Pourquoi les femmes tiennent-elles plus au ménage que les hommes?

Le ménage est la source de nombreux conflits de couple : bien souvent, la femme a l’impression d’être la seule à s’occuper des tâches ménagères alors que son conjoint se la coule douce. Et près de 50 % des couples avouent que leurs disputes commencent presque toujours à cause de ce sujet. Mais pourquoi avons-nous l’impression que les femmes tiennent plus au ménage que leurs chéris? Est-ce que notre cerveau est programmé pour cela, est-ce que c’est un réflexe d’imitation? Y a-t-il un lien avec l’éducation? Et surtout, est-il possible de décrocher et devenir moins exigeante au niveau du ménage?

Les femmes aiment faire le ménage?

Il ne faut jamais généraliser, mais plusieurs études récentes et très sérieuses ont tâché de mettre en lumière pourquoi les femmes sont plus portées sur le ménage que leurs conjoints. Les réponses obtenues sont assez surprenantes.

Croyez-le ou non, mais pour plus d’un tiers des femmes, le ménage serait en fait une forme de plaisir; elles affirment que cela les satisfait, les relaxe, leur permet de faire le point et aurait des vertus thérapeutiques. Parmi les femmes interrogées, certaines ont même avoué qu’elles préféraient nettoyer la maison plutôt que faire l’amour! Bien sûr, on ne peut pas catégoriser toutes les femmes sur le même modèle et les 2 autres tiers des personnes interrogées n’étaient pas d’accord avec ce point (pas totalement, du moins), mais on peut toutefois se poser la question à savoir si cet amour pour le ménage est inné ou pas.

De plus, parmi ces femmes qui avouent aimer le ménage, la majorité ne le dira jamais à leur chéri parce que c’est une question de principe : ce n’est pas de le faire qui nous dérange, mais plutôt que monsieur ne daigne pas lever le petit doigt!

Les hommes aiment la saleté?

Encore une fois, il ne faut pas généraliser. Ce n’est pas que nos hommes aiment évoluer dans un espace bordélique ou sale, mais c’est plutôt que leurs standards de propreté sont un peu (parfois beaucoup) moins élevés que les nôtres. La preuve : même lorsque les tâches sont équitablement partagées dans un foyer, il n’est pas rare que la femme critique la qualité du travail de son conjoint et repasse derrière pour améliorer ce qu’il a fait. Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que ces messieurs préfèrent bricoler ou tout simplement ne plus s’investir.

Le ménage… ou la propreté?

En fait, il est nécessaire de faire la différence entre ces deux aspects. Même si certaines personnes s’épanouissent à nettoyer et briquer tous les recoins de la maison, pour la plupart d’entre nous, c’est plutôt le résultat qui est important, et là, les raisons qui expliquent le phénomène sont variées.  Nous voulons que notre lieu de vie soit propre parce que :

  • Cela nous donne un sentiment de travail accompli : tout est en ordre, à sa place, organisé.

  • Un espace de vie ordonné nous aide à organiser aussi nos pensées.

  • C’est une bonne manière de réorienter le stress et les frustrations.

  • Nous souhaitons que nos enfants évoluent dans un environnement sain et hygiénique.

  • Nous avons été élevées avec l’idée que c’est notre travail.

  • Nous avons peur d’être jugées si quelqu’un débarque à l’improviste.

  • Les rôles traditionnels de l’homme pourvoyeur et de la femme au foyer ne sont plus d’actualité en Occident, mais les mentalités changent moins vite que les coutumes : pendant des millénaires, nous avons vécu en entretenant notre maison et en y puisant une certaine fierté. Cela ne peut pas changer en quelques décennies!

Le scénario typique

Il existe des femmes qui détestent le ménage et se complaisent dans un logement qui ressemble à une zone sinistrée. Il existe aussi des hommes qui sont maniaques de la propreté et ne laissent pas trainer une miette ou un poil de chat.

Mais avouons-le, pour la majorité, le scénario est bien différent : madame s’occupe de presque toutes les tâches, en plus de travailler et courir pour amener les enfants aux diverses activités parascolaires, et monsieur fait de mauvais gré quelques petites tâches imposées (sortir les poubelles, ranger la vaisselle, etc.) Alors parfois, madame pique une crise, se plaint de tout faire toute seule, puis décide que ça doit changer. Monsieur accepte par amour (ou pour la paix) et malgré toute sa bonne volonté, il ne fait jamais les choses comme il faut, selon l’avis de la grande spécialiste. Du coup, ses bonnes résolutions prennent le bord. Et quelques semaines plus tard, rebelote : dispute, résolutions, etc.

Comment décrocher?

Le problème majeur, c’est (comme nous l’avons dit plus haut) que nos standards en matière de propreté sont souvent trop différents. On peut demander à notre chéri de nous aider, et à force de répéter, il le fera sûrement. Peut-être même est-il déjà convaincu que ce n’est pas notre devoir exclusif de s’occuper de l’entretien du domicile. Mais il est impossible de le forcer à voir et faire les choses de la même manière que nous.

Malheureusement, le dicton « on n’est jamais mieux servi que par soi-même » prend ici tout son sens : lorsque monsieur range, il ne faut pas s’attendre à ce que le linge soit plié de la même façon, que les serviettes de bain soient placées en dégradé de couleur (je le fais!) ou que les verres soient empilés de la même manière que si c’était nous qui l’avions fait. Par contre, l’important, c’est bien que ce soit ordonné, non? Il nous faut donc apprendre à baisser un peu nos standards; ce n’est pas facile, mais c’est faisable. Ou alors, il faut simplement admettre que le travail de notre conjoint ne nous conviendra jamais… et continuer à faire le ménage sans se plaindre!

Pour terminer, une autre étude universitaire a récemment découvert que les hommes qui s’impliquent activement dans l’entretien de leur maison sont globalement plus heureux et épanouis parce que :

  • Les tensions et les disputes au sein du couple diminuent.

  • Leurs femmes sont plus enclines aux câlins.

  • Ils ne se sentent pas coupables.

  • Ils sont moins stressés (on vous disait bien que le ménage relaxe!)

Peut-être que les résultats de cette étude pourront convaincre quelques-uns des conjoints rouspéteurs?

Cécile Moreschi, rédactrice Canal Vie

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