuelle au cours de la période d'éveil à la sexualité, un père absent, une mère trop présente, etc. Toutes les hypothèses y passent pour essayer de comprendre l'origine acquise de l'homosexualité.

Certains mentionnent même qu'à trop vouloir plaire à un père froid et absent, un garçon voudra reproduire ce scénario auprès de la gent masculine une fois adulte. La femme d'orientation homosexuelle, quant à elle, aurait été marquée par l'image d'un homme trop intimidant. Son confort serait alors transposé auprès des femmes et ce besoin de sécurité aurait été sexualisé à la puberté.

Une explication non nécessaire

En toute honnêteté, en rédigeant ces lignes, je m'interroge sur la nécessité de comprendre d'où provient l'homosexualité. Pour moi, c'est comme approfondir des recherches sur les gauchers. Qui s'est déjà interrogé sur l'explication plausible d'être gaucher, droitier ou ambidextre? Et pourquoi certains aiment les fraises tandis que d'autres préfèrent les bleuets? Parce qu'ils ont un gène « bleuets »? Parce qu'ils ont des frères qui aiment ce fruit? Parce qu'ils ont eu une mauvaise expérience avec leur main droite?

Pourquoi rechercher une cause à quelque chose qui n'est ni une anomalie, ni une maladie et ni une perversion? Personnellement, je crois que le débat a débuté au sein de l'église. Le Vatican est clair : « On ne naît pas homosexuel, mais on le devient ». Comme l'homosexualité est une déviance selon la religion, c'est comme si la nature biologique favoriserait l'acceptation des homosexuels.

Mais qu'est-ce que des résultats précis donneraient? Une plus grande acceptation de l'homosexualité? L'orientation sexuelle n'est ni génétique, ni environnementale. Elle est ce qu'elle est, une partie de chacun de nous.

Encore aujourd'hui, l'acceptation des personnes d'orientation homosexuelle est loin d'être gagnée. Nous n'avons qu'à penser aux multiples commentaires homophobes concernant la campagne publicitaire que nous présente le gouvernement du Québec. « Je n'ai rien contre les homosexuels, mais je ne veux pas que mes enfants voient cette pub! » Ah oui? Pourquoi? Deux hommes qui se démontrent leur amour par un baiser anodin à l'aéroport est pire que les scènes de Jacuzzi dans les téléréalités?

Quoi qu'il en soit, l'homosexualité a toujours existé, et ce, partout dans le monde. Et comme nous ne nous sommes jamais interrogés sur les « causes » de l'hétérosexualité, j'ose espérer qu'un jour le débat génétique-acquis sera loin derrière nous.

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