Le danger des photos et vidéos de couple à l'ère d'Internet

Photos coquines, vidéos érotiques... À l’ère d’internet et des nouvelles technologies, vous n’êtes pas à l’abri de vous faire un jour exposer sous toutes vos coutures sur la toile par un ex assoiffé de vengeance.

S’il est souvent difficile de contrer ce fléau qui peut toucher monsieur et madame tout le monde, voici ce que vous devez savoir pour vous protéger au mieux contre ce phénomène qui peut aller loin et atteindre plusieurs sphères de votre vie.

Vedette du Web malgré vous

Une inquiétante étude initiée par la Internet Watch Fondation (IWF), une organisation britannique qui lutte contre les contenus illégaux sur internet, a établi que 88% des publications «sexy» postées une première fois sur le Web seraient publiées de nouveau, ailleurs sur la toile.

Et de nombreux cas ont récemment défrayés la chronique. Plusieurs sites ont fait scandales en proposant à des amoureux éconduits de se venger en diffusant des images ou des informations compromettantes concernant leur ancienne flamme.

Une enseignante texane de 32 ans, Hollie Toups, en a d’ailleurs fait les frais en découvrant des photos d’elle, seins nus, sur l’un de ces sites. N’ayant pas assez de preuves pour accuser le fautif, Mme Toups, soutenue par d’autres victimes, a donc décidé de poursuivre l’administrateur d’un de ces sites qui créé le scandale, sans succès, avant d’attaquer l’hébergeur du site, GoDaddy.

Les recours

Au Canada, de nombreuses lois fondamentales visent à protéger la vie privée, comme la Charte canadienne des droits et libertés, ou encore le droit civil québécois. Et si les atteintes à la vie privée, à la réputation et à l’image sont condamnées par la justice, dans les faits, tout n’est pas si facile car le système judiciaire peut s’avérer long et coûteux, et surtout sans garantie de résultat. 

Mais pour les quelques rares victimes qui osent se défendre, ils existent différents recours. Par exemple, une injonction pourrait faire cesser la diffusion d’une image compromettante tandis qu’une demande de dommages pourrait permettre à une victime d’obtenir réparation.

La prévention

Comment faire, donc, pour limiter les dégâts sans pour autant vous empêcher de pimenter votre vie intime? Tout d’abord, il est essentiel de faire preuve de vigilance et de sensibiliser les usagers, particulièrement les jeunes.

Et pour preuve, une autre étude de l’éditeur américain de logiciels McAfee a relevé qu’environ la moitié des moins de 45 ans interrogée à travers le monde partage des informations intimes avec leur partenaire ou leurs amis, via leur téléphone intelligent dans une grande majorité des cas.

Cette enquête met également en lumière que 50 % des répondants de moins de 35 ans dévoilent leurs mots de passe à l’être aimé, sans se douter que celui-ci pourrait s’en servir à mauvais escient en cas de rupture. De ce nombre, 1 personne sur 10 a déjà été menacée et 12% d’entre elles ont effectivement vu leurs données personnelles divulguées au grand public.

Mais au delà du gros bon sens, quelques solutions pourraient vous éviter de vous retrouver dans ce genre de situation désagréable.

Par exemple, une révision des paramètres de confidentialité des différents réseaux sociaux que vous utilisez est un excellent moyen de limiter la diffusion de messages ou d’images indésirables. Même si ceux-ci vous semblent anodins, ils pourraient tout de même vous nuire un jour.

Aussi, le simple fait de désactiver l’option d’identification peut faire une grosse différence. Vous éviterez ainsi de vous retrouver «taggé» sans votre consentement sur des photos. Rien ne vous empêche non plus de refaire un tour de vos vieux clichés et de supprimer ceux dont vous n’êtes pas fier!

Des alternatives fiables?

Des applications comme SnapChat fleurissent sur la toile, promettant à ceux qui l’utilisent d’envoyer des messages de façon éphémère, ceux-ci s’effaçant au bout de quelques secondes. Mais malheureusement, une faille permettrait quand même de récupérer les informations envoyées puisque les échanges ne seraient pas supprimés, mais simplement cachés.

De plus, les 150 millions de photos qui y transitent quotidiennement peuvent facilement être capturées par le destinataire, même si une alerte prévient l'émetteur de cette action. Même en prenant toutes ces précautions, de nombreuses images se retrouvent alors sur des sites peu scrupuleux.


Philippine de Tinguy, rédactrice Canal Vie, en collaboration avec Me Loïc Berdnikoff, spécialisé en information et vie privée et associé du cabinet Lavery
 

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