La crise de la quarantaine existe-t-elle vraiment?

Auteur
Véronique Larivière, sexologue
Femme en questionnement

Plein feu sur le démon du midi!

La crise de la quarantaine, est-ce que ça existe?

On l'appelle aussi la « crise de milieu de vie ». Généralement, elle survient entre 38 et 48 ans mais certaines personnes peuvent la vivre avant ou après cet âge. Elle peut se manifester de plusieurs façons, allant de la déprime légère aux troubles psychologiques assez sévères. Concrètement, la crise de la quarantaine est une crise existentielle où vous avez l'impression que « c'est maintenant ou jamais! ». Vous sentez que vous devez agir avant qu'il soit trop tard et si vous n'êtes pas préparés à cette envie soudaine de changer de cap, il se peut que vous fassiez des choix surprenants et destructeurs. C'est une période de doutes et de désorientation qui mérite qu'on s'y attarde. 

L'éternelle jeunesse

En Occident, c'est le culte de la jeunesse qui prime! Ailleurs dans le monde, les gens célèbrent le vieillissement et la sagesse, ici, la crainte de vieillir accentue le désir absolu de rester jeune. Or, à croire que « c'est maintenant ou jamais! », la soif de liberté est multipliée. Certaines personnes se retrouvent donc à tenter de reproduire une jeunesse trop lointaine. Nous n'avons qu'à penser à ceux qui recommencent à boire de l'alcool, à changer de look, à s'acheter une nouvelle voiture ou à être infidèle pour se prouver qu'ils sont encore désirables.  

Je perçois un peu la crise de la quarantaine comme une sorte de crise d'adolescence où le questionnement sur l'identité est au centre de la problématique. « Qui suis-je vraiment? », « De quoi ai-je envie avant qu'il soit trop tard? », « Est-ce que j'aime vraiment la personne que je suis devenue? », « Ai-je pris la bonne direction? », etc. 

Ce n'est pas tout le monde qui réagit de façon intense à cette période charnière de l'identité. Par contre, nous aurons tous un jour ou l'autre une prise de conscience qui nous fera réfléchir sur le fait que notre vie mérite peut-être quelques ajustements. 

Les femmes vivent une crise de la quarantaine

On croit souvent que le « démon du midi » n'est réservé qu'aux hommes, mais plusieurs femmes font face à un tel questionnement existentielle à la mitan de leur vie. Cette crise survient généralement lorsque les enfants quittent la maison. Après s'être autant investie dans sa vie de famille, il peut arriver que la femme souffre du syndrome du « nid vide ». Après le départ des enfants, certaines peuvent avoir un sentiment d'inutilité qui se traduit par une angoisse quotidienne d'insécurité. L'inquiétude est plus grande lorsque le couple a été trop longtemps oublié au détriment de la vie familiale. 

Vers la cinquantaine, deux grands moments peuvent aussi accentuer cette crise. Je parle ici de la retraite et de la ménopause. Dans le premier cas, le questionnement existentiel est presque un passage obligé par le fait de se retrouver, du jour au lendemain, avec beaucoup de temps libres. « Qu'est-ce que je fais de mon temps? », «Quels sont les projets qui me tiennent à cœur? », « De quoi ai-je vraiment envie? », etc. La ménopause, quant à elle, peut aussi être très mal vécue si la femme a peur de vieillir, peur de perdre sa féminité ou peur de perdre sa fougue de jeunesse. Elle aura un grand besoin d'être rassurée. 

Les signes avant-coureurs

Voici quelques indices qui peuvent indiquer que vous vivez, à divers degrés, la crise de la quarantaine.

Perte d'intérêt
Ce qui vous allumait au départ ne semble plus répondre à vos besoins. Vous notez un important désintéressement envers votre famille et vos amis par exemple. Il se peut que vous viviez un manque d'intérêt face à la sexualité ou à votre partenaire de vie. Vous avez l'impression que plus rien n'est à la hauteur de vos ambitions. 

Dépression
Vous avez un sentiment d'insatisfaction constant. Il se peut que vous vous sentiez triste ou en colère à l'idée d'être rendu à la mitan. Perte d'appétit, augmentation du sommeil, idées noires, hantise de la mort, etc.

Décisions impulsives
Comme tout est remis en question et que c'est « maintenant ou jamais », il est possible que vous preniez des décisions impulsives pour tenter de trouver un bonheur extérieur qui fait défaut à l'intérieur. Vendre la maison, s'acheter un bateau, partir en voyage de six mois, trouver de nouveaux passe-temps, rompre avec le ou la partenaire, etc. 

Consommation excessive
La consommation d'alcool ou de drogues peuvent être la conséquence d'un mal-être constant qu'on tente d'engourdir. Lors de la crise de la quarantaine, certaines personnes vont se rabattre sur la consommation pour tenter d'oublier un bien-être qui fait défaut.

Nostalgie
L'obsession de la jeunesse, du temps où tout semblait plus facile, etc. Je dirais que la nostalgie est le moteur de cette crise. On se rappelle l'intensité de nos premiers amours, de la sincérité des copains de l'époque et de la liberté qui agrémentait notre vie trépidante. Bref, c'est correct de regarder en arrière avec un sourire, il ne faut juste pas que ça devienne une obsession. 

Comment faire face à la crise la quarantaine

Pour réussir ce passage obligé sans trop de dommages, il faut prendre conscience de ce que cette période nous apporte positivement. Ces questionnements ont leur raison d'être et il faut être prêt à les accueillir et tenter d'y répondre. « Qu'est-ce qu'on doit changer? », « Qu'est-ce qu'on doit modifier » et « Qu'est-ce qu'on veut garder? ». Ces questions peuvent nous aider à voir plus claires sur nos aspirations futures. 

Il faut en parler! C'est vraiment important d'échanger avec la personne qui partage notre vie, nos angoisses et nos inquiétudes face à l'avenir. Elle sera mieux outillée pour comprendre votre comportement qui peut sembler parfois décousu. Parlez-en à votre entourage, à vos amis. Vous n'êtes pas les seuls à vivre un tel bouleversement et le simple fait de se sentir compris dans cet impasse peut grandement aider. 

Recentrez-vous sur vous-même. Reprenez contact avec vos besoins et envies car c'est de cette façon qu'on clarifie la situation. N'hésitez surtout pas à rencontrer un professionnel si cette crise vous incommode au quotidien.

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