Vivre avec un conjoint ayant une personnalité limite

Auteur
Véronique Larivière, sexologue
Trouble de personnalité limite

La personnalité limite est aussi connue sous le nom de «personnalité borderline». Malgré ses traits de caractère instables, il est tout à fait possible pour cette personne de développer des relations amoureuses. Or, pour le ou la conjoint(e), certaines situations peuvent être lourdes à porter. Voyons ensemble ce qu’il en est réellement. 

Une image extérieure trompeuse

On dit que le trouble de personnalité limite touche environ 4% de la population et il peut se manifester de multiples façons. Extérieurement, ces personnes semblent tout à fait normales et font leur petit bout de chemin comme la plupart des gens. Intérieurement, c’est tout autrement. Elles sont souvent rongées par l’anxiété, le stress, une humeur dépressive, la culpabilité et autres sentiments négatifs. 

Ces personnes souffrent généralement d’un manque de confiance en soi, d’une image négative d’elles-mêmes et se remettent continuellement en question. Un sentiment de vide les habite et par moment, certaines ont des idées suicidaires. On dit d’ailleurs que c’est le trouble de la personnalité pour lequel le taux de suicide est le plus élevé. Ces personnes vivent dans l’angoisse constante d’être abandonnées et cette crainte est reliée à une incapacité de vivre la solitude. 

Les causes exactes de ce trouble de la personnalité sont imprécises, mais elles ont habituellement un lien très étroit avec un traumatisme à l’enfance ou une dysfonction au niveau des neurotransmetteurs comme l’adrénaline et la sérotonine.

Au quotidien

Une personne ayant un trouble de personnalité limite a beaucoup de mal à gérer ses émotions. Elle a souvent des sautes d’humeur et c’est ce qui rend le quotidien amoureux plus difficile. Heureusement, il y a des journées où tout se passe à merveille! Le moral est à son top, la personne semble en contrôle et rien ne laisse entrevoir que quelques heures après, son humeur changera du tout au tout. Il suffit souvent d’un simple petit élément déclencheur pour faire exploser son état d’esprit. Avec elle, il n’y a pas de zones grises. C’est noir ou blanc. Un jour vous êtes son âme soeur et en l’espace d’une heure, vous pouvez devenir le ou la pire des abrutis. 

En situation dépressive, la personne ayant un trouble de personnalité limite aura tendance à prendre le rôle de la victime et à manipuler l’autre pour s’aider à se sentir mieux. Si vous vivez avec une telle personnalité à vos côtés, vous aurez compris qu’il est très difficile de la calmer et de rationaliser la situation car elle aura tendance à croire que vous êtes contre elle et ceci renforcera son sentiment de solitude et de culpabilité.  

Que faire?

Même si ce n’est pas toujours évident, lorsque votre partenaire aux traits «bordeline» se referme dans sa coquille de négativité et qu’il (elle) pique une crise de colère pour aucune raison apparente, il faut tout de même essayer de comprendre ce qu'il se passe dans sa tête. Généralement, son état lunatique et colérique est déclenché par une situation bien précise qui est venue perturber son équilibre intérieur. Il ou elle croira sans doute que vous ne comprenez pas ce qu’il (elle) vit et que vous n’êtes pas la bonne personne pour l’aider. À cause de ses sentiments négatifs, votre partenaire aura de la difficulté à être reconnaissant(e) envers les efforts que vous faites pour l’aider.

Donc, avant de vous plonger dans une profonde détresse émotionnelle, il est extrêmement important d’aller chercher une aide psychologique extérieure. Le quotidien d’une personnalité limite est parsemé de moments de vide et de moments d’extase. De sentiments de plaisir et de sentiments de morosité. Votre rôle en tant que conjoint est d’être à l’écoute, d’être patient et de pimenter au maximum votre routine quotidienne afin de diminuer les moments de solitude. De son côté, la personne au trouble de personnalité limite devra amorcer des démarches afin de mieux canaliser ses émotions. Son hypersensibilité à l’abandon devra être contrôlé par ses propres outils car même si la culpabilité peut devenir forte de votre côté, il ne faut pas se soumettre à son besoin disproportionné d’éviter l’abandon. À court terme, votre façon de le (la) rassurer peut être efficace mais à plus long terme la situation deviendra rapidement insoutenable et frustrante.

En bref, armez-vous de patience et rassurez votre partenaire sur l’efficacité d’une psychothérapie qui pourra être aussi bénéfique pour l’un que pour l’autre. Pour vous aider dans cette démarche, contactez l’Association Québécoise des Parents et Amis de la personne atteinte de la Maladie Mentale (AQPAMM) au 514-524-7131.

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