J’ai peur d’une rupture amoureuse

Auteur
Véronique Larivière, sexologue

« Bonjour,

Mon histoire est plutôt banale, mais j’ai besoin de votre avis au sujet d’une rupture amoureuse. J’ai 35 ans, et je suis en couple depuis 11 ans avec un homme exceptionnel. Nous avons une petite fille de 5 ans, et notre vie de famille est très remplie. Par contre, l’amour que j’ai envers cet homme s’effrite petit à petit, et je me rends compte que malgré les efforts, je ne l’aime tout simplement plus. J’ai envie d’un nouveau départ, mais je suis tellement effrayée par l’idée! Pourquoi est-ce si difficile de laisser quelqu’un pour qui on a encore une certaine affection? Comment faire pour minimiser les conséquences? Merci! Fannie M. »

Bonjour Fannie,

La rupture amoureuse est loin d’être une décision facile, et la mettre en application l’est encore moins. On a l’impression d’avoir tout essayé pour que la relation fonctionne, mais la distance, l’ennui, l’envie d’un nouveau départ mettent en évidence le fait qu’il est temps de passer à autre chose. Cependant, entre la décision finale et trouver le courage de l’annoncer à l’autre, il y a un grand pas.

Vous me demandez pourquoi c’est si difficile de rompre avec une personne pour qui on a encore de l’affection. En fait, comme vous mentionnez que l’homme avec qui vous vivez depuis 11 ans est exceptionnel, on comprend que ce n’est pas pour ses écarts de conduite que vous désirez le laisser. Lorsqu’on a pratiquement rien à reprocher à l’autre, mais que le contexte de rupture amoureuse n’est que le résultat de nos propres sentiments, la peur de créer du chagrin vient nuire au déroulement de cette rupture. On se sent coupable d’ « abandonner » l’autre, et on se sent incapable de le voir souffrir. Vous mentionnez aussi que vous avez une vie familiale très remplie. Trop de couples ne demeurent ensemble que pour le bonheur des enfants. Rassurez-vous, votre fille préfère largement vous voir heureuse et séparée que malheureuse en couple. Lorsque la séparation se fait dans la douceur, avec beaucoup de soutien et d’amour, les enfants s’adaptent beaucoup mieux à leur nouvelle réalité qu’on le croit.

Vous voulez également savoir comment minimiser les conséquences de la rupture. En fait, il faut se rendre à l’évidence : des conséquences, il y en aura. Ce sera une étape difficile pour toutes les parties impliquées, mais avec le temps, tout s’estompera. Même si vous êtes l’instigatrice, donnez-vous le droit de ressentir de la tristesse. Une rupture, c’est aussi un deuil. Ce sera beaucoup d’adaptation (nouvelle maison, nouveau rythme de vie, nouvelle réalité familiale, etc.), mais comme votre réflexion semble mûrie, vous serez fière de l’avoir fait.

Je vous souhaite un excellent nouveau départ, et n’hésitez surtout pas à rencontrer un professionnel de la santé si vous vous sentez désemparée dans cette nouvelle aventure.

Véronique Larivière, sexologue

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