Rompre via les réseaux sociaux

Si Internet et les réseaux sociaux permettent d’établir de nouvelles relations, ils ont également transformé les ruptures amoureuses. En effet, au lieu d’un face à face déchirant ou orageux, certains préfèreront mettre fin à une relation amoureuse en utilisant les nouvelles technologies.

La rupture à l’ère du 2.0 est avant tout une occasion de fuir la relation, quels que soient les motifs. On sera tous d’accord pour dire que cette façon de faire manque carrément de courage et de savoir-vivre. Mais elle serait beaucoup plus fréquente qu’on ne le croit.

Une enquête réalisée par aufeminin.com auprès de 1400 femmes est particulièrement éloquente.

  • 36 % des répondantes ont été quittées via un message texte (SMS).
  • 35 % ont appris la rupture par téléphone.
  • 8 % ont eu la surprise de constater que leur ex avait changé son statut social sur Facebook, passant de « en couple » à « célibataire » sans autre explication.
  • Même si elle se fait encore rare, la rupture en 140 caractères a été expérimentée par 4 % des répondantes. Hé oui, certains y vont de brèves explications, sur Twitter…
  • Enfin, le courriel est également utilisé pour mettre un terme à une relation amoureuse.

Une autre étude réalisée par Lab42 révèle que 40 % des répondants envisagent d’utiliser Facebook ou un texto pour mettre un terme à leur relation amoureuse.

Les hommes sont plus nombreux à utiliser ce moyen peu galant. Ils éviteront ainsi de voir la tristesse ou les pleurs de la personne quittée. Les femmes, elles, utiliseraient ce moyen pour quitter un homme qu’elles craignent.

La séparation virtuelle

En plus de composer avec la perte physique du lien amoureux, l’internaute présent sur les réseaux sociaux doit également gérer la séparation virtuelle.

  • Les réseaux sociaux rendent la rupture nettement plus désagréable. Au moindre signe, les « amis » s’emballent, posent des questions. La personne laissée se voit pratiquement dans l’obligation d’expliquer sa rupture à ses 615 amis… et de rouvrir la plaie à chaque fois.
  • Parallèlement, la personne qui a mis fin à la relation fera état de sa nouvelle vie, de sa liberté retrouvée et diffusera SA version des faits. Or, plusieurs personnes sont amies avec les deux ex-amoureux… Ils devront faire la part des choses.
  • La personne qui souffre sera également tentée de fermer son compte Facebook ou Twitter. Or, elle hésitera à le faire pour éviter de perdre ses autres amis.
  • La tentation de voir la page Facebook ou les « Tweets » de son ex demeure constante. Généralement, la personne abandonnée souffrira davantage en voyant de nouveaux amis, une nouvelle relation ou les réflexions inscrites sur Twitter. Ce phénomène de traque serait d’ailleurs de plus en plus courant.
  • La personne éconduite aura également le goût de se venger sur les réseaux sociaux.

Les impacts

La rupture à l’ère du 2.0 aura plus d’impact sur la personne bafouée. Elle vivra :

  • un choc plus important;
  • un sentiment d’incompréhension;
  • un mélange de peine, de colère et d’impuissance plus élevé.

En fait, le deuil de la relation sera nettement plus difficile à faire. Les ruptures via SMS ou les réseaux sociaux sont rarement assorties de longues conversations qui permettent à la personne éconduite de comprendre les véritables raisons de ce geste.

Rester amis?

Doit-on rester ami Facebook avec son ex? La plupart des spécialistes conseillent d’éviter les contacts, du moins le temps de guérir de la blessure amoureuse. Toutefois, la réalité est tout autre.

Selon une étude réalisée auprès de 464 participants qui venaient de vivre une rupture de ce type, 57 % restaient amis avec leur ex et 90 % d’entre eux avaient accès au mur de leur ancien partenaire.

Et, parmi ceux qui n’étaient plus amis, 86 % pouvaient facilement voir la photo de profil de son ex alors que 72 % avaient accès à sa liste d’amis.

La psychologue Tara C. Marshall est catégorique. L’amitié sur Facebook avec un ex-amoureux est associée « à un sentiment de détresse, d'émotions négatives, de désir sexuel et d'attente envers l'ex-partenaire ainsi qu'un faible épanouissement personnel ».

Se venger

La vengeance est également plus fréquente ou, du moins, mise en lumière. Aux États-Unis, une jeune femme a préparé une chasse au trésor avec les vêtements et les objets personnels de son ex, puis a partagé sa lettre sur Facebook. Les vêtements ont été déposés sur le site de leur première rencontre; les jeux vidéo à l’endroit et leur premier baiser, etc. La lettre a été lue par 1,5 million d’internautes.

En France, un homme a été condamné pour avoir créé une fausse page Facebook, peu élogieuse, au nom de son ex.

Et on ne compte plus les sites qui permettent à des amoureux éconduits de se venger sur la toile en publiant des vidéos, des photos ou des détails intimes.

Des ruptures prévisibles?

Ce n’est un secret pour personne : les réseaux sociaux sont très étudiés. David McCandless a étudié 10 000 statuts Facebook. Il en conclut que diminuer la fréquence des messages et arrêter de commenter positivement des photos (J’aime) pouvaient présager une rupture.

Il y a aussi des périodes plus propices à ces ruptures. Elles sont plus fréquentes :

  • lors de la relâche printanière (Spring Break);
  • deux semaines avant les fêtes de fin d’année;
  • le premier avril;
  • en juin et en juillet, lors des vacances estivales.

En contrepartie, les couples se séparent moins en août et en septembre, de même qu’à Noël et à la Saint-Valentin.

Envie de rompre via un message texte ou sur les réseaux sociaux? Ne cédez pas à cette tentation. Préférez les explications face à face, même si c’est plus difficile. Au moins, votre ex-partenaire saura à quoi s’en tenir.

Henri Michaud, rédacteur Canal Vie

 

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