Choisir de dire non au sexe à tout jamais

Femme rousse étirement au lit

Dans notre société hyper sexualisée, nous avons tendance à croire que l’épanouissement global d’une personne dépend en grande partie de sa vie sexuelle. Pourtant, certaines personnes (des femmes et des hommes) choisissent de devenir abstinentes, après des années de sexualité active. Parfois, ce sont des personnes seules, parfois des personnes qui vivent en couple… Cette tendance ne fait peut-être pas la une des magazines, mais elle existe bel et bien.

Pourquoi? Qu'est-ce qui pousse certains d’entre nous à opter pour ce mode de vie? Et comment l’abstinence se vit-elle au 21e siècle?

Pourquoi l’abstinence?

Les raisons qui poussent certaines personnes à adopter ce mode de vie sont très diverses. Voici quelques-unes des plus courantes :

N’avoir aucun intérêt pour « la chose »

Il existe vraiment un certain pourcentage de la population (entre 1 et 2 %) qui ne ressent pas le besoin d’avoir des relations sexuelles pour se sentir épanoui. Ces personnes peuvent être actives, heureuses et parfaitement en harmonie avec elles-mêmes et les autres… sans sexe. Peut-être y ont-elles déjà gouté  pour faire comme tout le monde, mais se sont rendu compte avec le temps qu’elles n’en avaient pas besoin!

Des valeurs religieuses ancrées

Cela peut sembler désuet de nos jours, mais il existe encore des gens, hommes et femmes, qui sont de fervents religieux (et ce, quelle que soit leur religion) et qui choisissent de rester abstinents hors du mariage. Certains ont pu être mariés pendant plusieurs années, puis la disparition de leur conjoint (divorce ou veuvage) les pousse à reléguer leur vie sexuelle au dernier plan de leur existence.

La peur d’être blessé

Après une ou plusieurs relations qui se sont mal terminées, on peut décider de ne plus vouloir s’investir dans une relation amoureuse. Même si cette décision semble implacable, elle constitue un moyen de se protéger pour l’avenir.

L’opposition à l’hypersexualité ambiante

Il arrive que l’on devienne tellement « dégouté » de l’image proposée par les films, les magazines et les médias en général, que l’on choisisse de s’en distancer… Pour se prouver à soi-même (et aux autres) que le sexe est loin d’être ce qu’il y a de plus important dans la vie.

Par amour pour l’autre

Il peut arriver, pour diverses raisons, que notre partenaire ne soit pas capable de faire l’amour en raison  de douleurs trop intenses, de dysfonction érectile, de paralysie, de médicaments qui lui enlèvent tout désir sexuel, etc. Par amour pour lui, l’autre partenaire peut décider d’accepter la situation et de rester fidèle malgré tout, quitte à se priver de relations sexuelles à deux. Elle pourrait alors choisir de se satisfaire elle-même et de profiter des moments de tendresse à deux pour satisfaire sa relation affective.

Une relation amoureuse basée sur d’autres aspects

Dans certains couples, la sexualité a pu être importante par le passé, mais elle ne semble plus au centre du bien-être. Ces personnes axent leur relation vers la tendresse, le dialogue, la spiritualité ou autre. C’est correct, à condition que les deux protagonistes soient sur la même longueur d’onde.

Le quotidien… sans sexe!

Évidemment, pour tous ceux parmi nous qui avons une manière de vivre et des aspirations bien différentes, la vie sans intimité sexuelle peut paraître bien fade… Pourtant, toutes ces personnes qui ont choisi l’abstinence sexuelle le vivent bien, la plupart du temps. Après tout, rien ni personne autre que leur propre conscience ne les a poussés à faire ce choix.

De plus, chaque personne vit son abstinence de manière différente :

  • Certaines refusent l’intimité sexuelle, mais acceptent malgré tout de sortir, rencontrer d’autres personnes et avoir certaines formes de plaisir (baisers, caresses, etc.)

  • Certaines concentrent leur énergie sur d’autres choses, qui les satisfont tout autant : sport, activités diverses, art, etc.

  • Certaines sont si occupées qu’elles n’ont tout bonnement pas le temps de se rendre compte que le sexe pourrait ajouter quelque chose à leur vie. Ils n’y pensent même pas et cela ne leur manque pas.

  • Certaines choisissent de se satisfaire seules en cas de besoin, au moyen de la masturbation et de diverses expériences sensuelles (massages, spa, etc.).

  • Certaines s’engagent dans des relations purement virtuelles via les nombreux sites de rencontre disponibles sur Internet.

  • Certaines voient cette période d’abstinence comme une opportunité de se concentrer sur d’autres domaines de leur vie, sans choisir catégoriquement de ne plus jamais avoir une sexualité active.

Et la santé dans tout ça?

Est-il réellement possible de vivre sans sexe, du point de vue médical? Même si nous avons tous entendu dire que c’est « bon pour la santé », rien ne permet d’affirmer qu’une vie sans relations sexuelles soit néfaste. L’abstinence choisie et assumée ne cause aucun trouble d’ordre physiologique. Toutefois, lorsqu’elle est subie, elle peut mener à de la frustration, de l’irritation.

Évidemment, une personne abstinente peut ressentir un manque ou le besoin ponctuel de tendresse et d’intimité, mais tout cela reste de l’ordre psychologique. Ce qu’il faut comprendre, c’est que les personnes qui choisissent de mettre une croix sur leur vie sexuelle le font souvent parce qu’ils se sont rendu compte que pour eux, les inconvénients étaient plus nombreux que les avantages. Vivre sans sexe devient donc pour eux plus épanouissant et souvent moins douloureux que le contraire.

Le respect de tous

La sexualité, quelle que soit la manière dont on la perçoit, fait partie de la sphère privée de chacun et devrait donc être acceptée sans jugement. Vivre sans être sexuellement actif n’est pas une tare ou le symptôme que quelque chose ne tourne pas rond.

Même si l’être humain a encore bien des efforts à faire en matière de tolérance envers la différence, il importe d’apprendre à respecter chacun dans leurs choix, pourvu que cela ne nous brime pas dans les nôtres.

Enfin, il est aussi bon de noter que personne ne sait jamais ce que réserve l’avenir. Ainsi, il arrive fréquemment que cette abstinence que l’on croyait éternelle cesse après quelques mois, voire plusieurs années… L’important est surtout de vivre en harmonie avec ses besoins, ses convictions et ses envies.

Cécile Moreschi, rédactrice Canal Vie
 

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